L'inflation est d'une envergure hyperbolique et nos communautés n'y sont pas préparées. Alors que les instituts officiels s'époumonaient à conjurer l'inflation en 2022 jusqu'à prévoir un retour à la "normale" en 2023 et à exorciser la récession, nous ferons sans doute face aux deux accablements.

De deux maux, il ne faudra pas choisir. Il ne faudra pas choisir, mais il faudra peut-être faire face à un choc énergétique plus important qu'on ne l'imagine. L'énergie va devenir non seulement plus chère, mais aussi plus indécise et incertaine. Et c'est bien cela le problème, tel qu'on le constate actuellement dans le contexte militaire : la croissance est la seule manière de s'extraire d'une stagnation.

Or, la croissance requiert, à court terme, de l'énergie, dont le prix croissant contrarie cette même croissance. Bien sûr, ceci doit s'inscrire dans la transition énergétique, mais l'échelle de temps de cette dernière est plus lointaine. Le choc de modèle sera incompréhensible pour les théoriciens habitués à des agrégats conjoncturels stables. L'inflation entraîne une chute de la demande qui va conduire à diminuer l'offre des entreprises. C'est un scénario connu depuis l'Antiquité. Il y aura donc un choc de récession.

"Il faudra peut-être faire face à un choc énergétique plus important qu'on ne l'imagine"

On parle souvent de stagflation, c'est-à-dire d'une combinaison de contraction économique et d'inflation, mais il serait plus correct de parler de flatio-stag, pour restituer la chronologie de l'inflation qui contribue à la stagnation.Il y aura évidemment des revendications sociales. On les voit arriver, comme nous les avons traversées dans les années septante et au début des quatre-vingts.

La France est, à cet égard, un bon baromètre. Alors, que faire ? La BCE ne pourra évidemment pas augmenter ses taux d'intérêt. Et les États devront continuer à utiliser l'endettement public, financé par la BCE, pour stabiliser l'ordre social. L'important, c'est de se préparer avec lucidité à ce nouveau contexte économique et social. Il faut REPENSER l'avenir. C'est maintenant qu'il faut repenser le rôle de l'État, dans son rôle de stimulant de l'économie productive. L'ordre social vient des transferts sociaux, la croissance viendra de l'investissement, public et privé.

Il faudra aussi évidemment une réforme sociale et fiscale, d'une envergure plus large que les cabotages actuels. Il n'est pas exclu que la deuxième décennie du siècle dernier reste suspendue entre deux époques. Elle est peut-être inaccomplie entre la fin du néolibéralisme anglo-saxon flamboyant et un nécessaire égalitarisme.

L'inflation est d'une envergure hyperbolique et nos communautés n'y sont pas préparées. Alors que les instituts officiels s'époumonaient à conjurer l'inflation en 2022 jusqu'à prévoir un retour à la "normale" en 2023 et à exorciser la récession, nous ferons sans doute face aux deux accablements. De deux maux, il ne faudra pas choisir. Il ne faudra pas choisir, mais il faudra peut-être faire face à un choc énergétique plus important qu'on ne l'imagine. L'énergie va devenir non seulement plus chère, mais aussi plus indécise et incertaine. Et c'est bien cela le problème, tel qu'on le constate actuellement dans le contexte militaire : la croissance est la seule manière de s'extraire d'une stagnation. Or, la croissance requiert, à court terme, de l'énergie, dont le prix croissant contrarie cette même croissance. Bien sûr, ceci doit s'inscrire dans la transition énergétique, mais l'échelle de temps de cette dernière est plus lointaine. Le choc de modèle sera incompréhensible pour les théoriciens habitués à des agrégats conjoncturels stables. L'inflation entraîne une chute de la demande qui va conduire à diminuer l'offre des entreprises. C'est un scénario connu depuis l'Antiquité. Il y aura donc un choc de récession. On parle souvent de stagflation, c'est-à-dire d'une combinaison de contraction économique et d'inflation, mais il serait plus correct de parler de flatio-stag, pour restituer la chronologie de l'inflation qui contribue à la stagnation.Il y aura évidemment des revendications sociales. On les voit arriver, comme nous les avons traversées dans les années septante et au début des quatre-vingts. La France est, à cet égard, un bon baromètre. Alors, que faire ? La BCE ne pourra évidemment pas augmenter ses taux d'intérêt. Et les États devront continuer à utiliser l'endettement public, financé par la BCE, pour stabiliser l'ordre social. L'important, c'est de se préparer avec lucidité à ce nouveau contexte économique et social. Il faut REPENSER l'avenir. C'est maintenant qu'il faut repenser le rôle de l'État, dans son rôle de stimulant de l'économie productive. L'ordre social vient des transferts sociaux, la croissance viendra de l'investissement, public et privé. Il faudra aussi évidemment une réforme sociale et fiscale, d'une envergure plus large que les cabotages actuels. Il n'est pas exclu que la deuxième décennie du siècle dernier reste suspendue entre deux époques. Elle est peut-être inaccomplie entre la fin du néolibéralisme anglo-saxon flamboyant et un nécessaire égalitarisme.