C'est clairement le cas en ce qui concerne l'immigration, la justice ou les choix personnels individuels, trois domaines dans lesquels le président Trump mène une politique particulièrement rétrograde et peu conciliable avec les droits humains. Mais c'est aussi vrai dans les matières fiscales, sociales et environnementales. On relèvera par exemple les propositions, communes à Biden et Sanders, concernant l'instauration d'un salaire minimum à 15 dollars/h. Celui-ci est actuellement au niveau fédéral à 9,25 dollars, même si plusieurs Etats rendent obligatoire un salaire supérieur à cette somme. Il reste que le premier employeur du pays, Walmart (1,4 million de travailleurs) ne propose qu'un minimum de 11 dollars, et seulement depuis qu'il a bénéficié de la réforme fiscale de Donald Trump, s...

C'est clairement le cas en ce qui concerne l'immigration, la justice ou les choix personnels individuels, trois domaines dans lesquels le président Trump mène une politique particulièrement rétrograde et peu conciliable avec les droits humains. Mais c'est aussi vrai dans les matières fiscales, sociales et environnementales. On relèvera par exemple les propositions, communes à Biden et Sanders, concernant l'instauration d'un salaire minimum à 15 dollars/h. Celui-ci est actuellement au niveau fédéral à 9,25 dollars, même si plusieurs Etats rendent obligatoire un salaire supérieur à cette somme. Il reste que le premier employeur du pays, Walmart (1,4 million de travailleurs) ne propose qu'un minimum de 11 dollars, et seulement depuis qu'il a bénéficié de la réforme fiscale de Donald Trump, sans doute une des principales réussites de son mandat. Si le salaire minimum est relevé dans une telle proportion, on peut s'attendre à ce que beaucoup de travailleurs gagnant actuellement moins que ce montant se retrouvent au chômage et à ce que le self scanning soit généralisé aux caisses de Walmart. Il s'ensuivrait une augmentation très importante du taux de chômage et des dépenses publiques supplémentaires. C'est d'ailleurs un autre point commun entre les deux candidats démocrates : l'un et l'autre proposent une augmentation massive des dépenses publiques fédérales. Cela se remarquerait surtout dans le domaine de l'environnement et celui des soins de santé. Tous deux proposent des réformes importantes et très coûteuses dans ces deux domaines. Le plan de Joe Biden se rapproche assez fort de celui, déjà très (voire trop) ambitieux de la Commission européenne. Celui de Bernie Sanders, un véritable Green New Deal, risque d'être à ce point coûteux en argent public et en contraintes économiques multiples que l'économie américaine serait incapable de le supporter. Dans le domaine de la santé, Joe Biden propose d'en revenir au système de l'Obamacare avec une obligation pour chacun de s'assurer, tandis que Bernie Sanders veut purement et simplement étatiser le financement de la sécurité sociale dans ce domaine, suivant le modèle du très dispendieux et peu efficace National Health Service britannique. Ajoutons-y des réformes profondes dans le système des prêts aux étudiants, qui représente actuellement plus de 1.500 milliards de dollars. Bernie Sanders propose purement et simplement de les rembourser, ce qui est très rentable sur le plan électoral parmi les jeunes. Mais le coût pour les finances publiques serait évidemment colossal. Ces programmes dépensiers auraient évidemment comme conséquence une augmentation significative des impôts. Tous deux veulent revenir sur les avantages fiscaux accordés par la réforme Trump, malgré le succès économique de celle-ci. Mais Bernie Sanders, qui suit visiblement les recommandations de l'économiste Thomas Piketty, propose l'instauration d'un impôt sur la fortune à un taux d'au moins 1% pour les riches. Celui-ci serait en outre progressif et pourrait atteindre au maximum 8 %, chaque année, ce qui place Sanders bien plus à gauche, par exemple, que le PTB belge. Il propose aussi des droits de succession pouvant aller jusqu'à 77 % pour des montants élevés. Comme on le voit, les deux programmes, s'ils étaient appliqués, feraient davantage ressembler l'Amérique à l'Europe sur le plan des dispositions budgétaires. Mais celui de Bernie Sanders a clairement des aspects qui le rapprochent de l'extrême gauche. Le principal supporter de Sanders est désormais Donald Trump, conscient que ce programme fera peur à la classe moyenne américaine. Trump a déçu les défenseurs des libertés en commençant la construction d'un mur anti-immigrés dans un pays qui doit son existence et sa richesse à l'immigration. Mais Joe Biden lui aussi, avec ses propositions certes plus modérées que Sanders, s'écarte du " rêve américain " de liberté individuelle pour se rapprocher du modèle très étatiste qui fait de l'Europe un continent en déclin.