A terme, les conséquences du réchauffement de la planète pourraient ainsi faire s'effondrer le PIB par habitant des Etats les plus vulnérables de plus de 80% dans le pire scénario, a averti lundi l'ONG Christian Aid.

En 2009, les pays riches avaient promis aux plus pauvres de porter leur aide à la lutte contre le changement climatique à 100 milliards de dollars par an en 2020. Constatant leur échec, ils ont présenté juste avant la COP26 un "plan de livraison" pour remplir cet engagement en 2023.

La pilule passe mal chez les plus menacés. D'autant qu'ils sont pour la plupart des contributeurs insignifiants au réchauffement climatique et que la majeure partie des fonds qui leur sont alloués va à des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Résultat, ils ont l'impression de payer deux fois, au portefeuille et en nature.

"Vous êtes les premiers à souffrir et les derniers à recevoir de l'aide", a résumé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres au cours d'une réunion à la COP des membres du Climate Vulnerable Forum (CVF), qui représente un milliard de personnes de 48 pays,.

Et d'exhorter à "faire plus pour protéger les peuples vulnérables des dangers clairs et actuels du changement climatique".

- Paranoïa -

Ce sont justement ces dangers "actuels" que les plus menacés veulent voir pris spécifiquement en compte.

La lutte contre le réchauffement et ses effets repose sur "l'atténuation" (lutte contre les émissions par exemple) et "l'adaptation" (préparation à faire face aux conséquences). Les pays vulnérables veulent y ajouter les "pertes et préjudices" qu'ils subissent déjà.

Ce thème est bien mentionné dans l'accord de Paris et un "mécanisme international" existe même sur la question, mais les pays riches rechignent à ce qu'il soit sur la table en tant que tel.

"C'est principalement la crainte voire la paranoïa sur les questions de responsabilité et de compensations" possibles, explique à l'AFP Yamide Dagnet, du groupe de réflexion World Resources Institute. "Mais il ne s'agit pas de ça, il s'agit de ce qui va se passer quand ces petites îles vont disparaître".

La présidence britannique de la COP a organisé lundi une journée thématique "adaptation" et "pertes et préjudices". Mais le document de négociation sur une déclaration qu'elle a fait circuler à Glasgow ne comporte pas d'avancées significatives.

Les pays riches voudraient que tout soit réuni sous le volet "adaptation", qui ne représente pour l'heure que le quart de l'aide mobilisée. L'ONU comme les pays pauvres réclament au moins la parité.

D'autant que les besoins estimés d'aide aux plus vulnérables sont de "300 milliards (de dollars) par an à horizon 2030", selon M. Guterres.

Et que c'est précisément "l'échec à financer l'adaptation qui s'est transformé en pertes et préjudices", souligne Abul Kalam Azad, l'émissaire de la présidence bangladaise du CVF.

- "Payer la mafia" -

"Il faut un financement supplémentaire et séparé de l'objectif annuel" de 100 milliards pour les pertes et préjudices, détaille Aiyaz Sayed-Khaiyum, le ministre de l'Economie et du Changement climatique des îles Fidji.

Et un financement qui n'ajoute pas à la charge de la dette des pays concernés, insiste-t-il : "Nous faire payer des intérêts sur de l'argent destiné à augmenter notre résilience serait cruel. Comme nous faire payer la mafia des énergies fossiles responsable de la terreur que nous inflige cette crise".

L'Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS) insiste elle aussi au sortir de la première semaine de la COP pour que les "pertes et préjudices" apparaissent immédiatement dans le "bilan mondial (des financements), dès à présent et avec des objectifs quantifiés".

De nombreuses ONG militent dans ce sens, à l'image de la coalition Climate action network qui souhaite "un plan répondant véritablement aux besoins des personnes sur la ligne de front de la crise climatique".

Enveloppe séparée, échéancier précis ou nouveaux engagements, les plus pauvres ne veulent plus attendre sur la question, qui pourrait se transformer en point de blocage. Car "la tension est montée" dans les négociations, souligne Yamide Dagnet.

"La priorité du groupe africain est la finance", a souligné lundi pendant une session de bilan intermédiaire de la COP le ministre gabonais de l'Environnement, Lee White. Et de chiffrer à horizon 2030 les besoins à un "minimum" de 1.300 milliards par an, 50% adaptation, 50% atténuation.

L'impatience est bien là, comme en témoigne le révérend James Bhagwan, de la Conférence des églises du Pacifique, pour qui ce débat souligne les "inégalités grossières" en matière de climat. "S'ils (les pays riches) n'acceptent pas, la judiciarisation sera la seule option".

A terme, les conséquences du réchauffement de la planète pourraient ainsi faire s'effondrer le PIB par habitant des Etats les plus vulnérables de plus de 80% dans le pire scénario, a averti lundi l'ONG Christian Aid.En 2009, les pays riches avaient promis aux plus pauvres de porter leur aide à la lutte contre le changement climatique à 100 milliards de dollars par an en 2020. Constatant leur échec, ils ont présenté juste avant la COP26 un "plan de livraison" pour remplir cet engagement en 2023.La pilule passe mal chez les plus menacés. D'autant qu'ils sont pour la plupart des contributeurs insignifiants au réchauffement climatique et que la majeure partie des fonds qui leur sont alloués va à des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Résultat, ils ont l'impression de payer deux fois, au portefeuille et en nature."Vous êtes les premiers à souffrir et les derniers à recevoir de l'aide", a résumé le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres au cours d'une réunion à la COP des membres du Climate Vulnerable Forum (CVF), qui représente un milliard de personnes de 48 pays,.Et d'exhorter à "faire plus pour protéger les peuples vulnérables des dangers clairs et actuels du changement climatique".Ce sont justement ces dangers "actuels" que les plus menacés veulent voir pris spécifiquement en compte.La lutte contre le réchauffement et ses effets repose sur "l'atténuation" (lutte contre les émissions par exemple) et "l'adaptation" (préparation à faire face aux conséquences). Les pays vulnérables veulent y ajouter les "pertes et préjudices" qu'ils subissent déjà.Ce thème est bien mentionné dans l'accord de Paris et un "mécanisme international" existe même sur la question, mais les pays riches rechignent à ce qu'il soit sur la table en tant que tel."C'est principalement la crainte voire la paranoïa sur les questions de responsabilité et de compensations" possibles, explique à l'AFP Yamide Dagnet, du groupe de réflexion World Resources Institute. "Mais il ne s'agit pas de ça, il s'agit de ce qui va se passer quand ces petites îles vont disparaître".La présidence britannique de la COP a organisé lundi une journée thématique "adaptation" et "pertes et préjudices". Mais le document de négociation sur une déclaration qu'elle a fait circuler à Glasgow ne comporte pas d'avancées significatives.Les pays riches voudraient que tout soit réuni sous le volet "adaptation", qui ne représente pour l'heure que le quart de l'aide mobilisée. L'ONU comme les pays pauvres réclament au moins la parité.D'autant que les besoins estimés d'aide aux plus vulnérables sont de "300 milliards (de dollars) par an à horizon 2030", selon M. Guterres.Et que c'est précisément "l'échec à financer l'adaptation qui s'est transformé en pertes et préjudices", souligne Abul Kalam Azad, l'émissaire de la présidence bangladaise du CVF."Il faut un financement supplémentaire et séparé de l'objectif annuel" de 100 milliards pour les pertes et préjudices, détaille Aiyaz Sayed-Khaiyum, le ministre de l'Economie et du Changement climatique des îles Fidji.Et un financement qui n'ajoute pas à la charge de la dette des pays concernés, insiste-t-il : "Nous faire payer des intérêts sur de l'argent destiné à augmenter notre résilience serait cruel. Comme nous faire payer la mafia des énergies fossiles responsable de la terreur que nous inflige cette crise".L'Alliance des petits Etats insulaires (AOSIS) insiste elle aussi au sortir de la première semaine de la COP pour que les "pertes et préjudices" apparaissent immédiatement dans le "bilan mondial (des financements), dès à présent et avec des objectifs quantifiés".De nombreuses ONG militent dans ce sens, à l'image de la coalition Climate action network qui souhaite "un plan répondant véritablement aux besoins des personnes sur la ligne de front de la crise climatique".Enveloppe séparée, échéancier précis ou nouveaux engagements, les plus pauvres ne veulent plus attendre sur la question, qui pourrait se transformer en point de blocage. Car "la tension est montée" dans les négociations, souligne Yamide Dagnet."La priorité du groupe africain est la finance", a souligné lundi pendant une session de bilan intermédiaire de la COP le ministre gabonais de l'Environnement, Lee White. Et de chiffrer à horizon 2030 les besoins à un "minimum" de 1.300 milliards par an, 50% adaptation, 50% atténuation.L'impatience est bien là, comme en témoigne le révérend James Bhagwan, de la Conférence des églises du Pacifique, pour qui ce débat souligne les "inégalités grossières" en matière de climat. "S'ils (les pays riches) n'acceptent pas, la judiciarisation sera la seule option".