Si la Suisse peut se targuer d'un excédent budgétaire, ce n'est assurément pas parce que les recettes de l'Etat y seraient particulièrement élevées. D'après le rapport Eurostat 2016, les recettes de la Confédération helvétique (y compris les cantons et les communes) sont d'environ 35 % du PIB, mais ses dépenses ne s'élèvent qu'à environ 34 % du PIB. En comparaison, les mêmes statistiques relèvent pour la Belgique des recettes d'un peu plus de 50 % du PIB, et des dépenses de près de 53 % de celui-ci, soit les plus fortes d'Europe après la Finlande, la France et le Danemark.
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Si la Suisse peut se targuer d'un excédent budgétaire, ce n'est assurément pas parce que les recettes de l'Etat y seraient particulièrement élevées. D'après le rapport Eurostat 2016, les recettes de la Confédération helvétique (y compris les cantons et les communes) sont d'environ 35 % du PIB, mais ses dépenses ne s'élèvent qu'à environ 34 % du PIB. En comparaison, les mêmes statistiques relèvent pour la Belgique des recettes d'un peu plus de 50 % du PIB, et des dépenses de près de 53 % de celui-ci, soit les plus fortes d'Europe après la Finlande, la France et le Danemark. La Suisse demande donc très nettement moins que la Belgique à ses contribuables : en moyenne, d'après ces chiffres, à revenus et dépenses égaux, un contribuable belge paierait environ 35 % d'impôts en moins s'il vivait en Suisse. Mais les pouvoirs publics suisses, confédération, cantons et communes confondus, dépensent beaucoup moins que l'Etat belge. Pourtant, le moins que l'on puisse dire est que le niveau et la qualité des services publics n'est pas meilleur en Belgique qu'en Suisse. Tous ceux qui ont visité ce dernier pays auront pu constater une qualité des infrastructures, routières et ferroviaires, notamment, très nettement supérieure à celle que l'on constate en Belgique, où, sur certains points, on a parfois l'impression d'être dans un pays en voie de développement. Même au niveau de la sécurité sociale, pour laquelle la Belgique entend se présenter comme un modèle, notre pays a beaucoup à apprendre de la Suisse, où le niveau des pensions est nettement plus élevé, peut-être parce qu'il est partiellement privatisé, et où le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté est également beaucoup plus faible. Cette comparaison montre que l'Etat belge (y compris les entités fédérées) coûte très cher et que les services qu'il fournit sont médiocres. Ses dépenses publiques sont excessives, probablement parce qu'il s'occupe d'un trop grand nombre de domaines, où il est nécessairement moins efficace que les entreprises privées, et parce qu'il fait appel à une fonction publique pléthorique. On ne peut certes en faire uniquement le reproche au gouvernement fédéral. Une bonne partie des dépenses sont imputables aux entités fédérées, aux provinces, d'ailleurs inutiles, et aux communes, qui fonctionnent suivant le même modèle. Et le gouvernement actuel hérite de plusieurs décennies de gabegie budgétaire, et d'un système d'Etat particulièrement gourmand et peu productif. Mais il faut bien constater qu'à aucun niveau de pouvoir en Belgique, une volonté de changer les choses n'existe. Il est triste de constater que le Premier ministre, issu d'un parti que l'on présente encore parfois comme libéral, ne cesse d'affirmer que son action vise à préserver le système tel qu'il est, c'est-à-dire l'Etat providence. Les " économies " qu'annonce régulièrement le gouvernement n'existent en réalité pas : lorsqu'il dit économiser, le gouvernement ne fait que réduire la progression de ses dépenses. Et même dans ses objectifs, on doit regretter qu'il ne s'agit jamais que de rationaliser quelque peu le fonctionnement des services publics, sans jamais remettre en cause le poids excessif de l'Etat. La doctrine est toujours celle que défendait Louis Michel, suivant laquelle il ne fallait pas " moins d'Etat mais mieux d'Etat ". La comparaison des budgets belge et suisse, montre que c'est précisément cette doctrine qui est erronée. Il ne suffit pas d'améliorer, comme tente de le faire le gouvernement actuel, à la marge, l'efficacité des services qui existent. Il faut en remettre en cause fondamentalement le fonctionnement et parfois l'existence. Ce n'est que comme cela que l'Etat peut espérer recouvrer un peu de légitimité auprès de contribuables qui, à juste titre, considèrent qu'il n'est pas justifié que les pouvoirs publics continuent à s'accaparer plus de la moitié des richesses créées par les entreprises et les individus.