Avec le recul, le choc encouru durant le confinement devient plus précis. Durant la première moitié de l'année, l'économie de la zone euro a connu une perte de 15% de son activité économique par rapport à la fin 2019, et ce malgré le rebond de l'activité en mai et en juin à la faveur des mesures de déconfinement. Ce rebond semble s'être poursuivi en juillet. En août, par contre, le mouvement semble s'essouffler alors même que le niveau d'activité est encore loin du compte. Pour les prochains mois, l'incertitude domine.
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Avec le recul, le choc encouru durant le confinement devient plus précis. Durant la première moitié de l'année, l'économie de la zone euro a connu une perte de 15% de son activité économique par rapport à la fin 2019, et ce malgré le rebond de l'activité en mai et en juin à la faveur des mesures de déconfinement. Ce rebond semble s'être poursuivi en juillet. En août, par contre, le mouvement semble s'essouffler alors même que le niveau d'activité est encore loin du compte. Pour les prochains mois, l'incertitude domine. Si le choc économique a été plutôt similaire entre les économies de la zone euro (le confinement a duré six à sept semaines), l'évolution des économies au-delà du rebond initial semble présenter quelques premiers signes de divergence. Cela s'explique d'abord par la recrudescence très hétérogène du nombre de cas de Covid, qui oblige certains pays à de nouveaux confinements alors que d'autres s'en sortent plutôt bien. Par ailleurs, les pays de la zone euro ont connu une saison estivale très variable au niveau de leur secteur touristique. Dans les prochains mois, un autre élément de divergence pourrait intervenir. Puisqu'il est temps de penser à une stratégie de relance économique dans ce contexte toujours très fragile, l'efficacité des mesures prises et les moyens mis sur la table seront des éléments déterminants de la vitesse de reprise des différentes économies. Or, dans ce domaine, on risque de voir pas mal de divergences entre un pays comme l'Allemagne, qui a développé très vite une stratégie claire de relance (baisse de la TVA, mesures d'incitation à la consommation, etc.) et qui en a surtout les moyens grâce à des finances publiques très saines avant la crise, et les pays du sud de la zone euro, englués tant dans des difficultés politiques que dans un endettement préoccupant. Il va sans dire que la Belgique doit probablement être davantage associée à ce deuxième groupe. Recrudescence du nombre de cas, spécificités sectorielles et efficacité publique entraîneront probablement une divergence des performances économiques plus clairement visible en 2021. Ceci n'est pas sans rappeler les débuts de la crise de la zone euro en 2010, lorsque la divergence dans la reprise économique et l'état des finances publiques était apparue au grand jour, provoquant la méfiance des investisseurs par rapport à certains pays et à la capacité de la zone euro de gérer le problème. Cette méfiance s'était alors traduite par un manque de demande pour les obligations de certains pays, et un coût de financement fortement à la hausse. Aujourd'hui, la situation est différente, tout d'abord parce qu'un plan de relance européen existe et entend limiter la divergence économique. De plus, la Banque centrale européenne (BCE) "cadenasse" le marché obligataire de manière à assurer un coût de financement faible à tous les Etats. Aucun investisseur n'ayant envie de défier la BCE sur sa capacité à atteindre son objectif, le marché obligataire demeure très calme : malgré la divergence qui se profile, les primes de risques associées aux Etats de la zone euro restent orientées à la baisse. Tout est donc sous contrôle pour le moment, mais on en reparlera inévitablement en 2021, lorsque la divergence sera plus prononcée. Et, surtout, lorsque le plan d'achats d'actifs élaboré par la BCE et qui sert justement à cadenasser le marché, prévu jusque juin 2021, devra être prolongé ou étendu.