Le scénario est légèrement meilleur pour notre pays. Le Bureau du Plan, qui tablait en juin sur un effondrement de 10,6% du PIB pour 2020, prévoit désormais une chute de " seulement " 7,4% et une reprise de 6,5% l'an prochain.
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Le scénario est légèrement meilleur pour notre pays. Le Bureau du Plan, qui tablait en juin sur un effondrement de 10,6% du PIB pour 2020, prévoit désormais une chute de " seulement " 7,4% et une reprise de 6,5% l'an prochain. Le ciel économique est moins sombre que prévu. Le pire a été évité. La confiance revient chez les consommateurs et les chefs d'entreprise. Les prévisions de pertes d'emplois seraient moins catastrophistes (la Banque nationale parle de 50.000 cette année alors qu'elle en annonçait 180.000 avant l'été). Et le déficit qui était estimé à 40,2 milliards cette année ne serait plus " que " de 33,3 milliards. Ces chiffres restent gigantesques et n'occultent pas le sinistre qui s'est abattu sur certains secteurs comme le tourisme, l'horeca, l'aéronautique. Mais ils montrent que ces derniers mois, face au choc du Covid, nos économies se sont montrées étonnamment résilientes. Il y a plusieurs raisons à cela. Laurence Boone, l'économiste en chef de l'OCDE, cite à la fois "les politique publiques extraordinaires" qui ont été mises en place et les conditions dans lesquelles les réouvertures des économies ont été réalisées. Le manque à gagner pour l'économie mondiale est énorme (7.000 milliards de dollars) mais la quasi- totalité des pays ont rapidement tendu des filets de sécurité pour éviter des faillites massives et une explosion du chômage. Lorsque nous subissons un traumatisme, nous pouvons réagir de deux manières. En nous repliant sur nous-mêmes et en essayant de nous dissimuler l'accident dont nous sommes victimes. Ou au contraire en le transcendant, en le sublimant en quelque chose d'autre. C'est ce qui s'appelle la résilience, un mécanisme qui n'occulte pas le trauma mais cherche à en atténuer la douleur en le transformant. Et c'est ce qu'a montré l'Union européenne, en s'appuyant sur la crise du Covid pour décider d'injecter des centaines de milliards d'euros dans les industries du futur (l'hydrogène, le numérique, etc.), en révisant une stratégie politique et commerciale trop naïve, et en créant un véritable mécanisme de transfert entre Etats membres, mutualisant pour la première fois les dettes et créant un impôt européen (qui reste à préciser). Nous savons que les prévisions ne disent pas grand-chose de l'avenir. Elles ont néanmoins une utilité, qui n'est pas de refléter un futur déjà gravé dans le marbre mais, au contraire, d'en influer le cours en nous incitant à réagir. Les noires perspectives du printemps ont agi comme un électrochoc, secouant le gouvernement et les institutions européennes dont les réactions rapides et spectaculaires ont pu réinsuffler une certaine confiance. Tout n'est pas terminé, loin de là. Les entreprises restent fortement ébranlées. Une deuxième vague arrive alors que vaccins et traitements ne devraient être disponibles qu'au printemps prochain. L'erreur serait donc à nouveau de regarder les dernières prévisions comme des faits acquis, et de souffler puisque que cela va mieux. Nous devons continuer à faire preuve de résilience au cours des mois qui viennent. Mais cette crise a montré que nous en sommes capables. Et cela, c'est une très bonne nouvelle.