Le marasme et l'incertitude liés au Brexit ne désemplissent pas, à un peu plus de trois semaines de la date butoir de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, prévue le 31 octobre. Alors que les négociations entre Boris Johnson et Bruxelles semblent être dans une impasse, cette dernière accusant le chef du gouvernement britannique de "jouer avec l'avenir de l'Union européenne", les incertitudes économiques, elles, grandissent.
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Le marasme et l'incertitude liés au Brexit ne désemplissent pas, à un peu plus de trois semaines de la date butoir de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, prévue le 31 octobre. Alors que les négociations entre Boris Johnson et Bruxelles semblent être dans une impasse, cette dernière accusant le chef du gouvernement britannique de "jouer avec l'avenir de l'Union européenne", les incertitudes économiques, elles, grandissent.La perspective du "no deal" est de plus en plus vraisemblable et ferait inéluctablement plonger l'économie britannique. Mais si l'Union a donné jusqu'à la fin de semaine à l'ancien maire de Londres et son gouvernement pour proposer une solution à l'amiable afin d'éviter le saut dans l'inconnu fin du mois, les relations économiques entre les deux parties se sont déjà bien dégradées depuis 2016.Comme l'explique un article des Echos, L'Institute for Fiscal Studies a publié, en ce début de semaine, une analyse du budget du nouveau gouvernement, réalisée avec la banque Citi. Les conclusions sont claires : depuis 2016 et la victoire du camp du "Yes", le niveau de production a été inférieur de 60 milliards de livres à ce qu'il aurait été si l'autre camp l'avait emporté. Autres chiffres : si le déficit budgétaire était pourtant revenu à son plus bas niveau depuis 17 ans lors de la période 2018-2019, soit 1,2% du PIB, il devrait néanmoins grimper aux alentours de 2,3% lors du prochain exercice, en cas de sortie avec accord, mais atteindrait les 4% en cas de "no deal". De 50 milliards aujourd'hui, il atteindrait les 100 milliards l'année prochaine.Si, comme pressenti, "BoJo" et son gouvernement mettent en oeuvre leur grande politique de baisses d'impôts, dont le but est de contrer et d'amoindrir les effets d'un "no deal", celle-ci aurait fatalement comme conséquence d'aggraver le déficit des finances publiques. La croissance et le niveau d'investissements ne sont pas épargnés non plus : leur dégradation s'accentue au fur et à mesure des retards prolongés du Brexit. "Accuracy Brexit Index"Globalement, les relations économiques entre l'Union européenne et le Royaume-Uni se sont détériorées de 12% en trois ans. Pour arriver à ce chiffre, un nouvel indice qui mesure celles-ci a été créé ("l'Accuracy Brexit Index"). Il repose sur quatre dimensions qui correspondent aux quatre libertés fondamentales du marché unique, c'est-à-dire la libre circulation des capitaux, des personnes, des biens et enfin des services. L'indice, qui vaut 100% en juin 2016, juste avant la victoire du "oui", est réparti en 4 parties égales de 25% selon les dimensions évoquées ci-dessus. Si les biens et les services semblent plutôt bien "résister" (respectivement 97 et 95% de l'indice de 2016), les investissements directs étrangers et les migrations souffrent beaucoup plus des dégradations des relations entre l'UE et le Royaume-Uni : en ce qui concerne la circulation des capitaux, l'indice s'élève actuellement à 87%. Et c'est encore pire pour la circulation des personnes : 75%. Ce n'est pas une surprise : les investissements directs de l'Union européenne vers le Royaume-Uni trinquent. L'indice, comme montré ci-dessus, a perdu 13% en 2019 par rapport à 2016. Avant cette date, le pays avait attiré, en cumulé, entre 2005 et 2015, 5,6% des investissements directs mondiaux. En 2018, selon une étude d'IBM Institute for Business Value, les projets d'investissements au Royaume-Uni ont subi une nette baisse, soit 17% ainsi que 29% des emplois associés. "Cette baisse a été particulièrement marquée dans les fonctions de production, de R & D, ainsi que pour les centres de décisions internationaux", note l'étude, reprise, toujours, par Les Echos. Comme évoqué plus haut, les dégradations des relations entre les deux parties ont eu une influence significative sur la circulation des personnes. Même si aucune règle n'a encore été modifiée quant à la liberté de circuler, le flux de citoyens européens, entre le deuxième trimestre 2018 et le premier trimestre 2019 a connu une baisse importante, de l'ordre de 30%. Le nombre d'Européens ayant décidé de quitter le territoire britannique a complètement explosé également, soit 48%, et ce, sur une seule année. Autre chiffre : fin mars 2019, le flux d'immigrés européens, qui était de l'ordre de 43% du total en 2015, a fondu, pour perdre 10 points et atteindre 33% de la part totale 4 ans plus tard.