"Il faut se préparer au pire, espérer le meilleur bien sûr, mais se préparer au pire et on n'a plus que quinze jours pour le faire", a souligné la secrétaire d'Etat à l'issue d'une réunion d'information et d'échanges avec les entreprises organisée à Bercy. "Les entreprises doivent se mobiliser: il ne faut pas qu'elles aient le sentiment que les négociations" en cours ouvrent la porte à un "scénario qui repousserait la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne", a-t-elle insisté.

Ces propos interviennent alors que la Commission européenne a annoncé lundi avoir terminé ses préparatifs en cas de divorce sans accord avec le Royaume-Uni le 12 avril prochain, une perspective jugée "de plus en plus vraisemblable".

"Nous avons anticipé" ce scénario en prévoyant "des zones de dédouanement, une intelligence dans les procédures, l'utilisation des nouvelles technologies", a détaillé Agnès Pannier-Runacher.

Mais "il faut aussi que les entreprises (...) soient au clair sur ces procédures", a-t-elle poursuivi, en estimant que les PME et les TPE notamment n'avaient "pas toujours le support juridique pour se préparer à ce type de situation".

Selon la secrétaire d'Etat, certains secteurs professionnels risquent en outre d'être confrontés à des problèmes spécifiques, à l'image du secteur pharmaceutique, où sont en jeu des autorisations qui ne sont pas "uniquement douanières, mais sanitaires".

Pour Agnès Pannier-Runacher, l'impact économique d'un divorce sans accord devrait cependant être "modéré à moyen terme" pour la France, du moins si nouvelles règles commerciales "équilibrées" sont trouvées.

"On est capables de mettre en place une relation future avec un niveau de libre échange élevé avec le Royaume-Uni. On ne va pas tirer un trait du jour au lendemain sur 45 ans de coopération et de travail commun", a-t-elle estimé.