Ces données confirment la vigueur du marché de l'emploi au Royaume-Uni depuis de longs mois malgré le manque de visibilité sur la sortie ou non du pays de l'Union européenne à la date prévue, le 29 mars, et le ralentissement de la croissance. Cette baisse du taux de chômage constitue une surprise pour les économistes qui s'attendaient à un chiffre stable, 4%, selon un consensus établi par Bloomberg.

Le taux d'emploi a atteint un nouveau record historique à 76,1%, un plus haut depuis le début de la compilation de ces statistiques en 1971. Le nombre d'emplois a quant lui progressé bien plus que prévu, de 222.000 par rapport à fin octobre soit la plus forte hausse depuis 2015. L'ONS explique cette performance du marché du travail par le nombre croissant de femmes occupant un emploi, du fait notamment du report de leur âge de départ à la retraite. Dans le même temps, l'emploi à temps partiel est en plein essor et concerne davantage les femmes que les hommes.

Autre bonne nouvelle pour l'économie, les salaires (primes comprises) ont encore nettement progressé de 3,4% sur un an, renforçant le pouvoir d'achat des ménages qui avait souffert en 2017 d'une forte hausse des prix. Selon l'ONS, les salaires sont tirés vers le haut par le nombre record d'emplois vacants, à 863.000 à fin janvier. Les entreprise sont ainsi contraintes de proposer des rémunérations plus attractives compte tenu des difficultés à recruter. Howard Archer, économiste chez EY Item Club, évoque "les craintes dans certains secteurs concernant une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée, qui peut s'expliquer par une baisse du nombre de travailleurs venant de l'UE".

Ce solide marché de l'emploi défie le contexte morose pour les entreprises qui hésitent à investir compte tenu des incertitudes du Brexit, au moment où la Première ministre Theresa May s'apprête à demander un report du Brexit compte tenu de la difficultés à faire voter au Parlement son accord négocié avec Bruxelles. Les chambres de commerce britanniques (BCC) s'attendent notamment à une baisse d'1% cette année de l'investissement des entreprises, ce qui serait la pire performance depuis la crise financière.