Plus de six milliards d'heures. C'est le temps que les utilisateurs de Netflix ont passé sur la plateforme, à regarder les 10 séries les plus populaires, pendant les 28 premiers jours de leur sortie. Ce sont les seuls chiffres que la plateforme de Streaming a communiqué au public, mais à eux seuls, ils correspondent déjà à 1,8 milliard de kilomètres parcourus en voiture - la distance, aller/retour, qui sépare actuellement la Terre et Saturne.

C'est que le système entier du visionnage, du stockage dans des centres de données, la transmission via les réseaux d'internet, jusqu'à l'écran utilisé, est énergivore. Et l'électricité demandée est la plupart du temps produite en émettant des gaz à effet de serre. Le Carbon Trust, une association de chercheurs sur les émissions de CO2 citée dans le quotidien Guardian, a fait les calculs. Regarder une heure de vidéo en streaming émet 55 grammes de CO2, autant que rouler 300 mètres en voiture.

Des chercheurs de l'Université de Bristol avaient également analysé la situation de la plateforme de vidéos Youtube. Jusqu'en 2016, le visonnage de vidéos émettait 11 millions de tonnes de CO2, par an. Cette somme équivaut à ce qu'émet une ville de 700.000 habitants sur un an. En 2016, la plateforme comptait 1,4 milliards d'utilisateurs, aujourd'hui elle en compte 2,4 milliards.

Réseau, écran ; à qui la responsabilité?

Netflix suit un plan pour atteindre la neutralité carbone à la fin de l'année 2022. Mais cette volonté est biaisée à deux égards. Premièrement, ce ne sont pas les émissions de gaz à effet de serre qui seront réduites à zéro, mais Netflix (ou tout autre entreprise qui prétend à la neutralité carbone) financera des projets verts, selon Dom Robinson, de Greening of Streaming, une association qui veut que les plateformes de streaming prennent leur responsabilités écologiques, cité par le Guardian.

Deuxièment, dans le total de ses émissions de gaz à effet de serre, Netflix ne comptabilise que ses opérations en tant qu'entreprise, et le tournage du contenu audiovisuel. Le géant du streaming remet la responsabilité sur les autres chaînons du système: les opérateurs de réseau ainsi que les constructeurs de télévisions, téléphones ou ordinateurs sont en charge pour leurs propres émissions, expliquait-il sur son blog.

Mais Daniel Schien, chercheur en informatique à l'Université de Bristol, explique au Guardian que le procédé doit être calculé dans son ensmble, temps d'écran compris, sinon les émissions de gaz à effets de serre ne peuvent pas être réduites efficacement.

Le trafic sur internet a énormément augmenté ces dernières année. 80% du trafic est concentré par une poignée d'entreprises, parmi lesquelles Youtube, Netflix, Facebook, Activision Blizzard (avec le jeu Call of Duty) et Epic Games (Fortnite). Mais pour Daniel Schien, la trafic croissant (+50% par an) n'équivaut pas à une augmentation nette en émissions. Les centres de données et les réseaux s'améliorent et deviennent moins énergivores, baissant leur consomation de plus de 20% par an.

Il pointe donc qu'effectivement, le plus énergivore dans le chaine est le fait de regarder l'émission, à la maison, sur un écran de télévision. A cette étape, il n'y a plus de différences sur le contenu regardé, que ce soit du streaming ou des chaines de télévision classique - qui sont aujourd'hui encore plus regardées que le streaming.

Moins de CO2 qu'un bol de céréales

L'expert compare enfin l'industrie audiovisuelle - télévision classique ou streaming - à d'autres secteurs. Selon lui, les émissions de gaz à effet de serre restent fortement inférieures. Il compare: cuire un sachet de popcorn pendant quatre minutes au micro-ondes équivaut déjà à un tiers des émissions d'un heure de visionnage.

"Chaque petit pas aide, mais à l'ensemble de l'économie les émissions du streaming restent minoritaires. La mobilité, le chauffage et l'alimentaire produisent bien plus. Je ne dis pas qu'il ne faut pas y faire attention, mais même une chose aussi innocente qu'un bol de céréales avec du lait a une plus grande empreinte carbone qu'un heure de streaming", conclut-il.

Plus de six milliards d'heures. C'est le temps que les utilisateurs de Netflix ont passé sur la plateforme, à regarder les 10 séries les plus populaires, pendant les 28 premiers jours de leur sortie. Ce sont les seuls chiffres que la plateforme de Streaming a communiqué au public, mais à eux seuls, ils correspondent déjà à 1,8 milliard de kilomètres parcourus en voiture - la distance, aller/retour, qui sépare actuellement la Terre et Saturne.C'est que le système entier du visionnage, du stockage dans des centres de données, la transmission via les réseaux d'internet, jusqu'à l'écran utilisé, est énergivore. Et l'électricité demandée est la plupart du temps produite en émettant des gaz à effet de serre. Le Carbon Trust, une association de chercheurs sur les émissions de CO2 citée dans le quotidien Guardian, a fait les calculs. Regarder une heure de vidéo en streaming émet 55 grammes de CO2, autant que rouler 300 mètres en voiture.Des chercheurs de l'Université de Bristol avaient également analysé la situation de la plateforme de vidéos Youtube. Jusqu'en 2016, le visonnage de vidéos émettait 11 millions de tonnes de CO2, par an. Cette somme équivaut à ce qu'émet une ville de 700.000 habitants sur un an. En 2016, la plateforme comptait 1,4 milliards d'utilisateurs, aujourd'hui elle en compte 2,4 milliards.Netflix suit un plan pour atteindre la neutralité carbone à la fin de l'année 2022. Mais cette volonté est biaisée à deux égards. Premièrement, ce ne sont pas les émissions de gaz à effet de serre qui seront réduites à zéro, mais Netflix (ou tout autre entreprise qui prétend à la neutralité carbone) financera des projets verts, selon Dom Robinson, de Greening of Streaming, une association qui veut que les plateformes de streaming prennent leur responsabilités écologiques, cité par le Guardian.Deuxièment, dans le total de ses émissions de gaz à effet de serre, Netflix ne comptabilise que ses opérations en tant qu'entreprise, et le tournage du contenu audiovisuel. Le géant du streaming remet la responsabilité sur les autres chaînons du système: les opérateurs de réseau ainsi que les constructeurs de télévisions, téléphones ou ordinateurs sont en charge pour leurs propres émissions, expliquait-il sur son blog.Mais Daniel Schien, chercheur en informatique à l'Université de Bristol, explique au Guardian que le procédé doit être calculé dans son ensmble, temps d'écran compris, sinon les émissions de gaz à effets de serre ne peuvent pas être réduites efficacement.Le trafic sur internet a énormément augmenté ces dernières année. 80% du trafic est concentré par une poignée d'entreprises, parmi lesquelles Youtube, Netflix, Facebook, Activision Blizzard (avec le jeu Call of Duty) et Epic Games (Fortnite). Mais pour Daniel Schien, la trafic croissant (+50% par an) n'équivaut pas à une augmentation nette en émissions. Les centres de données et les réseaux s'améliorent et deviennent moins énergivores, baissant leur consomation de plus de 20% par an.Il pointe donc qu'effectivement, le plus énergivore dans le chaine est le fait de regarder l'émission, à la maison, sur un écran de télévision. A cette étape, il n'y a plus de différences sur le contenu regardé, que ce soit du streaming ou des chaines de télévision classique - qui sont aujourd'hui encore plus regardées que le streaming.L'expert compare enfin l'industrie audiovisuelle - télévision classique ou streaming - à d'autres secteurs. Selon lui, les émissions de gaz à effet de serre restent fortement inférieures. Il compare: cuire un sachet de popcorn pendant quatre minutes au micro-ondes équivaut déjà à un tiers des émissions d'un heure de visionnage."Chaque petit pas aide, mais à l'ensemble de l'économie les émissions du streaming restent minoritaires. La mobilité, le chauffage et l'alimentaire produisent bien plus. Je ne dis pas qu'il ne faut pas y faire attention, mais même une chose aussi innocente qu'un bol de céréales avec du lait a une plus grande empreinte carbone qu'un heure de streaming", conclut-il.