"Depuis des années, nous donnons sans recevoir, ou nous recevons moins que ce qui nous reviendrait, des années que nous sommes totalement ignorés sur la question des migrants, par exemple. Tout le poids est sur nous, et, comme si ça ne suffisait pas, ils nous font la morale. Ça ne va pas comme ça, c'est trop facile", a ainsi réagi mercredi sur Facebook le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisytème). "Nous irons en Europe et nous discuterons avec responsabilité, pour construire et non pas pour détruire. Mais c'est pénible de voir que chaque jour on trouve une autre raison pour parler mal de l'Italie et de ce gouvernement", a-t-il ajouté.

Son alter ego au sein du gouvernement, Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite) et également vice-Premier ministre, a dénoncé de son côté les précédentes politiques d'austérité qui ont entraîné, selon lui, une "hausse de la dette, de la pauvreté". "La seule manière de réduire la dette créée dans le passé est de réduire les impôts et de permettre aux Italiens de travailler davantage et mieux", a-t-il assuré dans un communiqué.

"Les coupes, les sanctions et l'austérité ont fait augmenter la dette, la pauvreté, la précarité et le chômage, nous devons faire le contraire", a poursuivi M. Salvini, actuellement l'homme fort du gouvernement après son succès aux européennes où la Ligue a remporté plus de 34% des voix.

'Pas l'argent des autres'

"Nous ne demandons pas de l'argent aux autres, nous voulons seulement investir dans l'emploi, la croissance, la recherche et les infrastructures. Je suis convaincu que Bruxelles respectera cette volonté", a conclu M. Salvini.

Le chef du gouvernement italien, qui s'efforce depuis un an de faire la synthèse entre les deux forces politiques de la coalition, à couteaux tirés ces dernières semaines, a assuré de son côté vouloir "poursuivre un dialogue constructif" avec la Commission.

Le gouvernement "espère la poursuite d'un dialogue constructif" avec la Commission, a déclaré Giuseppe Conte, réaffirmant l'objectif de réduction du déficit public italien à 1,5% du PIB en 2022.

Pour Luigi Di Maio, toute la faute pour cette éventuelle procédure est à imputer au précédent gouvernement dirigé par le Parti démocrate (PD, centre-gauche). "Maintenant on parle beaucoup de cette possible procédure d'infraction et savez-vous ce qu'elle concerne. Elle concerne la dette produite par le PD en 2017 et 2018", a-t-il assuré.

La Commission n'a mentionné que la dette accumulée l'an dernier et le gouvernement formé par le M5S et la Ligue (extrême droite) est arrivé au pouvoir le 1er juin 2018. "Il est inconcevable qu'un pays avec 6 millions de chômeurs et des milliers d'entreprises qui produisent moins que leur potentiel soit crucifié parce qu'il veut investir dans la croissance, l'emploi et la réduction des impôts", a insisté M. Di Maio.

L'ouverture d'une procédure pour déficit excessif ne sera effective qu'au terme d'un processus complexe nécessitant l'approbation des autres Etats membres.