L'année 2019 serait en effet la première année, depuis la crise économique et financière, où le nombre de faillites est en progression au niveau mondial. "Cette nouvelle tendance est imputable à une croissance économique en berne, qui fait surtout des ravages en Europe occidentale", explique Atradius.

"A la veille des élections belges et européennes, ce constat est un signal fort : notre économie a besoin d'un nouvel élan", déclare Christophe Cherry, Managing Director BeLux d'Atradius.

Selon l'assureur-crédit, une augmentation des faillites en Belgique de 2 % est à prévoir cette année, soit un tiers de plus qu'en 2007.

La Belgique (très) mauvaise élève

La Belgique fait partie des mauvais élèves européens dans le domaine. La note obtenue par notre pays est en effet largement inférieure à celles des Pays-Bas et de l'Allemagne, par exemple, où le nombre faillites est aujourd'hui près de deux fois moins élevé qu'en 2007.

Le nombre de faillites au niveau mondial subira une augmentation, et ce pour la première fois depuis la crise économique, analyse le communiqué. Chez certains de nos pays voisins également, une augmentation du nombre de faillites est à prévoir. Au Royaume-Uni (7%), en Italie (6%), en France (3%) et aux Pays-Bas (3%). Selon l'assureur-crédit, les causes de cette augmentation sont imputables à l'incertitude croissante régnant autour de l'économie mondiale.

"Plusieurs tendances internationales mettent la croissance économique sous pression, notamment la menace d'une escalade des guerres commerciales, le ralentissement économique en Chine et la volatilité des prix pétroliers", analyse Atradius.

En Belgique également, la croissance économique retombe cette année à 1,3 %. "Le ralentissement de la croissance économique et l'augmentation du nombre de faillites montrent clairement que notre économie se trouve à un point de basculement", ajoute Christophe Cherry. "Nous observons également que les facteurs explicatifs, comme le Brexit, sont situés à l'extérieur de la Belgique. Certains partenaires commerciaux importants comme le Royaume-Uni ou l'Italie ont en ligne de mire une augmentation du nombre de leurs faillites dans les prochains mois. Et les entreprises belges risquent d'en faire les frais".

L'impact le plus lourd en cas de Brexit (dur)

Ce sont principalement les secteurs du transport et du textile qui seraient sous pression en raison du Brexit et du risque créé par un départ du Royaume-Uni en l'absence d'accord. Un Brexit aussi dur coûterait annuellement à l'économie belge 1,3 milliards d'euros et se traduirait par une augmentation du nombre de faillites de 1,5 % - soit 165 faillites supplémentaires en base annuelle, affirme l'assureur.

"Nous constatons que l'incertitude et le doute donnent le ton sur les marchés, et que la croissance économique continue, lentement mais sûrement, de ralentir", conclut Christophe Cherry. "Il ne faut donc pas s'étonner que cela se traduise maintenant par une nouvelle augmentation du nombre de faillites. Si cette tendance devait perdurer, il ne serait pas impensable que nous prenions de nouveau le chemin d'une récession, avec toutes les conséquences que suppose un tel scénario pour les entrepreneurs belges. A la veille des élections belges et européennes, ce constat est un signal fort : notre économie a besoin d'un nouvel élan".