Depuis 2002, un programme de biomonitoring quantifie, via des analyses de sang et d'urine, le degré d'exposition des habitants de Flandre à différents polluants véhiculés par l'environnement.
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Depuis 2002, un programme de biomonitoring quantifie, via des analyses de sang et d'urine, le degré d'exposition des habitants de Flandre à différents polluants véhiculés par l'environnement. La quatrième campagne du genre confirme ce que le bon sens suggérait déjà. Il existe bien une corrélation entre l'interdit jeté sur une substance et sa concentration dans le corps humain. Tel le plomb banni depuis un moment déjà des essences, des jouets ou de l'électronique. De nouvelles substances ont également été analysées dans cette étude menée auprès de 428 jeunes de 14-15 ans. Tel le glyphosate, dont l'usage et la vente sont interdits aux non-professionnels en Flandre depuis octobre 2018. Cet herbicide a été retrouvé chez 42% des participants et l'AMPA, un des principaux produits de sa dégradation, chez 56%. Considéré comme perturbateur endocrinien, le bisphénol A, présent chez 86% des participants à l'étude, ne peut plus depuis un moment déjà, entrer dans la confection de biberons. Son usage est en outre strictement réglementé pour les matériaux en contact avec des denrées alimentaires et interdit lorsque ces aliments sont destinés à des enfants de moins de trois ans. Les bisphénols formant une grande famille, des substituts n'ont pas été difficiles à trouver. Les principaux d'entre eux sont le bisphénol S et le bisphénol F, respectivement présents dans 97% et 83% des échantillons prélevés. Leur toxicité n'est pas encore bien connue, se borne à relever prudemment l'étude qui constate également, une augmentation de la concentration en acide muconique. Traditionnellement utilisé pour quantifier l'exposition au benzène, ce marqueur a entamé depuis 2017 une remontée qui laisse les enquêteurs perplexes mais qui pourrait trouver son origine dans une pollution accrue des espaces confinés, la voiture ou la maison, par exemple.