Les résidents en Russie ne pourront désormais plus transférer de devises à l'étranger, a annoncé le Kremlin dans un décret en fin de journée lundi, après que la monnaie russe avait atteint plus tôt des plus bas historiques face au dollar et à l'euro. Par ailleurs, les exportateurs russes sont également sommés dès lundi de convertir en roubles 80% de leurs recettes en devises étrangères engrangées depuis le 1er janvier et de continuer de maintenir un ratio de 80% de leurs avoirs monétaires en roubles à l'avenir.

La devise russe s'est effondrée dès le début des cotations lundi avant de regagner un peu de terrain dans l'après-midi. Elle a clos la séance à 94,6 roubles pour un dollar contre 83,5 au précédent taux officiel mercredi. L'euro valait 106 roubles en clôture, contre 93,5 à la veille de l'invasion. Un plafond a été fixé à intervalles réguliers pour arrêter les échanges et ralentir ainsi la chute de la monnaie russe.

Pour défendre l'économie et la devise, la Banque centrale de Russie a plus que doublé son taux directeur, de 9,5 à 20% lundi matin. La Bourse de Moscou n'a quant à elle même pas ouvert, face au risque d'effondrement. Entre autres sanctions, les Etats-Unis, l'Union européenne et d'autres pays ont exclu les plus grandes banques russes du système international de paiements bancaires Swift et banni toute transaction avec la Banque centrale de Russie.

Des mesures de représailles commerciales ont également été annoncées, l'Europe entière se fermant aux avions russes, coupant largement les liaisons aériennes de la Russie avec les pays occidentaux.

La télévision russe a diffusé des images d'une réunion consacrée à la réponse à apporter aux sanctions entre M. Poutine, le Premier ministre Mikhaïl Michoustine, le ministre des Finances Anton Silouanov, le PDG de la principale banque du pays Sberbank, Guerman Gref, et la présidente de la Banque centrale Elvira Nabioullina.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait auparavant reconnu que les sanctions prises par les Occidentaux pour punir Moscou de son invasion de l'Ukraine étaient "lourdes" et "problématiques", mais avait assuré que la Russie avait "les capacités nécessaires pour compenser les dégâts". Concentré sur sa réponse économique, le Kremlin n'a pas encore annoncé de représailles d'ampleur. "Les mesures prises (...) réduisent la volatilité", commente auprès de l'AFP Alexeï Vedev, un analyste de l'institut économique Gaïdar. "L'incertitude est énorme et la Banque centrale agit avec raison."

- Oligarques inquiets -

Mais, chose rare, certains oligarques russes, ces milliardaires ayant fait fortune dans les années 1990 et soumis par le maître du Kremlin dans les années 2000, ont publiquement exprimé leur mécontentement. "C'est une vraie crise là et il faut de vrais managers de crise (...) il faut absolument changer de politique économique et mettre fin à tout ce capitalisme d'Etat", a écrit sur Telegram Oleg Deripaska, le fondateur du géant de l'aluminium Rusal, qui fait l'objet de sanctions depuis des années. Il a dit attendre "des clarifications et des commentaires clairs sur la politique économique des trois prochains mois".

Pour Sergueï Khestanov, un conseiller pour les questions macroéconomiques du courtier Open Broker, la Russie peut cependant encore voir venir, car ses principales ressources en devises, les exportations de matières premières, ne sont pas touchées par les sanctions. "Tant qu'il n'y aura pas de vraies sanctions sur les exportations russes, et avant tout sur le pétrole et le gaz, il n'y aura pas de catastrophe", dit-il, mais "les gens vont bien sûr en ressentir" des effets.

Certains Russes préféraient déjà retirer leurs économies des banques. "Je savais qu'il y aurait du monde. Je veux retirer du liquide, garder ça à la maison est plus sûr, on ne sait absolument pas ce qui va se passer", dit Svetlana Paramonova, 58 ans, une habitante de Saint-Pétersbourg allée retirer ses économies de son compte.

Les résidents en Russie ne pourront désormais plus transférer de devises à l'étranger, a annoncé le Kremlin dans un décret en fin de journée lundi, après que la monnaie russe avait atteint plus tôt des plus bas historiques face au dollar et à l'euro. Par ailleurs, les exportateurs russes sont également sommés dès lundi de convertir en roubles 80% de leurs recettes en devises étrangères engrangées depuis le 1er janvier et de continuer de maintenir un ratio de 80% de leurs avoirs monétaires en roubles à l'avenir.La devise russe s'est effondrée dès le début des cotations lundi avant de regagner un peu de terrain dans l'après-midi. Elle a clos la séance à 94,6 roubles pour un dollar contre 83,5 au précédent taux officiel mercredi. L'euro valait 106 roubles en clôture, contre 93,5 à la veille de l'invasion. Un plafond a été fixé à intervalles réguliers pour arrêter les échanges et ralentir ainsi la chute de la monnaie russe. Pour défendre l'économie et la devise, la Banque centrale de Russie a plus que doublé son taux directeur, de 9,5 à 20% lundi matin. La Bourse de Moscou n'a quant à elle même pas ouvert, face au risque d'effondrement. Entre autres sanctions, les Etats-Unis, l'Union européenne et d'autres pays ont exclu les plus grandes banques russes du système international de paiements bancaires Swift et banni toute transaction avec la Banque centrale de Russie. Des mesures de représailles commerciales ont également été annoncées, l'Europe entière se fermant aux avions russes, coupant largement les liaisons aériennes de la Russie avec les pays occidentaux. La télévision russe a diffusé des images d'une réunion consacrée à la réponse à apporter aux sanctions entre M. Poutine, le Premier ministre Mikhaïl Michoustine, le ministre des Finances Anton Silouanov, le PDG de la principale banque du pays Sberbank, Guerman Gref, et la présidente de la Banque centrale Elvira Nabioullina.Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait auparavant reconnu que les sanctions prises par les Occidentaux pour punir Moscou de son invasion de l'Ukraine étaient "lourdes" et "problématiques", mais avait assuré que la Russie avait "les capacités nécessaires pour compenser les dégâts". Concentré sur sa réponse économique, le Kremlin n'a pas encore annoncé de représailles d'ampleur. "Les mesures prises (...) réduisent la volatilité", commente auprès de l'AFP Alexeï Vedev, un analyste de l'institut économique Gaïdar. "L'incertitude est énorme et la Banque centrale agit avec raison."- Oligarques inquiets -Mais, chose rare, certains oligarques russes, ces milliardaires ayant fait fortune dans les années 1990 et soumis par le maître du Kremlin dans les années 2000, ont publiquement exprimé leur mécontentement. "C'est une vraie crise là et il faut de vrais managers de crise (...) il faut absolument changer de politique économique et mettre fin à tout ce capitalisme d'Etat", a écrit sur Telegram Oleg Deripaska, le fondateur du géant de l'aluminium Rusal, qui fait l'objet de sanctions depuis des années. Il a dit attendre "des clarifications et des commentaires clairs sur la politique économique des trois prochains mois".Pour Sergueï Khestanov, un conseiller pour les questions macroéconomiques du courtier Open Broker, la Russie peut cependant encore voir venir, car ses principales ressources en devises, les exportations de matières premières, ne sont pas touchées par les sanctions. "Tant qu'il n'y aura pas de vraies sanctions sur les exportations russes, et avant tout sur le pétrole et le gaz, il n'y aura pas de catastrophe", dit-il, mais "les gens vont bien sûr en ressentir" des effets.Certains Russes préféraient déjà retirer leurs économies des banques. "Je savais qu'il y aurait du monde. Je veux retirer du liquide, garder ça à la maison est plus sûr, on ne sait absolument pas ce qui va se passer", dit Svetlana Paramonova, 58 ans, une habitante de Saint-Pétersbourg allée retirer ses économies de son compte.