Face aux cris de détresse des hôpitaux et des médecins généralistes, le Premier ministre flamand Jan Jambon (N-VA) souhaite que le Comité de concertation (codeco) se réunisse à nouveau rapidement. Un codeco se tiendra à nouveau ce vendredi à 9 heures, pile une semaine après le dernier en date.

Pour soulager la pression sur le secteur des soins, Jan Jambon stime que des mesures supplémentaires sont nécessaires. Le chef du gouvernement flamand préconise une interdiction temporaire des activités de loisirs en intérieur jusqu'au 15 décembre. Cela inclut les pièces de théâtre, les concerts, les camps de jeunes et d'autres activités qui ne relèvent pas de l'industrie hôtelière ou de la sphère privée.

Pour Jambon, "Les images des hôpitaux sont difficilement compatibles avec celles d'un Sportpaleis plein."

Il n'est pas le seul à le penser, le ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) a clairement indiqué lui aussi à quel point la situation est grave. Il a appelé à un "paquet de mesures large et cohérent" pour, entre autres, le secteur de la culture et des événements, l'éducation, et les activités de jeunesse.

Le ministre de la Santé veut aller plus loin a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse hier. "Nous devons réexaminer de manière critique toutes les activités intérieures qui ne sont pas strictement nécessaires". Tout à coup, c'est tout le secteur du divertissement qui est dans le collimateur. L'objectif ce cette mise en veilleuse temporaire étant de "célébrer Noël aussi normalement que possible."

Un virage à 360 degrés

Le virage à 360 degrés de Jan Jambon est étonnant. Pas plus tard que la semaine dernière, le chef du gouvernement flamand plaidait encore en faveur d'un léger assouplissement des règles dans le domaine de la culture, secteur qu'il veut maintenant freiner. Mardi, il a même demandé que les chorales et les groupes de musique puissent répéter à nouveau à l'intérieur. Or, celles-ci relèvent des rassemblements privés et sont donc interdites.

Selon Jambon, une fermeture du secteur culturel est soudainement à l'ordre du jour afin de "préserver les soins de santé, l'éducation et l'économie". Bien qu'il n'ait pas l'intention de tout restreindre : les musées peuvent rester ouverts et les foires, entre autres, peuvent encore se tenir.

"Faisons preuve d'un peu de constance"

Ses déclarations ont suscité des critiques au Nord du pays: "Je ne dis pas que réunir maintenant un comité de concertation n'est pas possible mais il y a aussi d'autres instruments. Annoncer qu'un secteur doit fermer, sans concertation, suscite beaucoup de réactions de colère. Je ne trouve pas que ce soit la meilleure sortie de Jan Jambon pour demander des mesures", a expliqué le président de l'OpenVLD Egbert Lachaert sur les ondes de Radio 1 (VRT).

Fermeture à 20h dans l'horeca, les écoles fermées

"Faisons preuve d'un peu de constance. On ne peut pas tenir un comité de concertation tous les trois jours", a-t-il ajouté. Selon lui, d'autres instances que le comité de concertation peuvent prendre des mesures, par exemple les bourgmestres qui peuvent se concerter avec les organisateurs d'événements ou interdire des événements.

De nouvelles mesures pourraient encore être prises dans d'autres secteurs. Selon le rapport du GEMS, il est préconisé une heure de fermeture plus précoce pour le secteur de l'horeca, 20 heures à la place de 23 heures actuellement.

En Flandre, le tabou des fermetures d'écoles est petit à petit levé. Sur Bel-RTL ce jeudi matin, Frank Vandenbroucke a parlé de"chaos"dans les écoles flamandes. Du côté francophone, des signaux inquiétants apparaissent également.

SudInfo a eu accès au rapport préliminaire du GEMS. La fermeture totale des écoles primaires et maternelles 10 jours avant les vacances serait avancée. Pour l'enseignement secondaire : un jour par semaine en présentiel, le reste en distanciel. Le rapport conseille aussi un retour de la bulle de contact, qui serait réduite à 5.

Un coup de massue financier

Ce retournement de veste vaut à Jambon des critiques acerbes de la part du secteur de l'événementiel et de la culture qui ont déjà fortement trinqué ces derniers mois.

Exemple parmi d'autres : le régisseur Stany Crets déclare sa colère dans le quotidien flamand De Morgen. Il en a assez et appelle même dans un Tweet à la démission du Premier ministre flamand et reste décidé à ne pas déprogrammer ses shows.

"Nous avons investi des centaines de milliers, voire des millions d'euros, dans nos productions la semaine dernière. Il est clair que Jambon est complètement déconnecté du terrain."

Dimanche, son spectacle Winterrevue doit être présenté en première au théâtre Elckerlyc à Anvers. La semaine suivante, c'est au tour de sa comédie musicale The Sound Of Music d'être présentée au Stadsschouwburg d'Anvers. Les deux grosses productions étaient normalement planifiées l'hiver passé et ont déjà été reportées.

"C'est la énième fois que nous nous y accrochons", déclare le régisseur au Morgen. "Je sais que j'ai réagi de manière très émotionnelle sur Twitter, mais je suis vraiment en colère. Que ce soit clair : j'ai beaucoup de respect pour les soins. Mais nous savions il y a quinze jours que les chiffres étaient mauvais, non ? Alors pourquoi le gouvernement n'intervient-il pas, mais en attendant que nous ayons réalisé tous ces investissements ?"

Les conséquences de ces décisions sont un réel coup de massue financier. Pour ce régisseur mais aussi pour tout le secteur culturel. Après que le gouvernement a donné son feu vert la semaine dernière, Crets a fait passer les productions à la vitesse supérieure. "Nous avons investi une énorme quantité d'argent dans l'ensemble de la pyramide. Du sommet, où se trouvent les acteurs, à toutes les autres couches, il suffit de penser à la construction des décors, aux techniciens et même aux madames-pipi. Nous parlons de coûts très lourds, je parle de centaines de milliers à des millions d'euros. Le fait que Jambon ait soudainement décidé de tout supprimer est un pas trop loin pour nous."

Face aux cris de détresse des hôpitaux et des médecins généralistes, le Premier ministre flamand Jan Jambon (N-VA) souhaite que le Comité de concertation (codeco) se réunisse à nouveau rapidement. Un codeco se tiendra à nouveau ce vendredi à 9 heures, pile une semaine après le dernier en date. Pour soulager la pression sur le secteur des soins, Jan Jambon stime que des mesures supplémentaires sont nécessaires. Le chef du gouvernement flamand préconise une interdiction temporaire des activités de loisirs en intérieur jusqu'au 15 décembre. Cela inclut les pièces de théâtre, les concerts, les camps de jeunes et d'autres activités qui ne relèvent pas de l'industrie hôtelière ou de la sphère privée.Pour Jambon, "Les images des hôpitaux sont difficilement compatibles avec celles d'un Sportpaleis plein." Il n'est pas le seul à le penser, le ministre fédéral de la Santé publique Frank Vandenbroucke (Vooruit) a clairement indiqué lui aussi à quel point la situation est grave. Il a appelé à un "paquet de mesures large et cohérent" pour, entre autres, le secteur de la culture et des événements, l'éducation, et les activités de jeunesse.Le ministre de la Santé veut aller plus loin a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse hier. "Nous devons réexaminer de manière critique toutes les activités intérieures qui ne sont pas strictement nécessaires". Tout à coup, c'est tout le secteur du divertissement qui est dans le collimateur. L'objectif ce cette mise en veilleuse temporaire étant de "célébrer Noël aussi normalement que possible." Le virage à 360 degrés de Jan Jambon est étonnant. Pas plus tard que la semaine dernière, le chef du gouvernement flamand plaidait encore en faveur d'un léger assouplissement des règles dans le domaine de la culture, secteur qu'il veut maintenant freiner. Mardi, il a même demandé que les chorales et les groupes de musique puissent répéter à nouveau à l'intérieur. Or, celles-ci relèvent des rassemblements privés et sont donc interdites. Selon Jambon, une fermeture du secteur culturel est soudainement à l'ordre du jour afin de "préserver les soins de santé, l'éducation et l'économie". Bien qu'il n'ait pas l'intention de tout restreindre : les musées peuvent rester ouverts et les foires, entre autres, peuvent encore se tenir.Ses déclarations ont suscité des critiques au Nord du pays: "Je ne dis pas que réunir maintenant un comité de concertation n'est pas possible mais il y a aussi d'autres instruments. Annoncer qu'un secteur doit fermer, sans concertation, suscite beaucoup de réactions de colère. Je ne trouve pas que ce soit la meilleure sortie de Jan Jambon pour demander des mesures", a expliqué le président de l'OpenVLD Egbert Lachaert sur les ondes de Radio 1 (VRT)."Faisons preuve d'un peu de constance. On ne peut pas tenir un comité de concertation tous les trois jours", a-t-il ajouté. Selon lui, d'autres instances que le comité de concertation peuvent prendre des mesures, par exemple les bourgmestres qui peuvent se concerter avec les organisateurs d'événements ou interdire des événements.De nouvelles mesures pourraient encore être prises dans d'autres secteurs. Selon le rapport du GEMS, il est préconisé une heure de fermeture plus précoce pour le secteur de l'horeca, 20 heures à la place de 23 heures actuellement.En Flandre, le tabou des fermetures d'écoles est petit à petit levé. Sur Bel-RTL ce jeudi matin, Frank Vandenbroucke a parlé de"chaos"dans les écoles flamandes. Du côté francophone, des signaux inquiétants apparaissent également. SudInfo a eu accès au rapport préliminaire du GEMS. La fermeture totale des écoles primaires et maternelles 10 jours avant les vacances serait avancée. Pour l'enseignement secondaire : un jour par semaine en présentiel, le reste en distanciel. Le rapport conseille aussi un retour de la bulle de contact, qui serait réduite à 5. Ce retournement de veste vaut à Jambon des critiques acerbes de la part du secteur de l'événementiel et de la culture qui ont déjà fortement trinqué ces derniers mois. Exemple parmi d'autres : le régisseur Stany Crets déclare sa colère dans le quotidien flamand De Morgen. Il en a assez et appelle même dans un Tweet à la démission du Premier ministre flamand et reste décidé à ne pas déprogrammer ses shows. "Nous avons investi des centaines de milliers, voire des millions d'euros, dans nos productions la semaine dernière. Il est clair que Jambon est complètement déconnecté du terrain."Dimanche, son spectacle Winterrevue doit être présenté en première au théâtre Elckerlyc à Anvers. La semaine suivante, c'est au tour de sa comédie musicale The Sound Of Music d'être présentée au Stadsschouwburg d'Anvers. Les deux grosses productions étaient normalement planifiées l'hiver passé et ont déjà été reportées. "C'est la énième fois que nous nous y accrochons", déclare le régisseur au Morgen. "Je sais que j'ai réagi de manière très émotionnelle sur Twitter, mais je suis vraiment en colère. Que ce soit clair : j'ai beaucoup de respect pour les soins. Mais nous savions il y a quinze jours que les chiffres étaient mauvais, non ? Alors pourquoi le gouvernement n'intervient-il pas, mais en attendant que nous ayons réalisé tous ces investissements ?"Les conséquences de ces décisions sont un réel coup de massue financier. Pour ce régisseur mais aussi pour tout le secteur culturel. Après que le gouvernement a donné son feu vert la semaine dernière, Crets a fait passer les productions à la vitesse supérieure. "Nous avons investi une énorme quantité d'argent dans l'ensemble de la pyramide. Du sommet, où se trouvent les acteurs, à toutes les autres couches, il suffit de penser à la construction des décors, aux techniciens et même aux madames-pipi. Nous parlons de coûts très lourds, je parle de centaines de milliers à des millions d'euros. Le fait que Jambon ait soudainement décidé de tout supprimer est un pas trop loin pour nous."