"Nous ressentirons aussi chez nous les effets de la guerre en Ukraine, il faut être très clair et très honnête à cet égard", a souligné M. De Croo. L'analyse d'impact est menée tant au niveau belge qu'européen. À ses yeux, "nous surmonterons certainement ce coup, mais seulement si nous faisons preuve de suffisamment de solidarité, au sein de l'UE et dans notre pays".

Le ministre de l'Économie, Pierre-Yves Dermagne, a demandé à la Commission économique interministérielle - qui rassemble les administrations en matière d'économie des différents niveaux de pouvoirs - d'examiner les entreprises et les secteurs qui pourraient être significativement affectés par le conflit. "Nos entreprises risquent d'être touchées par l'onde de choc provoquée par ce conflit. Certaines d'entre elles sont en effet très dépendantes des importations russes ou ukrainiennes, d'autres sont actives sur les marchés de ces deux pays", a exposé M. Dermagne, dans un communiqué.

Pour le Premier ministre, l'invasion russe de l'Ukraine et la réaction européenne, inédite par son ampleur, constituent "un tournant" géostratégique pour l'Union dans beaucoup de domaines, non seulement sécuritaire, mais aussi de la défense et de la politique énergétique. La stratégie de l'Occident d'isoler la Russie (espace aérien, secteur financier, interdictions d'exportations, etc.) se décline aussi au niveau diplomatique, a souligné la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès. Elle dit attendre la résolution de l'Onu condamnant la Russie pour l'invasion de l'Ukraine ainsi que la demande, au Conseil des droits de l'Homme de l'Onu, d'une commission d'enquête internationale indépendante sur les exactions russes en Ukraine. Les sanctions sur le plan culturel et sportif participent elles aussi, mine de rien, à cet effort d'isolement, a-t-elle dit.

Du matériel médical et militaire

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, ne s'est pas montrée optimiste sur l'évolution de la situation sur le terrain. Si Moscou semble avoir dans un premier temps sous-estimé la résistance ukrainienne, l'unité internationale et les besoins logistiques, elle n'a pas encore déployé toutes ses capacités, a fait observer la ministre, au sixième jour de l'invasion russe.

La Belgique a déjà décidé de livrer à l'Ukraine 5.000 fusils automatiques, 3.800 tonnes de carburant et 200 armes antichars. Trois cents militaires de Marche-en-Famenne (1er et 3e lanciers) seront envoyés en Roumanie dans le cadre d'une mission de protection et de dissuasion sur le territoire de l'OTAN. Ils seront intégrés dans un "battle group" français, a précisé la ministre. De plus, les quatre F-16 actuellement actifs dans les pays baltes se verront attribuer un champ d'action plus large. "La Belgique est peut-être un partenaire modeste par sa taille dans l'OTAN, mais d'une grande fiabilité", a souligné Mme Dedonder.

Sur le plan humanitaire, la Belgique a dégagé 3 millions d'euros pour l'Ukraine, en plus de l'aide apportée via des instruments internationaux, et met des lits d'hôpitaux à disposition. Des ressources médicales d'une valeur de 3,4 millions d'euros seront également expédiées, a annoncé mardi le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke. Enfin, le matériel civil B-Fast demandé "est en chemin", selon Mme Wilmès.

Les Ukrainiens fuient massivement

Quant aux Ukrainiens qui fuient la guerre, un demi-million de réfugiés ont déjà quitté le pays et ce chiffre pourrait grimper à 4 millions, selon le Haut commissariat aux réfugiés de l'Onu. Ils se dirigent en premier lieu vers les pays frontaliers, "qui se font un honneur d'en accueillir autant que possible, et ne font jusqu'à présent pas état de problèmes de gestion", a indiqué le secrétaire d'État à l'Asile, Sammy Mahdi.

"Mais ils ne pourront tenir seuls si davantage de personnes continuent de fuir. Il revient aussi à nous, Belgique, de faire preuve de solidarité au sein de la famille européenne". Pour ces réfugiés, les États membres de l'UE pourraient activer jeudi, de manière inédite, la protection temporaire automatique prévue dans une directive de 2001 en cas d'afflux massif. Ces personnes pourront ainsi obtenir un droit de séjour d'un an, prolongeable de six mois à deux reprises. Comme annoncé lundi, le gouvernement fédéral mettra à disposition un centre d'accueil dans l'ancien hôpital Jules Bordet à Bruxelles. Les réfugiés ukrainiens y seront enregistrés, pourront déposer leur demande de protection automatique et bénéficieront d'un premier hébergement pour une période limitée (un à trois jours). De là, une répartition sera organisée vers les administrations locales pour l'hébergement. Les communes, en collaboration avec le Centre national de crise, sont responsables de la coordination de l'hébergement sur le terrain.

Les citoyens qui souhaitent faire preuve de solidarité et offrir un abri temporaire aux réfugiés ukrainiens dans l'attente d'un lieu de résidence permanent peuvent s'inscrire auprès de leur commune. Plus d'une centaine de communes se sont déjà portées candidates pour l'accueil, en une demi-journée, a souligné M. Mahdi, qui a lancé lundi une campagne intitulée #placedispo. Le nombre de demandeurs ukrainiens de protection en Belgique reste actuellement limité. Ce lundi, une nonantaine se sont présentés au Petit-Château, le centre d'arrivée pour demandeurs de protection internationale géré par Fedasil à Bruxelles, a indiqué M. Mahdi. Selon toute vraisemblance, beaucoup se trouvaient déjà sur le territoire belge, a-t-il fait observer. A titre de comparaison, l'an dernier, il n'y a eu que 118 demandes de protection internationale d'Ukrainiens. La Belgique s'attend à ce que ce chiffre augmente considérablement.

"Nous ressentirons aussi chez nous les effets de la guerre en Ukraine, il faut être très clair et très honnête à cet égard", a souligné M. De Croo. L'analyse d'impact est menée tant au niveau belge qu'européen. À ses yeux, "nous surmonterons certainement ce coup, mais seulement si nous faisons preuve de suffisamment de solidarité, au sein de l'UE et dans notre pays". Le ministre de l'Économie, Pierre-Yves Dermagne, a demandé à la Commission économique interministérielle - qui rassemble les administrations en matière d'économie des différents niveaux de pouvoirs - d'examiner les entreprises et les secteurs qui pourraient être significativement affectés par le conflit. "Nos entreprises risquent d'être touchées par l'onde de choc provoquée par ce conflit. Certaines d'entre elles sont en effet très dépendantes des importations russes ou ukrainiennes, d'autres sont actives sur les marchés de ces deux pays", a exposé M. Dermagne, dans un communiqué. Pour le Premier ministre, l'invasion russe de l'Ukraine et la réaction européenne, inédite par son ampleur, constituent "un tournant" géostratégique pour l'Union dans beaucoup de domaines, non seulement sécuritaire, mais aussi de la défense et de la politique énergétique. La stratégie de l'Occident d'isoler la Russie (espace aérien, secteur financier, interdictions d'exportations, etc.) se décline aussi au niveau diplomatique, a souligné la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès. Elle dit attendre la résolution de l'Onu condamnant la Russie pour l'invasion de l'Ukraine ainsi que la demande, au Conseil des droits de l'Homme de l'Onu, d'une commission d'enquête internationale indépendante sur les exactions russes en Ukraine. Les sanctions sur le plan culturel et sportif participent elles aussi, mine de rien, à cet effort d'isolement, a-t-elle dit.Du matériel médical et militaire La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder, ne s'est pas montrée optimiste sur l'évolution de la situation sur le terrain. Si Moscou semble avoir dans un premier temps sous-estimé la résistance ukrainienne, l'unité internationale et les besoins logistiques, elle n'a pas encore déployé toutes ses capacités, a fait observer la ministre, au sixième jour de l'invasion russe. La Belgique a déjà décidé de livrer à l'Ukraine 5.000 fusils automatiques, 3.800 tonnes de carburant et 200 armes antichars. Trois cents militaires de Marche-en-Famenne (1er et 3e lanciers) seront envoyés en Roumanie dans le cadre d'une mission de protection et de dissuasion sur le territoire de l'OTAN. Ils seront intégrés dans un "battle group" français, a précisé la ministre. De plus, les quatre F-16 actuellement actifs dans les pays baltes se verront attribuer un champ d'action plus large. "La Belgique est peut-être un partenaire modeste par sa taille dans l'OTAN, mais d'une grande fiabilité", a souligné Mme Dedonder. Sur le plan humanitaire, la Belgique a dégagé 3 millions d'euros pour l'Ukraine, en plus de l'aide apportée via des instruments internationaux, et met des lits d'hôpitaux à disposition. Des ressources médicales d'une valeur de 3,4 millions d'euros seront également expédiées, a annoncé mardi le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke. Enfin, le matériel civil B-Fast demandé "est en chemin", selon Mme Wilmès. Les Ukrainiens fuient massivement Quant aux Ukrainiens qui fuient la guerre, un demi-million de réfugiés ont déjà quitté le pays et ce chiffre pourrait grimper à 4 millions, selon le Haut commissariat aux réfugiés de l'Onu. Ils se dirigent en premier lieu vers les pays frontaliers, "qui se font un honneur d'en accueillir autant que possible, et ne font jusqu'à présent pas état de problèmes de gestion", a indiqué le secrétaire d'État à l'Asile, Sammy Mahdi. "Mais ils ne pourront tenir seuls si davantage de personnes continuent de fuir. Il revient aussi à nous, Belgique, de faire preuve de solidarité au sein de la famille européenne". Pour ces réfugiés, les États membres de l'UE pourraient activer jeudi, de manière inédite, la protection temporaire automatique prévue dans une directive de 2001 en cas d'afflux massif. Ces personnes pourront ainsi obtenir un droit de séjour d'un an, prolongeable de six mois à deux reprises. Comme annoncé lundi, le gouvernement fédéral mettra à disposition un centre d'accueil dans l'ancien hôpital Jules Bordet à Bruxelles. Les réfugiés ukrainiens y seront enregistrés, pourront déposer leur demande de protection automatique et bénéficieront d'un premier hébergement pour une période limitée (un à trois jours). De là, une répartition sera organisée vers les administrations locales pour l'hébergement. Les communes, en collaboration avec le Centre national de crise, sont responsables de la coordination de l'hébergement sur le terrain.Les citoyens qui souhaitent faire preuve de solidarité et offrir un abri temporaire aux réfugiés ukrainiens dans l'attente d'un lieu de résidence permanent peuvent s'inscrire auprès de leur commune. Plus d'une centaine de communes se sont déjà portées candidates pour l'accueil, en une demi-journée, a souligné M. Mahdi, qui a lancé lundi une campagne intitulée #placedispo. Le nombre de demandeurs ukrainiens de protection en Belgique reste actuellement limité. Ce lundi, une nonantaine se sont présentés au Petit-Château, le centre d'arrivée pour demandeurs de protection internationale géré par Fedasil à Bruxelles, a indiqué M. Mahdi. Selon toute vraisemblance, beaucoup se trouvaient déjà sur le territoire belge, a-t-il fait observer. A titre de comparaison, l'an dernier, il n'y a eu que 118 demandes de protection internationale d'Ukrainiens. La Belgique s'attend à ce que ce chiffre augmente considérablement.