Déjà lors de la présentation de l'accord de coalition, la juxtaposition des priorités nous avait interpellé. "La Wallonie nourrit une triple ambition, lit-on à la première phrase de la déclaration de politique régionale, une ambition sociale, une ambition écologique et une ambition économique". Pas besoin d'un diplôme en sciences politiques pour relier chacune de ces ambitions à l'un des trois partis de la coalition.

La répartition des compétences a confirmé cela : les matières sociales au PS, l'économie au MR et le climat à Ecolo. Le risque d'un découpage aussi caricatural, c'est que chacun campe sur son pré carré, son core-business dirait-on dans le monde de l'entreprise, et que chaque interaction entre les trois ambitions se transforme aussitôt en conflit ouvert. Or, le rôle du politique est justement de concilier les intérêts (ou ambitions) parfois contradictoires. Pour y parvenir, il faut afficher un bel esprit d'équipe et, sur papier, c'est loin d'être gagné d'avance.

Cette lacune initiale est en partie compensée par le casting. D'une part, la patience et l'expérience du ministre-président Elio Di Rupo devraient aider à dégager les compromis internes (même son meilleur ennemi, le libéral montois Georges-Louis Bouchez, l'a souligné sur Bel RTL). D'autre part, les partis ont veillé à envoyer dans cet exécutif des personnalités directement opérationnelles sans être trop clivantes ou écrasantes.