Dans ce dernier cas, le Parlement britannique le contraindra à demander un nouveau report. En effet, le mois dernier, une coalition de membres de l'opposition et de rebelles de la majorité a voté une loi qui le contraint à demander un report s'il ne parvient pas à un accord avant samedi. Reste à savoir si Johnson, qui ne recule pas devant un 'no deal' Brexit, demandera effectivement le report. Il est manifeste que tout peut arriver avec Boris Johnson qui a déclaré : I'd rather die in a ditch than ask for a Brexit delay.

Un 'no deal' Brexit porterait un préjudice sans précédent à l'économie belge et pousserait nos chefs d'entreprise dans une situation chaotique. C'est la raison pour laquelle les organisations patronales du pays ont tiré la sonnette d'alarme la semaine dernière : il faut éviter un 'no deal' Brexit ! Les organisations patronales espèrent qu'un terme sera rapidement mis au chaos du Brexit - qui n'a déjà que trop duré -, car l'incertitude affecte lourdement nos entreprises.

Dans un 'best case scenario", un accord de retrait est conclu rapidement et les négociations sur la relation future entre l'Union européenne et le Royaume-Uni peuvent démarrer rapidement pendant la phase de transition. Les organisations patronales plaident pour un partenariat le plus approfondi possible, afin de maintenir les importants flux commerciaux, tout en garantissant le bon fonctionnement du marché intérieur européen et une concurrence loyale.

Dans un "average case scenario", on opte pour un nouveau report. Une nouvelle prolongation des négociations ne ferait que prolonger l'incertitude et est donc loin d'être idéale. Cependant, l'incertitude et le préjudice économique d'un 'no deal' Brexit pèsent davantage encore que ceux d'un report additionnel. Il s'agit donc d'une solution temporaire, pour autant que l'on continue à rechercher un accord négocié.

Le 'worst case scenario' est manifestement le 'no deal' Brexit, où les Britanniques quitteraient l'UE sans accord de retrait. Cela causerait un préjudice économique énorme à notre pays. En outre, cela signifierait l'absence d'une phase transitoire basée sur le statu quo et réduirait considérablement les chances d'une relation future durable entre l'UE et le R.-U. Il faut donc éviter ce scénario du 'no deal'.

Les négociations sont actuellement bloquées sur la question irlandaise. Nous comprenons qu'une frontière dure entre l'Irlande et l'Irlande du Nord est politiquement inacceptable. Nous attirons toutefois l'attention sur la nécessité de garantir le bon fonctionnement du marché intérieur et, en particulier, sur l'exercice de contrôles douaniers aux frontières extérieures de l'Union européenne ainsi que sur les contrôles de conformité des produits importés de pays tiers. En vue d'éviter un scénario 'no-deal', nous espérons que toutes les parties prendront leurs responsabilités afin de trouver une solution négociée au problème de l'Irlande.

Malgré tous les efforts consentis, un retrait 'no deal' reste malheureusement possible. En conséquence, il faut poursuivre les préparatifs pour cette éventualité. Les entreprises belges doivent prendre les mesures nécessaires et les autorités doivent tout mettre en oeuvre pour minimiser l'impact d'un éventuel 'no deal'.

Il appartient à présent aux chefs d'Etat et de gouvernement européens de définir la stratégie appropriée : faut-il rechercher un compromis sur la base de la nouvelle proposition ? Ou peut-on compter sur le fait que le Parlement contraindra Johnson à un report ou même à un Brexit plus 'soft' ? Ou faut-il jouer la carte dure au risque d'aboutir à un 'no deal' Brexit ?

Les entreprises ont besoin de clarté...