"Il faut reconnaître que tout n'a pas été noir. Des réformes qui n'avaient pas été faites en trente ans ont été effectuées en un an": l'opinion de Jacques Letort, chef d'entreprise dans le bâtiment, est largement partagée à Jouy-en-Josas, dans la banlieue parisienne, qui accueille jusqu'à mercredi la 20e université d'été du Medef, l'organisation du patronat français.

Il y a quinze mois, les chefs d'entreprise avaient largement applaudi l'élection d'Emmanuel Macron, un ancien banquier d'affaires au profil pro-entreprises qui promettait de "transformer la France" et de ranimer une croissance jusqu'alors atone.

"Les chefs d'entreprise ont ressenti qu'il y avait une véritable volonté de faciliter la vie économique en France", se souvient Philippe Amram, dirigeant d'une entreprise de stratégie.

Depuis 2017, les réformes se sont succédé, les entrepreneurs citant en particulier la réécriture du droit du travail, officiellement destinée à "déverrouiller" le marché de l'emploi pour lutter contre un chômage qui reste supérieur en France à la moyenne européenne. La réforme a été adoptée malgré de nombreuses manifestations.

"Macron a pris des décisions très fortes", salue Françoise Catalan-Johnson, patronne d'une société spécialisée dans le logement.

Dans un sondage réalisé en juillet par OpinionWay auprès des chefs d'entreprises, plus de la moitié (54%) se disaient satisfaits de l'action du président, 13 points de plus qu'en mai, une période marquée par des conflits sociaux. Et 65% des dirigeants sondés estiment que le gouvernement a maintenu le rythme des réformes, malgré de multiples contestations.

"Des actes"

Cependant, quinze mois après son triomphe dans les urnes, les patrons commencent à montrer des signes d'impatience.

Le gouvernement a "redonné confiance aux entrepreneurs", a reconnu mardi le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, mais "cette confiance retrouvée reste fragile", a-t-il averti.

"Nous préférons les preuves d'amour aux déclarations d'amour", a souligné le patron des patrons, exigeant la poursuite de la "transformation du pays" qui "passe inévitablement" par une réduction des dépenses publiques. Elles représentent 57% de la richesse nationale en France, contre 46% pour la moyenne européenne, a rappelé M. Roux de Bézieux.

Face aux chefs d'entreprise, le Premier ministre Edouard Philippe a assuré mardi "mettre en oeuvre les choses sérieusement, au regard de la croissance dont nous disposons".

Cette dernière s'essouffle en effet, à seulement 1,8% cette année, au lieu des 2% espérés, contraignant le président à revoir ses ambitions de réduction du déficit public. Même s'il reste sous les 3% exigés par Bruxelles, celui-ci sera supérieur aux 2,3% annoncés et devrait être proche de 2,6%, comme l'an dernier.

Mais l'excuse d'une pause dans la croissance est trop belle, estiment nombre d'entrepreneurs. Philippe Marty, patron d'une entreprise de conseils, juge ainsi que le gouvernement "ne prend pas du tout le chemin" de la réduction de la dépense publique, qui devrait passer par une cure d'amaigrissement de la fonction publique, où il y a encore "trop de gras", selon le patron.

M. Macron avait promis lors de sa campagne électorale de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires d'ici à la fin du quinquennat, sur les quelque 5,64 millions en France, soit un taux supérieur à la médiane européenne (80 fonctionnaires pour 1.000 habitants, contre 61).

Mais Edouard Philippe a précisé dimanche que seuls 4.500 postes seraient supprimés en 2019, et plus de 10.000 en 2020, des chiffres souvent jugés faibles au vu des engagements à tenir.

"Oui, Emmanuel Macron est plus pro-business mais il y a encore des choses à faire", assène M. Marty. "Macron a dit qu'il voulait délivrer les entreprises. C'est bien mais j'attends des actes". Les chefs d'entreprise lui font encore confiance mais attention, cela ne va pas durer", croit le patron.

"Il faut être vigilant", renchérit Jacques Letort, citant lui aussi "la baisse du nombre de fonctionnaires" comme marqueur.

"La tâche sera très difficile. Mais on a envie d'aider Macron, souligne M. Amram. On a envie qu'il réussisse parce que, sinon, c'est quoi le coup d'après ?"

"Il faut reconnaître que tout n'a pas été noir. Des réformes qui n'avaient pas été faites en trente ans ont été effectuées en un an": l'opinion de Jacques Letort, chef d'entreprise dans le bâtiment, est largement partagée à Jouy-en-Josas, dans la banlieue parisienne, qui accueille jusqu'à mercredi la 20e université d'été du Medef, l'organisation du patronat français.Il y a quinze mois, les chefs d'entreprise avaient largement applaudi l'élection d'Emmanuel Macron, un ancien banquier d'affaires au profil pro-entreprises qui promettait de "transformer la France" et de ranimer une croissance jusqu'alors atone."Les chefs d'entreprise ont ressenti qu'il y avait une véritable volonté de faciliter la vie économique en France", se souvient Philippe Amram, dirigeant d'une entreprise de stratégie.Depuis 2017, les réformes se sont succédé, les entrepreneurs citant en particulier la réécriture du droit du travail, officiellement destinée à "déverrouiller" le marché de l'emploi pour lutter contre un chômage qui reste supérieur en France à la moyenne européenne. La réforme a été adoptée malgré de nombreuses manifestations."Macron a pris des décisions très fortes", salue Françoise Catalan-Johnson, patronne d'une société spécialisée dans le logement. Dans un sondage réalisé en juillet par OpinionWay auprès des chefs d'entreprises, plus de la moitié (54%) se disaient satisfaits de l'action du président, 13 points de plus qu'en mai, une période marquée par des conflits sociaux. Et 65% des dirigeants sondés estiment que le gouvernement a maintenu le rythme des réformes, malgré de multiples contestations.Cependant, quinze mois après son triomphe dans les urnes, les patrons commencent à montrer des signes d'impatience.Le gouvernement a "redonné confiance aux entrepreneurs", a reconnu mardi le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, mais "cette confiance retrouvée reste fragile", a-t-il averti."Nous préférons les preuves d'amour aux déclarations d'amour", a souligné le patron des patrons, exigeant la poursuite de la "transformation du pays" qui "passe inévitablement" par une réduction des dépenses publiques. Elles représentent 57% de la richesse nationale en France, contre 46% pour la moyenne européenne, a rappelé M. Roux de Bézieux.Face aux chefs d'entreprise, le Premier ministre Edouard Philippe a assuré mardi "mettre en oeuvre les choses sérieusement, au regard de la croissance dont nous disposons".Cette dernière s'essouffle en effet, à seulement 1,8% cette année, au lieu des 2% espérés, contraignant le président à revoir ses ambitions de réduction du déficit public. Même s'il reste sous les 3% exigés par Bruxelles, celui-ci sera supérieur aux 2,3% annoncés et devrait être proche de 2,6%, comme l'an dernier.Mais l'excuse d'une pause dans la croissance est trop belle, estiment nombre d'entrepreneurs. Philippe Marty, patron d'une entreprise de conseils, juge ainsi que le gouvernement "ne prend pas du tout le chemin" de la réduction de la dépense publique, qui devrait passer par une cure d'amaigrissement de la fonction publique, où il y a encore "trop de gras", selon le patron. M. Macron avait promis lors de sa campagne électorale de supprimer 120.000 postes de fonctionnaires d'ici à la fin du quinquennat, sur les quelque 5,64 millions en France, soit un taux supérieur à la médiane européenne (80 fonctionnaires pour 1.000 habitants, contre 61). Mais Edouard Philippe a précisé dimanche que seuls 4.500 postes seraient supprimés en 2019, et plus de 10.000 en 2020, des chiffres souvent jugés faibles au vu des engagements à tenir."Oui, Emmanuel Macron est plus pro-business mais il y a encore des choses à faire", assène M. Marty. "Macron a dit qu'il voulait délivrer les entreprises. C'est bien mais j'attends des actes". Les chefs d'entreprise lui font encore confiance mais attention, cela ne va pas durer", croit le patron."Il faut être vigilant", renchérit Jacques Letort, citant lui aussi "la baisse du nombre de fonctionnaires" comme marqueur."La tâche sera très difficile. Mais on a envie d'aider Macron, souligne M. Amram. On a envie qu'il réussisse parce que, sinon, c'est quoi le coup d'après ?"