Le 24 février dernier, le monde a une nouvelle fois basculé. Après un choc sanitaire mondial, voilà qu'un autre démon du passé (du moins en Europe) a resurgi dans nos esprits: la guerre. Ce nouvel événement a soudainement relégué au second plan la pandémie. Il faut avouer que la moindre dangerosité du variant omicron, la vaccination et l'amélioration des traitements permettaient d'un peu relâcher son attention, après deux années passées rivée sur les chiffres. Par ailleurs, la vague omicron était en phase descendante dans les pays occidentaux. Au catalogue des horreurs mondiales, donc, la guerre a naturellement pris le dessus.
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Le 24 février dernier, le monde a une nouvelle fois basculé. Après un choc sanitaire mondial, voilà qu'un autre démon du passé (du moins en Europe) a resurgi dans nos esprits: la guerre. Ce nouvel événement a soudainement relégué au second plan la pandémie. Il faut avouer que la moindre dangerosité du variant omicron, la vaccination et l'amélioration des traitements permettaient d'un peu relâcher son attention, après deux années passées rivée sur les chiffres. Par ailleurs, la vague omicron était en phase descendante dans les pays occidentaux. Au catalogue des horreurs mondiales, donc, la guerre a naturellement pris le dessus. Alors que les prévisionnistes examinent dans quelle mesure la guerre en Ukraine va affecter la poursuite de la reprise économique post-covid, ce dernier ne semble toutefois pas avoir dit son dernier mot. D'un côté, la levée de la plupart des mesures de restriction et des gestes barrières dans les pays occidentaux a inévitablement provoqué une remontée du nombre de cas. Pour le moment, cela n'entraîne pas de changement de stratégie au niveau des autorités, même dans les pays qui font face à une remontée depuis plusieurs semaines (Royaume-Uni ou Pays-Bas par exemple). L'impact économique de cette énième vague (appelez-là omicron bis, ou Ba2, à votre guise...) devrait donc a priori être plutôt limité, si ce n'est par une vague d'absentéisme dans les entreprises et les institutions (renforcée par la grippe et autres virus de saison). Restons quand même prudents: plus d'une fois, les perspectives en la matière ont été prises en défaut. D'un autre côté, on assiste à une vague inédite de contaminations en Asie, et en Chine particulièrement. Du coup, tout le modèle de gestion de la pandémie dans certains pays, dont la Chine ou Hong Kong, est pris au piège. Rappelons que ces pays ont eu une politique "zéro-covid", fondée sur un testing très large et strict, des confinements localisés et temporaires mais durs et un respect total de ces règles. Cette politique a néanmoins du mal à rester efficace dans le cas d'un variant extrêmement contagieux. A Hong Kong, la situation est considérée comme préoccupante, alors que la Chine fait face à de plus en plus de foyers. Malgré cela, les autorités locales ont répété leur volonté d'appliquer la politique zéro covid, certes légèrement amendée pour plus de précision et moins d'impact économique. Il faut dire qu'elles n'ont pas beaucoup d'autres options: le taux de vaccination de la population est loin d'être suffisant et les vaccins utilisés semblent moins efficaces. Cette situation n'est pas sans conséquence économique. Les confinements se multipliant en Chine, il faudra compter avec des fermetures d'usines et de ports d'exportations, même brèves. Au-delà du ralentissement économique que cela pourrait provoquer en Chine, c'est un réel problème pour les chaînes d'approvisionnement et le commerce mondial. En effet, depuis le début de l'année, on voyait enfin une certaine détente se profiler sur les contraintes d'approvisionnement qui entravent la poursuite de la reprise économique. La guerre en Ukraine en a créé de nouvelles, parfois majeures, principalement en matière de denrées alimentaires, mais aussi pour le secteur automobile par exemple. Des coupures d'approvisionnement en Chine vont raviver les contraintes originales, au risque de constituer, selon certains, "une tempête parfaite" sur l'approvisionnement. Sans trop adhérer à ce vocabulaire alarmiste, il faut avouer que les directeurs d'achats dans les entreprises risquent d'avoir du mal à dormir dans les prochains mois.