La société actuelle mise de plus en plus sur le numérique, tant au quotidien que dans le business. Cette révolution en marche n'est évidemment pas près de s'arrêter. Or, la digitalisation a en grande partie été permise par l'évolution technologique des puces, toujours plus puissantes et plus petites. Aujourd'hui, le marché est largement dominé par les asiatiques TSMC à Taiwan et Samsung en Corée du Sud même si d'autres acteurs existent comme Intel aux Etats-Unis ou les européens ASML, Infineon, AMS, Bosch ou STMicroelectronics. Sur le créneau de la product...

La société actuelle mise de plus en plus sur le numérique, tant au quotidien que dans le business. Cette révolution en marche n'est évidemment pas près de s'arrêter. Or, la digitalisation a en grande partie été permise par l'évolution technologique des puces, toujours plus puissantes et plus petites. Aujourd'hui, le marché est largement dominé par les asiatiques TSMC à Taiwan et Samsung en Corée du Sud même si d'autres acteurs existent comme Intel aux Etats-Unis ou les européens ASML, Infineon, AMS, Bosch ou STMicroelectronics. Sur le créneau de la production, l'Europe ne représenterait que 10% du marché mondial. Insuffisant à l'heure où "on constate une prise de conscience d'une vraie dépendance aux acteurs asiatiques, observe Siddy Jobe, fund manager chez Econopolis. Maîtriser le développement et la fabrication de puces doit permettre de diminuer cette dépendance". Car si pour une raison ou une autre, Taiwan devait arrêter d'exporter vers l'Europe, la plupart des usines du continent pourraient être contraintes de s'arrêter en quelques semaines seulement, à en croire Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur. On a déjà pu voir l'impact de la pénurie en la matière. Mais ce n'est pas tout: "prendre une place sur le marché des semi-conducteurs nouvelle génération doit aussi permettre à l'Europe de se positionner pour saisir les nouvelles opportunités que cela représente dans le futur". Car le Chip Act de Thierry Breton vise, d'une certaine manière, à attraper la prochaine vague dans l'évolution des semi-conducteurs. Pas question de subventionner les puces actuelles, à la technologie mature, mais bien celles qui arriveront dans les années à venir, plus petites et plus puissantes encore. "Sur ce créneau, à l'heure actuelle, seuls Samsung et TSMC peuvent y arriver", analyse Siddy Jobe. Voilà pourquoi le plan européen prévoit un budget de 12 milliards d'euros, sur 10 ans, pour développer la R&D en la matière. Et, pour un certain type de puce avancée de très petite taille (2 nanomètres), le centre de recherche louvaniste Imec se situe en pole position. Nul doute que cet institut de recherche interuniversitaire bénéficiera de la manne européenne. L'autre grande dimension de l'UE Chip Act consiste à attirer, sur le sol européen, des privés désireux de développer des unités de production. Le rêve de Thierry Breton serait de voir naître entre trois et cinq "megafabs" en Europe d'ici 10 ans. Des aides publiques soutenant des investissements privés. Et sur ce créneau-là, "la Belgique risque, d'après Siddy Jobe d'Econopolis, de ne pas être en mesure d'attirer de telles usines", alors que la France et l'Allemagne auront bien plus de poids et d'arguments pour les accueillir.