Recours au FMI controversé

Incapable d'emprunter sur les marchés en raison d'un risque pays élevé, l'Argentine a conclu en juin un premier accord avec le FMI, un plan de stabilisation de l'économie prévoyant un prêt de 50 milliards de dollars, porté ce jeudi à 57,1 milliards.

Le recours au FMI est controversé car de nombreux Argentins estiment que le FMI porte une part de responsabilité, car il a soutenu la politique économique des ex-présidents Carlos Menem (1989-1999) puis Fernando De La Rua (1999-2001) qui a conduit au défaut de paiement de 2001. "Cela fait mal de voir le président Macri danser avec son patron, avec le FMI. On voit qui dirige le pays. La démission de Luis Caputo est un commandement du FMI", estime le chef du puissant syndicat des routiers Pablo Moyano, qui y voit une perte de souveraineté.

Récession, forte dépréciation du peso

Après une croissance de 3,6% au premier trimestre, la 3e économie d'Amérique latine a plongé: -4,2% au deuxième trimestre et un pronostic de récession annuelle de -2,4% pour 2018 et de -0,5% pour 2019.

Pour ce qui de l'inflation, elle devrait dépasser les 40% en 2018, stimulée par la dépréciation du peso, qui a perdu la moitié de sa valeur en 2018. La monnaie argentine est victime d'une crise de confiance: investisseurs et citoyens achètent en masse des dollars, ce qui fait chuter le cours du peso.

Objectif déficit budgétaire zéro

Le 3 septembre, le président argentin a annoncé aux Argentins un plan d'austérité budgétaire, car la réduction du déficit budgétaire est une "priorité absolue" et à l'origine de déséquilibres qui fragilisent l'économie. "Nous devons faire face à un problème de base: ne pas dépenser plus que ce que nous avons, faire les efforts pour équilibrer les comptes de l'Etat".

L'objectif est très ambitieux: le déficit budgétaire primaire (sans les intérêts de la dette) a déjà été réduit de 6% en 2015 à 3,9% en 2017. Le gouvernement a prévu un passif pour 2018 de 2,7% et s'est fixé comme objectif d'équilibrer les comptes en 2019. Depuis des décennies, le déficit budgétaire est un problème chronique de l'Argentine. Le pourcentage d'employés publics est un des plus élevés au monde.

Pas de risque de défaut comme en 2001

"Il n'y a aucun risque que l'Argentine se retrouve en défaut de paiement", a assuré le président argentin de centre-droit Mauricio Macri.

La crise économique de 2001/2002 est un traumatisme pour les Argentins, beaucoup avaient perdu leur travail, parfois leur épargne, et la pauvreté avait explosé.

Endettement élevé

L'endettement est élevé: plus de 300 milliards de dollars. Ayant hérité d'un pays avec un taux d'endettement faible, Mauricio Macri a emprunté plus de 100 milliards de dollars depuis son arrivée au pouvoir fin 2015. L'endettement représente près de 90% du PIB.

Incapable d'emprunter sur les marchés en raison d'un risque pays élevé, l'Argentine a conclu en juin un premier accord avec le FMI, un plan de stabilisation de l'économie prévoyant un prêt de 50 milliards de dollars, porté ce jeudi à 57,1 milliards.Le recours au FMI est controversé car de nombreux Argentins estiment que le FMI porte une part de responsabilité, car il a soutenu la politique économique des ex-présidents Carlos Menem (1989-1999) puis Fernando De La Rua (1999-2001) qui a conduit au défaut de paiement de 2001. "Cela fait mal de voir le président Macri danser avec son patron, avec le FMI. On voit qui dirige le pays. La démission de Luis Caputo est un commandement du FMI", estime le chef du puissant syndicat des routiers Pablo Moyano, qui y voit une perte de souveraineté.Après une croissance de 3,6% au premier trimestre, la 3e économie d'Amérique latine a plongé: -4,2% au deuxième trimestre et un pronostic de récession annuelle de -2,4% pour 2018 et de -0,5% pour 2019.Pour ce qui de l'inflation, elle devrait dépasser les 40% en 2018, stimulée par la dépréciation du peso, qui a perdu la moitié de sa valeur en 2018. La monnaie argentine est victime d'une crise de confiance: investisseurs et citoyens achètent en masse des dollars, ce qui fait chuter le cours du peso.Le 3 septembre, le président argentin a annoncé aux Argentins un plan d'austérité budgétaire, car la réduction du déficit budgétaire est une "priorité absolue" et à l'origine de déséquilibres qui fragilisent l'économie. "Nous devons faire face à un problème de base: ne pas dépenser plus que ce que nous avons, faire les efforts pour équilibrer les comptes de l'Etat".L'objectif est très ambitieux: le déficit budgétaire primaire (sans les intérêts de la dette) a déjà été réduit de 6% en 2015 à 3,9% en 2017. Le gouvernement a prévu un passif pour 2018 de 2,7% et s'est fixé comme objectif d'équilibrer les comptes en 2019. Depuis des décennies, le déficit budgétaire est un problème chronique de l'Argentine. Le pourcentage d'employés publics est un des plus élevés au monde."Il n'y a aucun risque que l'Argentine se retrouve en défaut de paiement", a assuré le président argentin de centre-droit Mauricio Macri.La crise économique de 2001/2002 est un traumatisme pour les Argentins, beaucoup avaient perdu leur travail, parfois leur épargne, et la pauvreté avait explosé. L'endettement est élevé: plus de 300 milliards de dollars. Ayant hérité d'un pays avec un taux d'endettement faible, Mauricio Macri a emprunté plus de 100 milliards de dollars depuis son arrivée au pouvoir fin 2015. L'endettement représente près de 90% du PIB.