Fumée blanche pour la déclaration du Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), à la Chambre ce jeudi après-midi.

Après une dernière nuit de négociations, un accord a été obtenu sur l'essentiel d'un paquet de plus de cent mesures très important pour les ménages et les entreprises.

Une dernière incertitude sur la possibilité d'organiser la séance à la Chambre a été levée mardi matin vers 9h, après une dernière "agitation" suite à une nuit de négociations tendue: le PS a réclamé des "apaisements" au sujet du travail de nuit dans l'e-commerce, la vice-Première miistre MR a un moment quitté la table... "Ce n'est pas un secret pour personne que les dernières semaines ont été sportives", a souligné d'emblée le Premier ministre, Alexander De Croo. En soulignant que le moment est crucial, après la crise du coronavirus.

Cette déclaration d'octobre est politiquement importante pour la Vivaldi fédérale, c'est la la première qui illustre vraiment son projet politique. Socialistes, libéraux et écologistes ont déjà défendu les grandes lignes de l'accord, dès ce mardi matin sur toutes les radios.

"Nous répondons à l'urgence énergétique, aux défis du marché du travail et faisons des investissements à hauteur de 1 milliard destinés à améliorer le bien-être des citoyens et la compétitivité", se félicite notamment Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier PS. "C'est un exercide très large et très fort, souligne Sophie Wilmès, vice-Première MR. Pour les libéraux, l'accent mis sur l'emploi est fondamental et permet d'éviter le recours à trop de fiscalité. "Nous nous sommes attaqués à de nombreux sujets qui sont restés longtemps des tabous rue de la Loi", se félicite Vincent Van Quickenborne (Open VLD). Georges Gilkinet (Ecolo) parle d'un "gouvernement du climat et de la justice sociale".

Au menu, des mesures importantes pour le monde de l'économie.

Budget: réduction du déficit

Le compromis obtenu sur l'effort à réaliser pour le budget fédéral 2020 était connu: 2,4 milliards d'euros. Cela permettra de réduire le déficit à 3,1% du PIB (contre 5,4 cette année). Cette amélioration du solde est spectaculaire en raison de la reprise économique. Les efforts s'appuient sur des économies linéaires au niveau de l'Etat fédéral, détaillées par le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V), un plan d'action contre la fraude sociale et fiscale, la taxe sur les comptes titres (430 millions d'euros), l'augmentation des accises sur le tabac (308 millions d'euros) et plusieurs mesures luttant contre l'incapacité du travail. Une adaptation du régime fiscal du football professionnel a également été adoptée.

"Nous avons cherché un équilibre qui n'était pas facile" entre la rigueur budgétaire et la relance économique, a souligné le Premier ministre. "Par rapport aux règles européennes, il n'était pas nécessaire de faire des efforts additionels, mais en Belgique, nous avons décidé de le faire", souligne Alexander De Croo.

Doper le taux d'emploi

L'ambition première du Premier ministre concernait l'amélioration du taux d'emploi, alors que la relance économique est au rendez-vous après la crise du coronavirus et que les pénuries risquent de l'entraver. La volonté affichée consiste à arriver à un taux d'emploi de 80% en 2030 (en sachant que des efforts colossaux devront être réalisés dans certaines parties du pays, singulièrement en Wallonie). "Un paquet très large de mesures" a été décidé, se félicite Alexander De Croo.

Une série de mesures concernent les malades de longue durée, qui explosent dans notre pays: leur nombre a doublé en quinze ans, pour atteindre pratiquement le demi-million. L'accord fédéral prévoit une plus grande responsabilitation de tous les acteurs, avec des sanctions à la clé si le travailleur refuse de répondre aux conditions médicale (questionnaire, rendez-vous chez le médecin). Des pertes de revenus sont possibles (de l'ordre de 2,5%) et les entreprises avec une importante proportion de malades pourraient aussi être "responsabilisées".

D'autres mesures visent à accroître la flexibilité du travail et à lutter contre les pénuries, sachant que nombre d'entre elles impliquent un accord entre partenaires sociaux. "Un focus particulier est mis à ce sujet", insiste Pierre-Yves Dermagne. Il est notamment question de la fameuse semaine des quatre jours (avec même nombre d'heures que celles des cinq jours), qui a fait débat ces derniers jours. Sophie Wilmès (MR) met en avant l'importance de concilier emploi et vie privée, un des accents importants de cet accord, dit-elle."Nous devons mettre les gens au travail, mais nous devons aussi les maintenir au travail", insiste Vincent Van Peteghem.

Un plan pour les métiers en pénuries (avec une douzaine de mesures) est entériné, de même qu'une une autonomie renforcée des Régions en termes de disponibilité des demandeurs d'emploi. Des formations seront défiscalisées et un droit individuel à la formation sera créé. Le Premier ministre insiste sur la coordination des politiques entre le fédéral et les Régions, ainsi qu'un volet consacré à la mobilité des travailleurs, via une plateforme fédérale.

Le Premier ministre insiste également sur les mesures prises en matière d'activation. "C'est une première en Belgique, ça montre que la question des métiers en pénurie et la question de l'invalidité, sont prises en charge", soulignait lui aussi Georges-Louis Bouchez ce mardi matin sur LN24.

Le dernier point qui coinçait concernait les conditions du travail de nuit dans l'e-commerce (avec une résistance du PS). Selon Comeos, les barrières actuelles coûteraient quelque 20000 emplois.

"Des concertations sociales seront lancées ces prochaines semaines", souligne Pierre-Yves Dermagne.

"Ces mesures seront insuffisantes pour relever de façon structurelle le taux d'emploi" déplore le patronat flamand (Voka), estimant que le gouvernement De Croo s'est arrêté "à mi-chemin".

Investir un milliard pour la relance

En matière de relance, le montant avancé pour la relance serait de un milliard d'euros, à destination de projets favorables à l'environnement et à la numérisation de la société. Bien qu'un peu moins important que prévu, ce montant suffirait à rencontrer l'objectif important que s'était assignée la Vivaldi, à savoir un taux d'investissements publics de 3,5% d'ici à 2024, souligne le cabinet du secrétaire d'Etat Thomas Dermine (PS). Le MR met en avant les accents mis sur la digitialisation de la société et la simplification administrative.

Ces moyens viennent s'ajouter aux 1,25 milliards d'euros de projets fédéraux inclus dans le Plan de relance européen (PRR) et aux 328 millions d'euros d'investissements complémentaires déjà dégagés en avril dernier. "Durant trop longtemps, notre politique d'investissement a été aveuglée par le court-termisme, , précise Thomas Dermine, Secrétaire d'État pour la Relance et les Investissements stratégiques. Aujourd'hui, nos infrastructures publiques ne tiennent plus la comparaison avec celles des pays voisins. Grâce à ce nouveau boost d'investissements, nous inversons cette tendance. Ce sera bénéfique pour la compétitivité de notre économie, la qualité de vie de nos concitoyens et permettra de répondre aux principaux défis auxquels nous sommes confrontés, au premier rang desquels figure la transition écologique".

La mobilité "constituera un levier essentiel" de ce "gouvernement du Climat", car 250 millions seront investis dans les rails et dans les trains, souligne Georges Gilkinet, vice-Premier ministre Ecolo. "Ces investissements permettront de voir plus de trains rouler, des gares plus accessibles, contribueront à l'objectif de doublement du volume des marchandises transportées par rail et un renforcement de la ligne internationale Bruxelles-Luxembourg, détaille le Vice-premier Ecolo. Ce gouvernement a clairement choisi la mobilité durable, pour plus de trains, moins de camions et moins d'avions. Et je m'en réjouis !". Il insiste aussi sur la création de "l'Ocam climat" pour avoir davantage de prévisibilité sur le plan climatique

Ce plan "a donc servi de variable d'ajustement", critique Catherine Fonck (CDH), dans l'opposition.

Energie: des mesures pour la facture

L'invité de dernier minute au conclave budgétaire n'était autre que la question énergétique, avec l'explosion annoncée de la facture en raison de marchés devenus fous. Le Premier ministre souligne combien ce sujet est devenu important.

Une palette de mesures est annoncée, essentiellement orientée vers les plus démunis: prolongation du tarif social, chèque suppléméntaire de 80 euros pour les revenus les plus bas et adaptation de la part fédérale de taxe sur la facture, transformée en accises (plus souples). "C'est la plus grande réforme de la facture énergétique de ces dix dernières années", souligne De Croo. "La relance du tarif social est un signal fort", ajoute Pierre-Yves Dermagne.

Pour la classe moyenne, cependant, deux mesures interviennent, insiste le MR sur LN24. Le cliquet inversé: "pour la facture de tous le monde, on va pouvoir maitriser la hausse des prix et la fiscalité à partir du moment où le prix de l'énergie augmente".

Le président du MR met en avant également le volet fiscal, sous la forme d'un tax shift: un peu moins de 300 000 millions d'euros sont dégagés pour baisser les impôts des salaires moyens (2300 euros/salaire médian).

"C'est un paquet de décisions très large, conclut Alexander De Croo. Nous sommes à un moment clé pour la croissance." Qui insiste sur la nécessité d'utiliser au maximum le potentiel de la Belgique.

Fumée blanche pour la déclaration du Premier ministre, Alexander De Croo (Open VLD), à la Chambre ce jeudi après-midi. Après une dernière nuit de négociations, un accord a été obtenu sur l'essentiel d'un paquet de plus de cent mesures très important pour les ménages et les entreprises. Une dernière incertitude sur la possibilité d'organiser la séance à la Chambre a été levée mardi matin vers 9h, après une dernière "agitation" suite à une nuit de négociations tendue: le PS a réclamé des "apaisements" au sujet du travail de nuit dans l'e-commerce, la vice-Première miistre MR a un moment quitté la table... "Ce n'est pas un secret pour personne que les dernières semaines ont été sportives", a souligné d'emblée le Premier ministre, Alexander De Croo. En soulignant que le moment est crucial, après la crise du coronavirus.Cette déclaration d'octobre est politiquement importante pour la Vivaldi fédérale, c'est la la première qui illustre vraiment son projet politique. Socialistes, libéraux et écologistes ont déjà défendu les grandes lignes de l'accord, dès ce mardi matin sur toutes les radios. "Nous répondons à l'urgence énergétique, aux défis du marché du travail et faisons des investissements à hauteur de 1 milliard destinés à améliorer le bien-être des citoyens et la compétitivité", se félicite notamment Pierre-Yves Dermagne, vice-Premier PS. "C'est un exercide très large et très fort, souligne Sophie Wilmès, vice-Première MR. Pour les libéraux, l'accent mis sur l'emploi est fondamental et permet d'éviter le recours à trop de fiscalité. "Nous nous sommes attaqués à de nombreux sujets qui sont restés longtemps des tabous rue de la Loi", se félicite Vincent Van Quickenborne (Open VLD). Georges Gilkinet (Ecolo) parle d'un "gouvernement du climat et de la justice sociale".Au menu, des mesures importantes pour le monde de l'économie.Le compromis obtenu sur l'effort à réaliser pour le budget fédéral 2020 était connu: 2,4 milliards d'euros. Cela permettra de réduire le déficit à 3,1% du PIB (contre 5,4 cette année). Cette amélioration du solde est spectaculaire en raison de la reprise économique. Les efforts s'appuient sur des économies linéaires au niveau de l'Etat fédéral, détaillées par le ministre des Finances Vincent Van Peteghem (CD&V), un plan d'action contre la fraude sociale et fiscale, la taxe sur les comptes titres (430 millions d'euros), l'augmentation des accises sur le tabac (308 millions d'euros) et plusieurs mesures luttant contre l'incapacité du travail. Une adaptation du régime fiscal du football professionnel a également été adoptée."Nous avons cherché un équilibre qui n'était pas facile" entre la rigueur budgétaire et la relance économique, a souligné le Premier ministre. "Par rapport aux règles européennes, il n'était pas nécessaire de faire des efforts additionels, mais en Belgique, nous avons décidé de le faire", souligne Alexander De Croo.L'ambition première du Premier ministre concernait l'amélioration du taux d'emploi, alors que la relance économique est au rendez-vous après la crise du coronavirus et que les pénuries risquent de l'entraver. La volonté affichée consiste à arriver à un taux d'emploi de 80% en 2030 (en sachant que des efforts colossaux devront être réalisés dans certaines parties du pays, singulièrement en Wallonie). "Un paquet très large de mesures" a été décidé, se félicite Alexander De Croo.Une série de mesures concernent les malades de longue durée, qui explosent dans notre pays: leur nombre a doublé en quinze ans, pour atteindre pratiquement le demi-million. L'accord fédéral prévoit une plus grande responsabilitation de tous les acteurs, avec des sanctions à la clé si le travailleur refuse de répondre aux conditions médicale (questionnaire, rendez-vous chez le médecin). Des pertes de revenus sont possibles (de l'ordre de 2,5%) et les entreprises avec une importante proportion de malades pourraient aussi être "responsabilisées".D'autres mesures visent à accroître la flexibilité du travail et à lutter contre les pénuries, sachant que nombre d'entre elles impliquent un accord entre partenaires sociaux. "Un focus particulier est mis à ce sujet", insiste Pierre-Yves Dermagne. Il est notamment question de la fameuse semaine des quatre jours (avec même nombre d'heures que celles des cinq jours), qui a fait débat ces derniers jours. Sophie Wilmès (MR) met en avant l'importance de concilier emploi et vie privée, un des accents importants de cet accord, dit-elle."Nous devons mettre les gens au travail, mais nous devons aussi les maintenir au travail", insiste Vincent Van Peteghem.Un plan pour les métiers en pénuries (avec une douzaine de mesures) est entériné, de même qu'une une autonomie renforcée des Régions en termes de disponibilité des demandeurs d'emploi. Des formations seront défiscalisées et un droit individuel à la formation sera créé. Le Premier ministre insiste sur la coordination des politiques entre le fédéral et les Régions, ainsi qu'un volet consacré à la mobilité des travailleurs, via une plateforme fédérale.Le Premier ministre insiste également sur les mesures prises en matière d'activation. "C'est une première en Belgique, ça montre que la question des métiers en pénurie et la question de l'invalidité, sont prises en charge", soulignait lui aussi Georges-Louis Bouchez ce mardi matin sur LN24.Le dernier point qui coinçait concernait les conditions du travail de nuit dans l'e-commerce (avec une résistance du PS). Selon Comeos, les barrières actuelles coûteraient quelque 20000 emplois."Des concertations sociales seront lancées ces prochaines semaines", souligne Pierre-Yves Dermagne."Ces mesures seront insuffisantes pour relever de façon structurelle le taux d'emploi" déplore le patronat flamand (Voka), estimant que le gouvernement De Croo s'est arrêté "à mi-chemin".En matière de relance, le montant avancé pour la relance serait de un milliard d'euros, à destination de projets favorables à l'environnement et à la numérisation de la société. Bien qu'un peu moins important que prévu, ce montant suffirait à rencontrer l'objectif important que s'était assignée la Vivaldi, à savoir un taux d'investissements publics de 3,5% d'ici à 2024, souligne le cabinet du secrétaire d'Etat Thomas Dermine (PS). Le MR met en avant les accents mis sur la digitialisation de la société et la simplification administrative.Ces moyens viennent s'ajouter aux 1,25 milliards d'euros de projets fédéraux inclus dans le Plan de relance européen (PRR) et aux 328 millions d'euros d'investissements complémentaires déjà dégagés en avril dernier. "Durant trop longtemps, notre politique d'investissement a été aveuglée par le court-termisme, , précise Thomas Dermine, Secrétaire d'État pour la Relance et les Investissements stratégiques. Aujourd'hui, nos infrastructures publiques ne tiennent plus la comparaison avec celles des pays voisins. Grâce à ce nouveau boost d'investissements, nous inversons cette tendance. Ce sera bénéfique pour la compétitivité de notre économie, la qualité de vie de nos concitoyens et permettra de répondre aux principaux défis auxquels nous sommes confrontés, au premier rang desquels figure la transition écologique".La mobilité "constituera un levier essentiel" de ce "gouvernement du Climat", car 250 millions seront investis dans les rails et dans les trains, souligne Georges Gilkinet, vice-Premier ministre Ecolo. "Ces investissements permettront de voir plus de trains rouler, des gares plus accessibles, contribueront à l'objectif de doublement du volume des marchandises transportées par rail et un renforcement de la ligne internationale Bruxelles-Luxembourg, détaille le Vice-premier Ecolo. Ce gouvernement a clairement choisi la mobilité durable, pour plus de trains, moins de camions et moins d'avions. Et je m'en réjouis !". Il insiste aussi sur la création de "l'Ocam climat" pour avoir davantage de prévisibilité sur le plan climatiqueCe plan "a donc servi de variable d'ajustement", critique Catherine Fonck (CDH), dans l'opposition.L'invité de dernier minute au conclave budgétaire n'était autre que la question énergétique, avec l'explosion annoncée de la facture en raison de marchés devenus fous. Le Premier ministre souligne combien ce sujet est devenu important.Une palette de mesures est annoncée, essentiellement orientée vers les plus démunis: prolongation du tarif social, chèque suppléméntaire de 80 euros pour les revenus les plus bas et adaptation de la part fédérale de taxe sur la facture, transformée en accises (plus souples). "C'est la plus grande réforme de la facture énergétique de ces dix dernières années", souligne De Croo. "La relance du tarif social est un signal fort", ajoute Pierre-Yves Dermagne.Pour la classe moyenne, cependant, deux mesures interviennent, insiste le MR sur LN24. Le cliquet inversé: "pour la facture de tous le monde, on va pouvoir maitriser la hausse des prix et la fiscalité à partir du moment où le prix de l'énergie augmente". Le président du MR met en avant également le volet fiscal, sous la forme d'un tax shift: un peu moins de 300 000 millions d'euros sont dégagés pour baisser les impôts des salaires moyens (2300 euros/salaire médian)."C'est un paquet de décisions très large, conclut Alexander De Croo. Nous sommes à un moment clé pour la croissance." Qui insiste sur la nécessité d'utiliser au maximum le potentiel de la Belgique.