De nombreux Etats européens, dont la Belgique, ont pris des mesures pour freiner la hausse des tarifs des carburants. Selon l'ONG européenne Transport&Environment (T&E), elles représentent un montant total de 8,622 milliards d'euros, dont 520 millions pour la Belgique ou 3 milliards d'euros pour la France. La moitié des États (14 sur 27) de l'UE ont réduit le...

De nombreux Etats européens, dont la Belgique, ont pris des mesures pour freiner la hausse des tarifs des carburants. Selon l'ONG européenne Transport&Environment (T&E), elles représentent un montant total de 8,622 milliards d'euros, dont 520 millions pour la Belgique ou 3 milliards d'euros pour la France. La moitié des États (14 sur 27) de l'UE ont réduit les accises, d'autres pourraient suivre.L'étude de T&E avance que ces mesures sont socialement contestables. Elle a calculé que "les 10% des conducteurs les plus aisés bénéficieront, en moyenne, de huit fois la baisse fiscale (tax cut) que les plus pauvres (...). Par exemple, une réduction de 15% des accises pendant 6 mois réduirait la facture du conducteur d'une BMW X5 de 300 euros, à comparer avec 85 euros pour un conducteur de Citroën C3."T&E propose comme alternative de taxer les importations de pétrole russe à hauteur de 25 dollars par baril, alors "l'Union européenne pourrait collecter 27 milliards d'euros cette année." Elle estime qu'il serait plus juste de prendre des mesures qui ne viseraient que les revenus bas et moyens, à travers des chèques énergie ciblés.Le raisonnement est, au moins, en partie contestable, car les personnes à bas revenus tendent à conduire des véhicules plus anciens, dont les normes autorisent une plus grande consommation (et émission). En Belgique, les autos ont un âge moyen de plus de 9 ans. Mais T&E avance avoir calculé l'écart en utilisant des statistiques européennes sur le budget des ménages.La dernière recommandation avancée par T&E est plus difficile à contester : "La façon la plus facile d'éviter les prix élevés du carburant est de rouler moins" commente Griffin Carpenter, analyste à Transport&Environment. Rouler moins, ce n'est pas seulement dépenser moins, mais réduire la demande.