Leur dernière trouvaille s'est propagée de manière virale : ils veulent tout simplement créer une panique bancaire. Comment ? Très simple : après avoir bloqué l'aéroport local, certains manifestants ont appelé à retirer leur argent dans les distributeurs bancaires de Hong Kong.

L'idée est très simple, elle consiste à créer une panique bancaire et donc à déstabiliser le système bancaire d'une des plus importantes places financières du monde. C'est vrai qu'un "bank run" comme l'appellent les anglo-saxons est dangereux.

Il ne faut pas remonter jusqu'en 1929 pour en avoir la preuve, il suffit juste de se souvenir des files d'épargnants britanniques qui faisaient la queue pour retirer leur argent de la banque Northern Rock lors de l'éclatement de la fameuse crise des subprimes en 2008. Ces épargnants qui n'avaient plus confiance dans cette banque ont sonné le glas de celle-ci alors que sa solvabilité était déjà mise en doute.

Bien entendu, vous vous en doutez, les banques basées à Hong Kong ont immédiatement annoncé par presse interposée qu'elles étaient solides et qu'elles pouvaient faire face à des retraits importants. La preuve, la panique bancaire n'a pas eu lieu comme l'escomptaient les manifestants anti-gouvernement chinois. En fait, cette idée de panique bancaire est à la mode. Souvenez-vous, à un moment donné, les gilets jaunes en France ont voulu également faire la même chose : demander aux gilets jaunes et aux sympathisants du mouvement de retirer le même jour l'argent de leur compte bancaire ! L'un des leaders du mouvement "gilet jaune" avait expliqué, je le cite : "le pognon, on va le récupérer, c'est le nôtre, c'est légal, ce n'est pas violent, c'est notre argent et tous ceux qui en ont marre peuvent le faire".

Au final, comme dans le cas de Hong-Kong, la panique bancaire n'a pas eu lieu. D'abord, parce que l'appel n'a pas été suivi d'effet. Et ensuite, l'idée était vouée à l'échec pour une raison toute bête : les retraits au distributeur sont plafonnés à quelques centaines d'euros par jour pour des cartes bancaires classiques. Au-delà d'un certain montant, il faut prendre rendez-vous. L'idée a donc fait flop, exactement comme Donald Trump qui s'est proposé il y a quelques jours d'acheter le Groenland au Danemark. C'est aussi ça l'actualité économique : des coups de gueule ici, des coups de bluff là, et au final, rien - absolument rien - juste un silence assourdissant.