1. L'économie belge pourrait-elle supporter un deuxième confinement?

Techniquement oui, tout est toujours possible. Pour autant que la Banque centrale européenne soit là, et on peut raisonnablement penser que ce serait le cas, l'Etat pourra à nouveau emprunter pour assumer les dépenses d'un deuxième confinement. La question, c'est plutôt qui paiera la facture, comment et quand. Allons-nous passer par une dure période d'austérité? Par une hausse de la taxation? Par une annulation de dettes? Ces questions se posent déjà aujourd'hui mais elles seraient encore plus prégnantes avec la facture d'un deuxième confinement. Avec la dette, on achète en réalité du temps, on s'offre la possibilité de payer plus tard. Même si l'Etat ne rembourse pas sa dette, le créancier finit par payer. En l'occurrence, avec la BCE comme créancier, cela signifie que la monnaie perd de sa valeur et que nous aurions une inflation élevée.

2. Ce scénario ne saperait-il pas les plans de relance qui viennent à peine d'être lancés?

Bien sûr. Mais ce serait plutôt une mise entre parenthèses pour repartir de plus belle ensuite. Avec le double des problèmes d'offre que nous connaissons aujourd'hui, avec encore plus de secousses sur la logistique mondiale et de contraintes sur les matières premières. Il faudrait alors frapper encore plus fort, et donc créer encore plus de dettes, pour initier un plan de relance. Les problèmes se cumulent et pas de manière linéaire.

Philippe Ledent, économiste chez ING et chargé de cours invité à l'UCLouvain, B.Vanden Eynde/whitevision
Philippe Ledent, économiste chez ING et chargé de cours invité à l'UCLouvain © B.Vanden Eynde/whitevision

3. On en revient à la première question: l'économie belge peut-elle supporter cela?

Plus je regarde les chiffres, plus je me dis que les mesures de soutien n'ont pas été suffisamment ciblées. Nous sortons de la plus grave crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale et nous en sortons sans hausse du chômage et des faillites. Nous avons créé beaucoup moins de richesses mais nous n'en subissons pas tous les effets macroéconomiques. Serait-il nécessaire, en cas de deuxième confinement, de rééditer cette opération qui reporte l'intégralité du coût économique sur le futur? Economiquement, la question mérite d'être posée. Socialement et politiquement, en revanche, je n'y crois pas trop. Les nerfs sont beaucoup plus à vif que lors du premier confinement. Je ne vois donc pas vraiment d'autre option que de reporter à nouveau le coût sur les générations futures.

1. L'économie belge pourrait-elle supporter un deuxième confinement? Techniquement oui, tout est toujours possible. Pour autant que la Banque centrale européenne soit là, et on peut raisonnablement penser que ce serait le cas, l'Etat pourra à nouveau emprunter pour assumer les dépenses d'un deuxième confinement. La question, c'est plutôt qui paiera la facture, comment et quand. Allons-nous passer par une dure période d'austérité? Par une hausse de la taxation? Par une annulation de dettes? Ces questions se posent déjà aujourd'hui mais elles seraient encore plus prégnantes avec la facture d'un deuxième confinement. Avec la dette, on achète en réalité du temps, on s'offre la possibilité de payer plus tard. Même si l'Etat ne rembourse pas sa dette, le créancier finit par payer. En l'occurrence, avec la BCE comme créancier, cela signifie que la monnaie perd de sa valeur et que nous aurions une inflation élevée. 2. Ce scénario ne saperait-il pas les plans de relance qui viennent à peine d'être lancés? Bien sûr. Mais ce serait plutôt une mise entre parenthèses pour repartir de plus belle ensuite. Avec le double des problèmes d'offre que nous connaissons aujourd'hui, avec encore plus de secousses sur la logistique mondiale et de contraintes sur les matières premières. Il faudrait alors frapper encore plus fort, et donc créer encore plus de dettes, pour initier un plan de relance. Les problèmes se cumulent et pas de manière linéaire.3. On en revient à la première question: l'économie belge peut-elle supporter cela? Plus je regarde les chiffres, plus je me dis que les mesures de soutien n'ont pas été suffisamment ciblées. Nous sortons de la plus grave crise économique depuis la Seconde Guerre mondiale et nous en sortons sans hausse du chômage et des faillites. Nous avons créé beaucoup moins de richesses mais nous n'en subissons pas tous les effets macroéconomiques. Serait-il nécessaire, en cas de deuxième confinement, de rééditer cette opération qui reporte l'intégralité du coût économique sur le futur? Economiquement, la question mérite d'être posée. Socialement et politiquement, en revanche, je n'y crois pas trop. Les nerfs sont beaucoup plus à vif que lors du premier confinement. Je ne vois donc pas vraiment d'autre option que de reporter à nouveau le coût sur les générations futures.