Sauf peut-être le gouvernement chinois, qui était déjà au courant qu'un nouveau virus contagieux avait émergé dans la province de Wuhan, mais n'a pas partagé cette information avec sa propre population et le reste du globe. En conséquence, il a laissé au coronavirus (Covid-19) la possibilité de se propager rapidement dans notre monde hautement connecté. En plus de la détresse humaine, la menace qui pèse sur l'économie pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Alors que le virus est en train de se répandre, la question se pose de savoir quelles régions et quelles villes seront à leur tour touchées, et quelle est la gravité du risque de contamination économique. On peut aussi se demander à quel point les réactions, peut-être exagérées, mais compréhensibles, des autorités et de la population deviendront préjudiciables. Cette foule de questions et d'incertitudes s'est d'ailleurs répercutée sur les marchés boursiers la semaine dernière. La chute des prix des matières premières, le boom de l'or et la nouvelle baisse des taux d'intérêt racontaient depuis longtemps déjà une autre version de l'histoire : il n'y a pas de "vaccin économique" si le coronavirus infecte l'économie mondiale.

Les investisseurs ont longtemps fait une comparaison avec l'épidémie de SRAS en 2002. Celle-ci était plus mortelle que le coronavirus, mais moins contagieuse et donc plus facile à endiguer. Par ailleurs, la Chine n'était encore à l'époque qu'un "enfant" dans l'économie mondiale, ce qui a permis de limiter l'impact économique de la crise. L'importance de l'économie chinoise dans le PIB mondial s'est entre-temps multipliée par cinq, et la Chine est un importateur et fournisseur de premier plan dans de nombreux secteurs. Une réaction en chaîne faisant suite aux problèmes de production est inévitable si d'importants pans de l'économie chinoise sont paralysés. Pour le moment, la situation n'est pas catastrophique Les arrêts de production peuvent être rattrapés, les dépenses compensées. Mais si le malaise persiste, y compris en dehors de la Chine, beaucoup d'entreprises plus faibles, fortement endettées et moins rentables, risquent de ne pas survivre au coronavirus. Rappelons que de nombreuses sociétés de pays émergents s'endettent en dollars américains, alors que cette devise en tant que refuge sûr a fortement augmenté. Dans le cas d'une pandémie prolongée, les banques centrales et les gouvernements sont capables de limiter l'impact. À plus long terme encore, les dommages permanents causés aux multinationales, en réponse au risque accru de guerres commerciales chroniques et de transmissions répétées du virus, menacent de diminuer leurs chaînes de production mondiales. La facture d'une déglobalisation même légère peut être colossale.

Heureusement, nous n'en sommes pas encore là. L'économie mondiale se remettait lentement de l'année dernière. Le cessez-le-feu dans la guerre commerciale américano-chinoise a fait éclore suffisamment de bourgeons pour annoncer un nouveau printemps. Les optimistes s'attendent même à ce que l'économie reçoive un coup de pouce supplémentaire d'une politique monétaire et budgétaire plus expansionniste en réaction au choc du coronavirus. La Chine, par exemple, a fait des efforts pour réduire sa dépendance à la dette au cours des dernières années, mais elle a aujourd'hui d'autres priorités. L'économie doit se rétablir rapidement, d'autant plus que l'autorité et la réputation du régime sont ternis, et que le robinet du crédit est ouvert. La Chine veut d'abord guérir, puis gérer ses finances.

Si le coronavirus attaque l'économie mondiale comme il infecte un être humain en relativement bonne santé - de manière temporaire et désagréable, mais pas permanente ni nocive - alors les marchés boursiers devraient connaître une chute saine. Au cours des derniers mois, ils ont pris une avance assez importante sur les bénéfices des entreprises, ce qui a rendu les bourses vulnérables à une correction. Cependant, les fondations de la hausse des cours tiennent encore debout. La rentabilité des entreprises est au moins maintenue en équilibre et les taux d'intérêt demeurent très bas. Les investisseurs en quête de rendement retourneront aux actions tôt ou tard. L'acronyme TINA pourrait l'emporter sur le Corona.

Traduction : virginie·dupont·sprl

Sauf peut-être le gouvernement chinois, qui était déjà au courant qu'un nouveau virus contagieux avait émergé dans la province de Wuhan, mais n'a pas partagé cette information avec sa propre population et le reste du globe. En conséquence, il a laissé au coronavirus (Covid-19) la possibilité de se propager rapidement dans notre monde hautement connecté. En plus de la détresse humaine, la menace qui pèse sur l'économie pourrait avoir des conséquences catastrophiques. Alors que le virus est en train de se répandre, la question se pose de savoir quelles régions et quelles villes seront à leur tour touchées, et quelle est la gravité du risque de contamination économique. On peut aussi se demander à quel point les réactions, peut-être exagérées, mais compréhensibles, des autorités et de la population deviendront préjudiciables. Cette foule de questions et d'incertitudes s'est d'ailleurs répercutée sur les marchés boursiers la semaine dernière. La chute des prix des matières premières, le boom de l'or et la nouvelle baisse des taux d'intérêt racontaient depuis longtemps déjà une autre version de l'histoire : il n'y a pas de "vaccin économique" si le coronavirus infecte l'économie mondiale. Les investisseurs ont longtemps fait une comparaison avec l'épidémie de SRAS en 2002. Celle-ci était plus mortelle que le coronavirus, mais moins contagieuse et donc plus facile à endiguer. Par ailleurs, la Chine n'était encore à l'époque qu'un "enfant" dans l'économie mondiale, ce qui a permis de limiter l'impact économique de la crise. L'importance de l'économie chinoise dans le PIB mondial s'est entre-temps multipliée par cinq, et la Chine est un importateur et fournisseur de premier plan dans de nombreux secteurs. Une réaction en chaîne faisant suite aux problèmes de production est inévitable si d'importants pans de l'économie chinoise sont paralysés. Pour le moment, la situation n'est pas catastrophique Les arrêts de production peuvent être rattrapés, les dépenses compensées. Mais si le malaise persiste, y compris en dehors de la Chine, beaucoup d'entreprises plus faibles, fortement endettées et moins rentables, risquent de ne pas survivre au coronavirus. Rappelons que de nombreuses sociétés de pays émergents s'endettent en dollars américains, alors que cette devise en tant que refuge sûr a fortement augmenté. Dans le cas d'une pandémie prolongée, les banques centrales et les gouvernements sont capables de limiter l'impact. À plus long terme encore, les dommages permanents causés aux multinationales, en réponse au risque accru de guerres commerciales chroniques et de transmissions répétées du virus, menacent de diminuer leurs chaînes de production mondiales. La facture d'une déglobalisation même légère peut être colossale.Heureusement, nous n'en sommes pas encore là. L'économie mondiale se remettait lentement de l'année dernière. Le cessez-le-feu dans la guerre commerciale américano-chinoise a fait éclore suffisamment de bourgeons pour annoncer un nouveau printemps. Les optimistes s'attendent même à ce que l'économie reçoive un coup de pouce supplémentaire d'une politique monétaire et budgétaire plus expansionniste en réaction au choc du coronavirus. La Chine, par exemple, a fait des efforts pour réduire sa dépendance à la dette au cours des dernières années, mais elle a aujourd'hui d'autres priorités. L'économie doit se rétablir rapidement, d'autant plus que l'autorité et la réputation du régime sont ternis, et que le robinet du crédit est ouvert. La Chine veut d'abord guérir, puis gérer ses finances.Si le coronavirus attaque l'économie mondiale comme il infecte un être humain en relativement bonne santé - de manière temporaire et désagréable, mais pas permanente ni nocive - alors les marchés boursiers devraient connaître une chute saine. Au cours des derniers mois, ils ont pris une avance assez importante sur les bénéfices des entreprises, ce qui a rendu les bourses vulnérables à une correction. Cependant, les fondations de la hausse des cours tiennent encore debout. La rentabilité des entreprises est au moins maintenue en équilibre et les taux d'intérêt demeurent très bas. Les investisseurs en quête de rendement retourneront aux actions tôt ou tard. L'acronyme TINA pourrait l'emporter sur le Corona.Traduction : virginie·dupont·sprl