Le feuilleton n'en finit plus. Après avoir essuyé une cuisante défaite le 15 janvier dernier, Theresa May a expliqué en début de semaine à la Chambre des Communes vouloir retourner à Bruxelles pour renégocier le traité de divorce conclu en novembre. On pouvait s'attendre à une proposition de "plan B". Il n'en a rien été. La Première ministre s'est contentée de défendre son plan initial, en évoquant que des changements minimes.
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Le feuilleton n'en finit plus. Après avoir essuyé une cuisante défaite le 15 janvier dernier, Theresa May a expliqué en début de semaine à la Chambre des Communes vouloir retourner à Bruxelles pour renégocier le traité de divorce conclu en novembre. On pouvait s'attendre à une proposition de "plan B". Il n'en a rien été. La Première ministre s'est contentée de défendre son plan initial, en évoquant que des changements minimes. La Première ministre britannique, en grande difficulté, cherche par tous les moyens à dégager un consensus politique, à deux mois de la sortie officielle du Royaume-Uni de l'Union européenne, prévue le 29 mars prochain. Theresa May souhaite rediscuter du "filet de sécurité" qui est censé éviter le retour d'une frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord, afin d'éviter une recrudescence des tensions entre les nationalistes et les unionistes en Irlande du Nord. Mais pour le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit, le français Michel Barnier, la question ne se pose même pas. Pour lui, c'est "cet accord, sinon rien". Un casse-tête. Dans un entretien accordé au "Monde", Barnier exclut toute renégociation du texte conclu en novembre dernier sur les modalités du divorce entre le Royaume-Uni et l'Union. "C'est le seul traité du divorce possible", explique le négociateur en chef des Européens. "Les députés et le gouvernement britanniques ont besoin de temps et nous devons respecter ce temps démocratique, mais je pense qu'un accord ordonné sera globalement conforme au traité qui est là".Sur la question du "filet de sécurité" (ou backstop), Barnier explique pourquoi il est opposé à sa limitation dans le temps. Ce mécanisme prévoit que l'Irlande du Nord reste toujours alignée sur la règlementation européenne, le temps que les modalités de la future relation UE-Royaume-Uni soient trouvées. "C'est une assurance pour préserver la paix et la stabilité de l'île d'Irlande" et "une assurance n'est plus opérationnelle quand elle est limitée dans le temps", dit-il. Néanmoins, le négociateur des Européens se dit tout de même prêt à retravailler la déclaration politique qui accompagne le texte. Cette déclaration, assez courte et floue, définit les modalités de la future relation entre l'Union et le Royaume-Uni, qui doit être négociée, normalement, au printemps prochain. "Si j'écoute bien les débats outre-Manche, il y a une volonté de trouver un chemin. Mais si le gouvernement et les députés britanniques ne bougent pas leurs lignes, nous allons arriver mécaniquement au 'no deal'", explique-t-il au journal français. Pour plusieurs spécialistes, le report de la date officielle du Brexit en mars, est une des options les plus probables. Barnier n'exclut quant à lui pas l'option du report, mais s'interroge : "Pour quoi faire, et pour combien de temps ?", explique-t-il. "De plus, cette décision devra être prise sur demande des Britanniques et être approuvée par les Vingt-Sept au consensus. Le Parlement européen aura aussi son mot à dire."Mais le spectre d'un "no deal" plane toujours et cette option revient à jouer avec le feu. Et elle devient de plus en plus plausible. "Les 27 se préparent et seront prêts", assure Barnier. Il affirme que les Européens feront tout pour qu'il n'y ait pas de frontière dure en Irlande et que la question des Européens résidant au Royaume-Uni "sera prioritaire".Il précise que le "no deal" serait de toute façon douloureux : "On prendra certes des mesures pour que les avions puissent atterrir mais le 'no deal' ne peut pas être une addition de 'minideals', une situation de 'business as usual'."