En réalité, ces entreprises appliquent une forme de remake du boycott qui avait précipité la chute de l'Apartheid en Afrique du sud. Mais aujourd'hui, les dernières entreprises récalcitrantes hésitent encore car un cessez-le feu semble être possible entre les deux belligérants. Autrement dit, faut-il prendre une mesure drastique aujourd'hui avec le risque que la décision soit démentie par un accord de paix d'ici quelques semaines ?

La première réaction, la plus générale, la plus instinctive, c'est de dire que la question ne doit même pas se poser : la morale doit primer les affaires ! Et c'est d'ailleurs le discours extrêmement bien huilé que tient le président ukrainien à l'égard de chaque pays d'Europe ou même à l'égard des Etats-Unis. Il suffit de voir comment il impose sa parole à chaque fois qu'il s'invite - sous les applaudissement nourris des députés - dans chaque parlement. En excellent communicateur qu'il est, Zelensky a un mot, une référence pour chaque pays. Pour les Américains, il va leur parler de Pearl Harbor, pour les Français, il va leur parler de Verdun et de Jean-Paul Belmondo et chez nous en Belgique, il va nous parler du secteur du diamant. Avec à chaque fois, le même message : les entreprises des pays concernés et encore actives en Russie doivent cesser immédiatement d'être les "sponsors de la machine de guerre russe". Voilà, ça c'est pour le discours puissant et moralement juste de Zelensky. Et comme il est reproduit à l'infini par les médias et les réseaux sociaux, son impact ne laisse pas de marbre les entreprises qui - à tort ou à raison - décident de rester sur place en Russie.

Avec le recul, les entreprises du monde entier ont bien compris que la géopolitique est entrée au sein des conseils d'administration, peu importe les raisons que l'on peut invoquer pour rester sur place, ces dernières sont aujourd'hui inaudibles pour l'opinion publique. Autrement dit, les dirigeants d'entreprise doivent en tenir compte sous peine d'une chute de leur cours de bourse ou d'un appel au boycott d'une ONG ou d'un collectif de citoyens.

Mais c'est vrai, certaines entreprises résistent encore au discours ambiant et prennent la décision risquée de rester sur place. Pareille décision reste dangereuse en terme de réputation, car bien entendu, les dirigeants de ces entreprises sont immédiatement accusés d'être sans coeur, de ne penser qu'aux profits ! Résultat des courses : ces entreprises se lancent dans des explications pour justifier l'injustifiable aux yeux et aux oreilles de l'opinion publique. Prenons le cas du groupe hôtelier Accor : son patron Sébastien Bazin explique qu'il reste en Russie car il ne contribue pas à l'effort de guerre russe car son groupe hôtelier ne paie pas d'impôts en Russie. Je le cite : "Je ne gagne pas d'argent là-bas, donc personne ne peut me dire que je finance la guerre russe en Ukraine (...). Je ne paie pas d'impôts parce que j'y perds de l'argent, on est à 32% de taux d'occupation alors qu'on commence à gagner de l'argent à 55%". Et Sébastien Bazin d'ajouter que la présence de son groupe est importante, car "il y a une détresse plus forte chez ses collaborateurs en Russie qu'en Ukraine pour des raisons qui sont manifestement totalement différentes".

Bref, ces déclarations du PDG d'Accor montrent que nous sommes face à un beau débat éthique. D'autant que certains commentateurs ne se privent de rappeler que si le président ukrainien culpabilise avec succès l'occident, 30% du gaz livré aux Européens passe encore par l'Ukraine qui continue des prélever des loyers au passage ! C'est le paradoxe principal de cette guerre, nous autres Occidentaux imposons des sanctions drastiques sauf sur le gaz car nous en avons encore besoin pour nous chauffer, et les Ukrainiens nous le reprochent amèrement mais ils gardent le robinet ouvert. Comme l'écrit mon confrère d'Europe 1, Vincent Hervouet : "L'hôpital se fout de la charité. Les Ukrainiens reprochent mais ils gardent le robinet ouvert. Ils critiquent les clients mais ils touchent au passage. Ils combattent la Russie mais ils acceptent l'argent de Moscou".

En réalité, ces entreprises appliquent une forme de remake du boycott qui avait précipité la chute de l'Apartheid en Afrique du sud. Mais aujourd'hui, les dernières entreprises récalcitrantes hésitent encore car un cessez-le feu semble être possible entre les deux belligérants. Autrement dit, faut-il prendre une mesure drastique aujourd'hui avec le risque que la décision soit démentie par un accord de paix d'ici quelques semaines ? La première réaction, la plus générale, la plus instinctive, c'est de dire que la question ne doit même pas se poser : la morale doit primer les affaires ! Et c'est d'ailleurs le discours extrêmement bien huilé que tient le président ukrainien à l'égard de chaque pays d'Europe ou même à l'égard des Etats-Unis. Il suffit de voir comment il impose sa parole à chaque fois qu'il s'invite - sous les applaudissement nourris des députés - dans chaque parlement. En excellent communicateur qu'il est, Zelensky a un mot, une référence pour chaque pays. Pour les Américains, il va leur parler de Pearl Harbor, pour les Français, il va leur parler de Verdun et de Jean-Paul Belmondo et chez nous en Belgique, il va nous parler du secteur du diamant. Avec à chaque fois, le même message : les entreprises des pays concernés et encore actives en Russie doivent cesser immédiatement d'être les "sponsors de la machine de guerre russe". Voilà, ça c'est pour le discours puissant et moralement juste de Zelensky. Et comme il est reproduit à l'infini par les médias et les réseaux sociaux, son impact ne laisse pas de marbre les entreprises qui - à tort ou à raison - décident de rester sur place en Russie. Avec le recul, les entreprises du monde entier ont bien compris que la géopolitique est entrée au sein des conseils d'administration, peu importe les raisons que l'on peut invoquer pour rester sur place, ces dernières sont aujourd'hui inaudibles pour l'opinion publique. Autrement dit, les dirigeants d'entreprise doivent en tenir compte sous peine d'une chute de leur cours de bourse ou d'un appel au boycott d'une ONG ou d'un collectif de citoyens. Mais c'est vrai, certaines entreprises résistent encore au discours ambiant et prennent la décision risquée de rester sur place. Pareille décision reste dangereuse en terme de réputation, car bien entendu, les dirigeants de ces entreprises sont immédiatement accusés d'être sans coeur, de ne penser qu'aux profits ! Résultat des courses : ces entreprises se lancent dans des explications pour justifier l'injustifiable aux yeux et aux oreilles de l'opinion publique. Prenons le cas du groupe hôtelier Accor : son patron Sébastien Bazin explique qu'il reste en Russie car il ne contribue pas à l'effort de guerre russe car son groupe hôtelier ne paie pas d'impôts en Russie. Je le cite : "Je ne gagne pas d'argent là-bas, donc personne ne peut me dire que je finance la guerre russe en Ukraine (...). Je ne paie pas d'impôts parce que j'y perds de l'argent, on est à 32% de taux d'occupation alors qu'on commence à gagner de l'argent à 55%". Et Sébastien Bazin d'ajouter que la présence de son groupe est importante, car "il y a une détresse plus forte chez ses collaborateurs en Russie qu'en Ukraine pour des raisons qui sont manifestement totalement différentes". Bref, ces déclarations du PDG d'Accor montrent que nous sommes face à un beau débat éthique. D'autant que certains commentateurs ne se privent de rappeler que si le président ukrainien culpabilise avec succès l'occident, 30% du gaz livré aux Européens passe encore par l'Ukraine qui continue des prélever des loyers au passage ! C'est le paradoxe principal de cette guerre, nous autres Occidentaux imposons des sanctions drastiques sauf sur le gaz car nous en avons encore besoin pour nous chauffer, et les Ukrainiens nous le reprochent amèrement mais ils gardent le robinet ouvert. Comme l'écrit mon confrère d'Europe 1, Vincent Hervouet : "L'hôpital se fout de la charité. Les Ukrainiens reprochent mais ils gardent le robinet ouvert. Ils critiquent les clients mais ils touchent au passage. Ils combattent la Russie mais ils acceptent l'argent de Moscou".