Alors que les députés britanniques votent lundi sur des alternatives au plan de la Première ministre Theresa May, voici un petit glossaire du Brexit:

Brexit...

Contraction de deux mots, "British" et "Exit", soit "sortie" et "britannique", il désigne le retrait du Royaume-Uni de l'UE. Ce mot valise a été copié sur le "Grexit", apparu en 2012 pour évoquer le risque d'exclusion de la zone euro de la Grèce.

... dur, mou, doux ou "no deal"?

Un Brexit "dur" verrait une rupture nette des liens avec l'Union européenne, avec un accord commercial a minima, voire pas d'accord du tout. Cette dernière option, le "no deal", redouté par les milieux économiques, entraînerait un retour des formalités douanières.

Avec un Brexit "mou", Londres maintiendrait une partie des liens de l'union douanière ou du marché unique. Le "doux" correspondrait à une sortie ordonnée et préparée.

Article 50

Introduit par le Traité de Lisbonne, l'article 50 stipule que "tout État membre peut décider conformément à ses règles constitutionnelles de se retirer de l'Union". Le Royaume-Uni est le premier pays à en avoir fait usage, le 29 mars 2017.

Traité de retrait

C'est l'accord de divorce signé fin novembre 2018 entre le gouvernement britannique et l'UE mais rejeté à trois reprises par les députés britanniques. Il règle trois questions principales: s'assurer que Londres paye bien sa part du budget européen déjà engagé; préserver la situation des 5 millions d'expatriés européens et britanniques après le Brexit; préserver les accords de paix en Irlande du Nord en évitant le retour d'une frontière physique avec la République d'Irlande.

Déclaration politique

Jointe au Traité de retrait, elle dessine les contours de la future relation en matière commerciale, de sécurité et de défense que l'UE et le Royaume-Uni souhaitent bâtir après le Brexit. Cette relation devra être "la plus proche possible", selon le texte.

Période de transition

Si le Traité de retrait est voté, Londres et Bruxelles ont prévu une période de transition jusqu'au 31 décembre 2020 pendant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes et d'en bénéficier. Ils verseront leur contribution financière mais sans siéger dans les institutions ni participer aux décisions.

Votes indicatifs

Destinés à explorer des alternatives au plan de Theresa May, ces votes indicatifs au parlement ne sont pas contraignants pour le gouvernement. Certaines des options formulées par les députés dessinent un Brexit plus "doux" que celui souhaité par la Première ministre, qui a prévenu qu'elle pourrait s'y opposer.

BOBs et Brino

Deux acronymes très en vogue: Les Bobs sont les (nombreux) Britanniques qui sont las de près de trois ans de débat sur les mêmes thèmes, les Bored of Brexit (Fatigués du Brexit). Quant à Brino, c'est le BRexit In Name Only (Brexit qui n'en a que le nom), ou faux Brexit, un acronyme inventé par les partisans d'un Brexit "dur" qui soupçonnent Theresa May d'en vouloir un "mou".

Marché unique

Il permet aux personnes, aux biens, aux services et aux capitaux de circuler librement dans l'ensemble des États membres de l'UE. Theresa May a exclu de continuer à en faire partie pour limiter l'immigration européenne.

Union douanière

Elle compte les 28 États de l'UE - avec le Royaume-Uni - plus la Turquie, Andorre, Monaco et Saint-Marin. Ses membres ont aboli les droits de douane et les restrictions au commerce et adopté une politique commerciale commune vis-à-vis des pays tiers et des droits de douane communs. Theresa May souhaite en sortir pour pouvoir signer ses propres accords bilatéraux.

Backstop ou filet de sécurité

Ce dispositif du Traité de retrait prévu pour éviter le retour d'une frontière entre les deux Irlande concentre les critiques. Censé n'entrer en vigueur qu'en dernier recours, il prévoit une union douanière entre le Royaume-Uni et l'UE, avec en sus, pour la province britannique d'Irlande du Nord, un alignement sur certaines réglementations européennes en matière sanitaire et de taxes.