"Ce que l'on fait est historique. Je suis né en 1986 et j'ai toujours vécu dans un pays qui réduisait ses investissements publics. Pour la première fois, il y a un point d'inflexion." Thomas Dermine (PS), secrétaire d'Etat fédéral à la relance et aux investissements publics, était particulièrement heureux de présenter le résultat du conclave budgétaire 2022: un milliard d'investissements publics qui s'ajoute au programme européen déjà présenté en avril, de même qu'un programme d'accompagnement visant à rénover le patrimoine de l'Etat. En tout, le montant total des investissements publics s'élèvera à 2,6 milliards sur la législature.

"Il s'agit d'un plan unique", insiste le secrétaire d'Etat. Thomas Dermine adopte des tonalités "écosocialistes" pour présenter l'ensemble, en phase avec la nouvelle ligne du PS imprimée par son président, Paul Magnette. Il coupe l'herbe sous le pied de ceux qui estiment le montant d'un milliard en nette réduction par rapport aux 3,3 milliards de projets présentés par les différents cabinets. Après avoir développé les axes concrets d'investissements, le Carolo met en exergue la nécessité "d'investir mieux", avec un contrôle approfondi des deniers qui seront dépensés.

"Vers une société décarbonée"

Des accents "écosocialistes"? "Le message le plus important, entame Thomas Dermine, c'est que ces investissements publics représentent la façon la plus solidaire de réussir la transition vers une société décarbonée." Si l'on veut réussi unr réduction des émissions de CO2 à 55% comme le prévoient les accords de Paris, 50% des efforts viendront de meilleurs comportements individuels, "mais les 50 restants doivent venir de la sphère publique".

"L'obstacle n'est pas insurmontable", insiste Thomas Dermine. En soulignant combien l'humanité à pu, à plusieurs reprises, mener à bien une transition d'ampleur: ce fut le cas lors de la révolution industrielle avec le charbon, puis après la second guerre mondiale avec le pétrole". "La transition que l'on doit réussir est de la même nature que les précédentes", insiste-t-il. Il s'agit de rénover et renouveler les réseaux d'énergie, les canaux de la mobilité, d'adapter l'énergie consommée par nos bâtiments.

Réinvestir après des années perdues

Le plan d'investissements publics post-Covid est un "point d'inflexion", prolonge le secrétaire d'Etat. Qui n'hésite pas à critiquer au passage, ouvertement ou entre les lignes, les années Martens-Gol et la Suédoise de Charles Michel, deux époques où les socialistes étaient dans l'opposition.

"Dans les années 1960-70, les investissements publics s'élevaient à plus de 4% du PIB, souligne le wonder boy du gouvernement De Croo. Depuis le début des années 1980, cette part a sensiblement reculé." Le gouvernement Martens-Gol a marqué un tournant. La baisse des dépenses publiques fut liée à une domination d'un libéralisme plus marqué, mais a aussi été imposée par la déterioration des finances publiques, oublie-t-il de rappeler.

La Belgique affiche un retard structurel en matière d'investissement public par rapport aux pays voisins et à la moyenne européenne, souligne encore Thomas Dermine. Les sommes dégagées depuis vingt ans, singulièrement depuis 2014 et la Suédoise de Charles Michel, ne permettait pas le renouvellement nécessaire des infrastructures et surtout, à ce rythme, les objectifs des accords de Paris en matière de limitation des émissions de CO2 étaient intenables. Ecologie et socialisme, même combat!

Le secrétaire d'Etat insiste aussi, mais moins lourdement, sur l'effet démutiplicateur de ces investisseements sur l'économie en général. Dans la procédure d'attribution des marchés, une attention particulière sera donnée à la possibilité de choisir des entreprises belges.

Cinq axes prioritaires

Au sujet des montants, le secrétaire d'Etat insiste: le fédéral prend plus que la part qui était prévue dans le plan d'investissements belges, soit plus de 18%: le montant est de 2,6 milliards au lieu des 2,4 milliards nécessaires. Quant au milliard dégagé dans le conclave, il n'est pas déçevant: il s'agit d'un choix des meilleurs projets parmi les 3,3 milliards présentés par les différents cabinets ministériels. Du moins explique-t-il de la sorte cette réduction.

Pas moins de douze axes sont prévus pour la répartition de ces moyens.

- 351 millions d'euros iront à la rénovation des bâtiments: à l'annonce déjà faite de la remise en ordre du patrimoine historique (Palais de justice, Cour des comptes, Cinquantenaire) s'ajoute un montant de 150 millions pour la rénovation énergétique du parc de la Régie des bâtiments.

- 279 millions sont prévus pour les technologies émergentes dans le domaine de l'énergie, dont un grand volet consacré à l'hydrogène pour la mobilité et un un autre pour l'énergie éolienne off-shore.

- 493 millions sont prévus pour la digitalisation de l'administration publique: suivi de la qualité des soins, digitalisation des pensions, douane numérique...

- 218 millions concernent des initiatives visant à mettre notre pays au niveau en matière de cybersécurité.

- 58 millions d'euros sont dégagés pour accompagner la mise en oeuvre de la 5G, mais aussi pour entamer des recherches en vu de la 6G - alors que notre pays a toujours été à la traîne.

- 615 millions seront consacrés au transfert modal dans le domaine des transports, tant sur le plan des marchandises (avec un meilleur lien vers les ports du pays) que pour les passagers (amélioration de la ligne Bruxelles-Lucxembourg).

- 32 millions sont consacrés à des déductions fiscales pour verdir le transport routier.

- 31 millions aux infrastructures cyclables.

- 247 millions au soutien des grouples les plus vulnérables, notamment l'inclusion numérique, la remise au travail des détenus ou des solutions de logement pour les jeunes dans les grandes villes.

- 41 millions concerne la résilience face aux situations de crise: ce volet, nouveau, s'est ajouté suite à la pandémie et aux inondations en Wallonie, pour mette en place de meilleurs outils de prévision et de gestion des crises.

- 182 millions soutiendront l'activité économique: médecine nucléaire, secteur aréronautique et spatial, minimisation des déchets nucléaires...

- 29 millions viennent en soutien de l'économie circulaire.

"Ce que l'on fait est historique. Je suis né en 1986 et j'ai toujours vécu dans un pays qui réduisait ses investissements publics. Pour la première fois, il y a un point d'inflexion." Thomas Dermine (PS), secrétaire d'Etat fédéral à la relance et aux investissements publics, était particulièrement heureux de présenter le résultat du conclave budgétaire 2022: un milliard d'investissements publics qui s'ajoute au programme européen déjà présenté en avril, de même qu'un programme d'accompagnement visant à rénover le patrimoine de l'Etat. En tout, le montant total des investissements publics s'élèvera à 2,6 milliards sur la législature."Il s'agit d'un plan unique", insiste le secrétaire d'Etat. Thomas Dermine adopte des tonalités "écosocialistes" pour présenter l'ensemble, en phase avec la nouvelle ligne du PS imprimée par son président, Paul Magnette. Il coupe l'herbe sous le pied de ceux qui estiment le montant d'un milliard en nette réduction par rapport aux 3,3 milliards de projets présentés par les différents cabinets. Après avoir développé les axes concrets d'investissements, le Carolo met en exergue la nécessité "d'investir mieux", avec un contrôle approfondi des deniers qui seront dépensés.Des accents "écosocialistes"? "Le message le plus important, entame Thomas Dermine, c'est que ces investissements publics représentent la façon la plus solidaire de réussir la transition vers une société décarbonée." Si l'on veut réussi unr réduction des émissions de CO2 à 55% comme le prévoient les accords de Paris, 50% des efforts viendront de meilleurs comportements individuels, "mais les 50 restants doivent venir de la sphère publique"."L'obstacle n'est pas insurmontable", insiste Thomas Dermine. En soulignant combien l'humanité à pu, à plusieurs reprises, mener à bien une transition d'ampleur: ce fut le cas lors de la révolution industrielle avec le charbon, puis après la second guerre mondiale avec le pétrole". "La transition que l'on doit réussir est de la même nature que les précédentes", insiste-t-il. Il s'agit de rénover et renouveler les réseaux d'énergie, les canaux de la mobilité, d'adapter l'énergie consommée par nos bâtiments.Le plan d'investissements publics post-Covid est un "point d'inflexion", prolonge le secrétaire d'Etat. Qui n'hésite pas à critiquer au passage, ouvertement ou entre les lignes, les années Martens-Gol et la Suédoise de Charles Michel, deux époques où les socialistes étaient dans l'opposition."Dans les années 1960-70, les investissements publics s'élevaient à plus de 4% du PIB, souligne le wonder boy du gouvernement De Croo. Depuis le début des années 1980, cette part a sensiblement reculé." Le gouvernement Martens-Gol a marqué un tournant. La baisse des dépenses publiques fut liée à une domination d'un libéralisme plus marqué, mais a aussi été imposée par la déterioration des finances publiques, oublie-t-il de rappeler.La Belgique affiche un retard structurel en matière d'investissement public par rapport aux pays voisins et à la moyenne européenne, souligne encore Thomas Dermine. Les sommes dégagées depuis vingt ans, singulièrement depuis 2014 et la Suédoise de Charles Michel, ne permettait pas le renouvellement nécessaire des infrastructures et surtout, à ce rythme, les objectifs des accords de Paris en matière de limitation des émissions de CO2 étaient intenables. Ecologie et socialisme, même combat!Le secrétaire d'Etat insiste aussi, mais moins lourdement, sur l'effet démutiplicateur de ces investisseements sur l'économie en général. Dans la procédure d'attribution des marchés, une attention particulière sera donnée à la possibilité de choisir des entreprises belges.Au sujet des montants, le secrétaire d'Etat insiste: le fédéral prend plus que la part qui était prévue dans le plan d'investissements belges, soit plus de 18%: le montant est de 2,6 milliards au lieu des 2,4 milliards nécessaires. Quant au milliard dégagé dans le conclave, il n'est pas déçevant: il s'agit d'un choix des meilleurs projets parmi les 3,3 milliards présentés par les différents cabinets ministériels. Du moins explique-t-il de la sorte cette réduction.Pas moins de douze axes sont prévus pour la répartition de ces moyens.- 351 millions d'euros iront à la rénovation des bâtiments: à l'annonce déjà faite de la remise en ordre du patrimoine historique (Palais de justice, Cour des comptes, Cinquantenaire) s'ajoute un montant de 150 millions pour la rénovation énergétique du parc de la Régie des bâtiments.- 279 millions sont prévus pour les technologies émergentes dans le domaine de l'énergie, dont un grand volet consacré à l'hydrogène pour la mobilité et un un autre pour l'énergie éolienne off-shore.- 493 millions sont prévus pour la digitalisation de l'administration publique: suivi de la qualité des soins, digitalisation des pensions, douane numérique...- 218 millions concernent des initiatives visant à mettre notre pays au niveau en matière de cybersécurité.- 58 millions d'euros sont dégagés pour accompagner la mise en oeuvre de la 5G, mais aussi pour entamer des recherches en vu de la 6G - alors que notre pays a toujours été à la traîne.- 615 millions seront consacrés au transfert modal dans le domaine des transports, tant sur le plan des marchandises (avec un meilleur lien vers les ports du pays) que pour les passagers (amélioration de la ligne Bruxelles-Lucxembourg).- 32 millions sont consacrés à des déductions fiscales pour verdir le transport routier. - 31 millions aux infrastructures cyclables.- 247 millions au soutien des grouples les plus vulnérables, notamment l'inclusion numérique, la remise au travail des détenus ou des solutions de logement pour les jeunes dans les grandes villes.- 41 millions concerne la résilience face aux situations de crise: ce volet, nouveau, s'est ajouté suite à la pandémie et aux inondations en Wallonie, pour mette en place de meilleurs outils de prévision et de gestion des crises.- 182 millions soutiendront l'activité économique: médecine nucléaire, secteur aréronautique et spatial, minimisation des déchets nucléaires...- 29 millions viennent en soutien de l'économie circulaire.