L'Argentine est un des principaux producteurs mondiaux de céréales (blé, maïs), d'oléagineux et de produits transformés. Le pays sud-américain, le huitième plus étendu de la planète, est notamment le premier exportateur mondial de farine (tourteau) et d'huile de soja.

Après une campagne agricole 2017/2018 catastrophique liée à la pire sécheresse depuis des décennies, le secteur retrouve le sourire en cette fin d'année avec une récolte qui s'annonce record, selon les dernières prévisions de la Bourse aux céréales de la capitale.

"Ça va être clé pour le redressement du pays (...) Comme d'autres pays ont du pétrole, l'Argentine dépend de sa production agricole, c'est sa principale source de devises, quel que soit le gouvernement", explique à l'AFP ce producteur de 53 ans qui cultive 6.000 hectares et emploie 10 personnes dans les environs de San Antonio de Areco, à 120 km au nord-ouest de Buenos Aires.

L'Argentine est secouée depuis cette année par une crise économique qui l'a contrainte à solliciter l'aide du Fonds monétaire international et un prêt de 56 milliards de dollars. Après les avoir levés, le gouvernement de centre-droit de Mauricio Macri, auquel le secteur agricole est plutôt acquis, a dû rétablir des taxes à l'exportation, de l'ordre de 10%, pour remplir les caisses de l'Etat.

Si quelques dents ont grincé du côté des agriculteurs, déjà lourdement taxés sous les gouvernements de gauche précédents, Federico Zerboni estime que la mesure est plutôt bien vécue dans la profession.

"On n'y voit pas une discrimination pour le secteur, comme c'était le cas avant. (...) Cela revient à donner un coup de main. Ça ne sert à rien d'être un secteur qui marche bien dans un pays qui s'écroule", fait-il valoir.

"Dépendance de l'Argentine"

"C'est un impôt que nous appelons distorsif, car ce n'est pas un impôt sur les bénéfices, mais sur les revenus. C'est-à-dire que tu continues de payer, même quand tu perds de l'argent", relativise de son côté Gustavo Grobocopatel, géant du secteur à la tête de la multinationale agro-industrielle Los Grobo et surnommé "le roi du soja", depuis son bureau de Buenos Aires.

Un peu plus loin sur ses terres, Federico Zerboni désigne un silo horizontal, où des grains sont stockés dans un sac blanc en plastique géant: "c'est ma banque".

"Notre outil pour nous protéger face à la volatilité du dollar, c'est de garder le produit. Alors que souvent le pays, qui a besoin de faire rentrer des dollars dans l'économie, se plaint que le producteur ne vende pas", explique-t-il.

La crise monétaire survenue fin août et début septembre a accéléré la hausse des prix. Depuis janvier, le peso s'est effondré de 50% face au dollar, stimulant l'inflation. En échange du financement, Buenos Aires a conclu avec le FMI un accord prévoyant une maîtrise de la masse monétaire, des taux d'intérêt très élevés (au dessus de 60%) et un encadrement du taux de change, entre 34 et 44 pesos pour un dollar.

"Les résultats du secteur agricole a un effet sur le reste de l'économie. On ne le sent pas tellement dans la capitale et sa région mais dans l'intérieur du pays", explique l'économiste Rodolfo Santangelo, du cabinet Macroview, qui souligne la "dépendance de l'Argentine vis-à-vis de son agriculture", laquelle représente 50% des entrées des devises pour ce pays.

Mais si les représentants de ce secteur disent comprendre les mesures prises par le gouvernement du président Macri, les taux d'intérêt si élevés ne seront pas, selon eux, supportables très longtemps.

"On comprend que les dernières mesures prises par le gouvernement lors du dernier plan monétaire, sont raisonnables pour stabiliser le type de change (...) mais les conséquences de ces mesures nous inquiètent", relève Gustavo Idigoras, président de la Chambre des exportations de céréales (CEC).

"Il est indispensable que le gouvernement revienne le plus rapidement possible sur ces mesures. Sinon, les niveaux d'investissement en Argentine l'année prochaine vont être très bas", prévient-il.

L'Argentine est un des principaux producteurs mondiaux de céréales (blé, maïs), d'oléagineux et de produits transformés. Le pays sud-américain, le huitième plus étendu de la planète, est notamment le premier exportateur mondial de farine (tourteau) et d'huile de soja.Après une campagne agricole 2017/2018 catastrophique liée à la pire sécheresse depuis des décennies, le secteur retrouve le sourire en cette fin d'année avec une récolte qui s'annonce record, selon les dernières prévisions de la Bourse aux céréales de la capitale."Ça va être clé pour le redressement du pays (...) Comme d'autres pays ont du pétrole, l'Argentine dépend de sa production agricole, c'est sa principale source de devises, quel que soit le gouvernement", explique à l'AFP ce producteur de 53 ans qui cultive 6.000 hectares et emploie 10 personnes dans les environs de San Antonio de Areco, à 120 km au nord-ouest de Buenos Aires.L'Argentine est secouée depuis cette année par une crise économique qui l'a contrainte à solliciter l'aide du Fonds monétaire international et un prêt de 56 milliards de dollars. Après les avoir levés, le gouvernement de centre-droit de Mauricio Macri, auquel le secteur agricole est plutôt acquis, a dû rétablir des taxes à l'exportation, de l'ordre de 10%, pour remplir les caisses de l'Etat.Si quelques dents ont grincé du côté des agriculteurs, déjà lourdement taxés sous les gouvernements de gauche précédents, Federico Zerboni estime que la mesure est plutôt bien vécue dans la profession. "On n'y voit pas une discrimination pour le secteur, comme c'était le cas avant. (...) Cela revient à donner un coup de main. Ça ne sert à rien d'être un secteur qui marche bien dans un pays qui s'écroule", fait-il valoir. "C'est un impôt que nous appelons distorsif, car ce n'est pas un impôt sur les bénéfices, mais sur les revenus. C'est-à-dire que tu continues de payer, même quand tu perds de l'argent", relativise de son côté Gustavo Grobocopatel, géant du secteur à la tête de la multinationale agro-industrielle Los Grobo et surnommé "le roi du soja", depuis son bureau de Buenos Aires.Un peu plus loin sur ses terres, Federico Zerboni désigne un silo horizontal, où des grains sont stockés dans un sac blanc en plastique géant: "c'est ma banque"."Notre outil pour nous protéger face à la volatilité du dollar, c'est de garder le produit. Alors que souvent le pays, qui a besoin de faire rentrer des dollars dans l'économie, se plaint que le producteur ne vende pas", explique-t-il.La crise monétaire survenue fin août et début septembre a accéléré la hausse des prix. Depuis janvier, le peso s'est effondré de 50% face au dollar, stimulant l'inflation. En échange du financement, Buenos Aires a conclu avec le FMI un accord prévoyant une maîtrise de la masse monétaire, des taux d'intérêt très élevés (au dessus de 60%) et un encadrement du taux de change, entre 34 et 44 pesos pour un dollar. "Les résultats du secteur agricole a un effet sur le reste de l'économie. On ne le sent pas tellement dans la capitale et sa région mais dans l'intérieur du pays", explique l'économiste Rodolfo Santangelo, du cabinet Macroview, qui souligne la "dépendance de l'Argentine vis-à-vis de son agriculture", laquelle représente 50% des entrées des devises pour ce pays.Mais si les représentants de ce secteur disent comprendre les mesures prises par le gouvernement du président Macri, les taux d'intérêt si élevés ne seront pas, selon eux, supportables très longtemps. "On comprend que les dernières mesures prises par le gouvernement lors du dernier plan monétaire, sont raisonnables pour stabiliser le type de change (...) mais les conséquences de ces mesures nous inquiètent", relève Gustavo Idigoras, président de la Chambre des exportations de céréales (CEC)."Il est indispensable que le gouvernement revienne le plus rapidement possible sur ces mesures. Sinon, les niveaux d'investissement en Argentine l'année prochaine vont être très bas", prévient-il.