C'est fait, vous allez en entendre parler toute la journée. Le Premier ministre britannique Theresa May a essuyé une véritable défaite devant le Parlement britannique : les députés ont massivement rejeté par 432 voix contre 202 l'accord de divorce qu'elle avait conclu avec la Commission européenne après 17 mois de discussions forcenées.

Ce n'est pas vraiment une surprise car la réaction des députés était attendue mais le rejet est violent : l'écart de 230 voix est historique, c'est la plus lourde défaite d'un gouvernement britannique depuis presque 100 ans : il faut remonter à 1924 pour trouver un tel désaveu.

Alors, quelles sont maintenant les options qui restent sur la table ? A priori, deux options : et elles seront rapidement connues, car Theresa May a 3 jours ouvrables pour faire connaitre son plan B.

Soit elle aura recours à des élections anticipées, soit elle met en place un deuxième référendum. Ceux qui veulent rester au sein de l'Union européenne rêvent évidemment d'un deuxième référendum, mais ils risquent de rêver longtemps car les sondages prédisent une victoire du non au Brexit en cas de deuxième référendum. Autant dire que la Grande-Bretagne est en plein brouillard. Le FOG comme ils disent là-bas est plus épais que jamais.

L'autre leçon à tirer de cet échec, c'est une leçon pour la France confrontée à ses gilets jaunes. Les gilets jaunes ne rêvent que d'une chose : de pouvoir aussi avoir recours à des sortes de référendum, le fameux RIC, référendum d'initiative citoyenne.

En Belgique, la nervosité s'installe chez les patrons flamands car la Flandre sera, après l'Irlande, la région la plus impactée par un Brexit sauvage.

Il donne l'impression que le peuple en sait plus que les élites et que forcément les élites, qu'elles soient politiques, économiques et médiatiques, sont corrompues et que seul le peuple sait ce qui est bon pour lui.

C'est une vision d'école de récréation. En réalité, le Brexit l'a montré, il y a les promesses et puis la réalité. La promesse de certains tribuns populistes c'est qu'il fallait voter la sortie de l'Union européenne, car grâce à cela la Grande-Bretagne serait plus riche, qu'elle pourrait reprendre le contrôle de ses frontières mais tout en gardant les avantages de l'union douanière avec l'Europe.

Mais à l'arrivée, c'est l'échec après 17 mois de négociation, c'est le risque d'un appauvrissement de la Grande-Bretagne, d'une baisse de la croissance et de l'immobilier.

Bref, le peuple a été manipulé par des personnages cyniques et aujourd'hui le compte à rebours a commencé puisqu'un accord doit absolument être trouvé avant le 29 mars, date fatidique pour éviter que la Grande-Bretagne ne soit éjectée de l'Union européenne sans accord.

En Belgique, la nervosité s'installe chez les patrons flamands, car la Flandre sera après l'Irlande, la région la plus impactée par un Brexit sauvage. Bruxelles et la Wallonie seront donc impactées indirectement. C'est ce qu'on appelle l'effet papillon. Les britanniques trinquent un peu trop et ce sont les Belges qui ont aussi la gueule de bois!