Ce mandat, fruit des discussions entre les capitales, devra encore être formellement adopté mardi lors d'une réunion ministérielle.

Mais sa finalisation constitue une étape décisive, car elle ouvre la voie aux premiers pourparlers, début mars, entre l'UE et le Royaume-Uni, soit un peu plus d'un mois après son départ le 31 janvier.

Londres et Bruxelles n'ont que quelques mois d'ici la fin de l'année, pour s'entendre sur leur future relation, le temps de la période de transition pendant laquelle les Britanniques continuent d'appliquer les règles européennes.

Samedi, le président français Emmanuel Macron, a émis des doutes sur la possibilité d'un accord global d'ici la fin de l'année. "Je ne suis pas sûr", a-t-il dit. "De toute façon, ça va se tendre car les Britannique) sont très durs", a-t-il mis en garde.

Les deux parties se sont engagées, dans une "déclaration politique" signée en fin d'année dernière, à conclure "un partenariat ambitieux", avec "des engagements fermes" garantissant une concurrence "équitable".

Cette position commune s'est, cependant, largement distendue depuis.

Les Européens restent ouverts à un large partenariat, comprenant un accord commercial sans quotas ni droits de douane. Mais ils ont durci le ton - sous la pression de la France - sur les contreparties réclamées.

Craignant plus que tout la concurrence déloyale du Royaume-Uni, ils exigent qu'il continue de respecter certaines règles de l'UE "au fil du temps", en particulier en matière d'aides d'Etat, d'environnement, de droit du travail et de fiscalité.

Cette demande, inédite dans un accord de libre-échange, s'explique par la proximité géographique et la forte intégration économique de Londres avec le continent.

Elle a déjà été balayée la semaine passée par le négociateur britannique sur le Brexit, David Frost.

"Il est essentiel pour nous de pouvoir établir des lois qui nous conviennent (...) C'est l'objectif même de l'ensemble du projet", a insisté M. Frost lors d'une intervention récente à Bruxelles.

- Lourdes implications -

Les Britanniques semblent désormais se contenter d'un accord commercial basique, à l'image de ceux négociés par l'UE avec le Canada ou le Japon, mais qui préserverait leur capacité à réguler librement leur économie.

"Pour faire court, tout ce que nous voulons c'est ce dont bénéficient les autres pays indépendants", a résumé David Frost.

Même un "no deal", avec ses lourdes implications sur l'économie, notamment des droits de douane parfois élevés, ne paraît pas les effrayer, si l'on en croit le négociateur britannique.

Dans ce contexte, la courte négociation à venir --à peine dix cycles de discussion de trois semaines-- s'annonce déjà tendue.

"Il faut être clair: la déclaration politique, qui a été agréée mot à mot, ligne à ligne, avec (le premier ministre britannique) Boris Johnson en octobre dernier reste et restera la fondation de toute négociation", n'a cessé de répéter Michel Barnier ces derniers jours.

Optimiste, un haut responsable européen insiste sur la manière dont Boris Johnson avait brusquement adouci son discours au moment de négocier le départ du Royaume-Uni fin 2019.

Il n'empêche qu'outre les conditions de concurrence, les sujets de friction entre Londres et Bruxelles ne manquent pas, comme la future place des services financiers britanniques dans l'UE ou encore la question ultra-sensible de la pêche.

Sur ce dernier point, le mandat des Européens insiste sur le fait que le futur accord devra "maintenir un accès réciproque" aux eaux territoriales des deux pays, ce qui semble difficile à accepter pour Londres.

L'UE aimerait également que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) garde le dernier mot pour interpréter le droit de l'Union, en cas de différend entre Londres et Bruxelles, ce que le Royaume-Uni refuse.

Ce mandat, fruit des discussions entre les capitales, devra encore être formellement adopté mardi lors d'une réunion ministérielle.Mais sa finalisation constitue une étape décisive, car elle ouvre la voie aux premiers pourparlers, début mars, entre l'UE et le Royaume-Uni, soit un peu plus d'un mois après son départ le 31 janvier.Londres et Bruxelles n'ont que quelques mois d'ici la fin de l'année, pour s'entendre sur leur future relation, le temps de la période de transition pendant laquelle les Britanniques continuent d'appliquer les règles européennes.Samedi, le président français Emmanuel Macron, a émis des doutes sur la possibilité d'un accord global d'ici la fin de l'année. "Je ne suis pas sûr", a-t-il dit. "De toute façon, ça va se tendre car les Britannique) sont très durs", a-t-il mis en garde.Les deux parties se sont engagées, dans une "déclaration politique" signée en fin d'année dernière, à conclure "un partenariat ambitieux", avec "des engagements fermes" garantissant une concurrence "équitable".Cette position commune s'est, cependant, largement distendue depuis.Les Européens restent ouverts à un large partenariat, comprenant un accord commercial sans quotas ni droits de douane. Mais ils ont durci le ton - sous la pression de la France - sur les contreparties réclamées.Craignant plus que tout la concurrence déloyale du Royaume-Uni, ils exigent qu'il continue de respecter certaines règles de l'UE "au fil du temps", en particulier en matière d'aides d'Etat, d'environnement, de droit du travail et de fiscalité.Cette demande, inédite dans un accord de libre-échange, s'explique par la proximité géographique et la forte intégration économique de Londres avec le continent.Elle a déjà été balayée la semaine passée par le négociateur britannique sur le Brexit, David Frost."Il est essentiel pour nous de pouvoir établir des lois qui nous conviennent (...) C'est l'objectif même de l'ensemble du projet", a insisté M. Frost lors d'une intervention récente à Bruxelles.- Lourdes implications -Les Britanniques semblent désormais se contenter d'un accord commercial basique, à l'image de ceux négociés par l'UE avec le Canada ou le Japon, mais qui préserverait leur capacité à réguler librement leur économie."Pour faire court, tout ce que nous voulons c'est ce dont bénéficient les autres pays indépendants", a résumé David Frost.Même un "no deal", avec ses lourdes implications sur l'économie, notamment des droits de douane parfois élevés, ne paraît pas les effrayer, si l'on en croit le négociateur britannique.Dans ce contexte, la courte négociation à venir --à peine dix cycles de discussion de trois semaines-- s'annonce déjà tendue."Il faut être clair: la déclaration politique, qui a été agréée mot à mot, ligne à ligne, avec (le premier ministre britannique) Boris Johnson en octobre dernier reste et restera la fondation de toute négociation", n'a cessé de répéter Michel Barnier ces derniers jours.Optimiste, un haut responsable européen insiste sur la manière dont Boris Johnson avait brusquement adouci son discours au moment de négocier le départ du Royaume-Uni fin 2019.Il n'empêche qu'outre les conditions de concurrence, les sujets de friction entre Londres et Bruxelles ne manquent pas, comme la future place des services financiers britanniques dans l'UE ou encore la question ultra-sensible de la pêche.Sur ce dernier point, le mandat des Européens insiste sur le fait que le futur accord devra "maintenir un accès réciproque" aux eaux territoriales des deux pays, ce qui semble difficile à accepter pour Londres.L'UE aimerait également que la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) garde le dernier mot pour interpréter le droit de l'Union, en cas de différend entre Londres et Bruxelles, ce que le Royaume-Uni refuse.