Acheter des manuels qui resteront fermés la plupart du temps, c'est certainement du gâchis. Mais il y a pire : certains établissements exigent des panachages. Il arrive en efet que les élèves doivent avoir plusieurs livres pour la même matière : du premier, le professeur ne retiendra que le premier chapitre... avant de passer à un autre, sous prétexte que les chapitres suivants y so...

Acheter des manuels qui resteront fermés la plupart du temps, c'est certainement du gâchis. Mais il y a pire : certains établissements exigent des panachages. Il arrive en efet que les élèves doivent avoir plusieurs livres pour la même matière : du premier, le professeur ne retiendra que le premier chapitre... avant de passer à un autre, sous prétexte que les chapitres suivants y sont meilleurs. De la sorte, l'addition peut grimper jusqu'à 300, voire 400 euros par an, s'insurge Elke Valgaeren, de la Ligue flamande des familles. Submergées de tâches administratives, les écoles ont en effet de plus en plus souvent tendance à externaliser l'achat de manuels scolaires. Les parents traitent directement avec les éditeurs ou les distributeurs qui livrent à domicile et l'école n'intervient plus. Les établissements éludent ainsi leur responsabilité, regrette Colette Victor, coordinatrice du projet Samen tegen onbetaalde schoolfacturen (Ensemble contre les factures scolaires impayées). " Que les enfants disposent des livres adéquats relève de la responsabilité des écoles, pas de celle des éditeurs ou des distributeurs ", insiste-t-elle. La remarque est d'autant plus pertinente qu'il n'existe pas en Flandre, contrairement aux Pays-Bas, de contrôle de qualité en matière de livres scolaires. Les deux organisations réclament dès lors qu'enseignants et directions procèdent chaque année à un screening rigoureux des manuels obligatoires et vérifient à chaque fois s'ils ont été ou seront réellement utilisés. Bref, si l'enseignement est en principe gratuit, il coûte quand même. Partant de ce constat, une soixantaine d'organisations spécialisées dans la lutte contre la pauvreté viennent de lancer une pétition pour introduire au niveau du secondaire un maximum à facturer, comme en primaire. Elle sera remise au prochain gouvernement le 17 octobre, lors de la Journée internationale pour l'élimination de la pauvreté.