Dans un contexte géopolitique marqué par l'invasion de la Russie, que la Chine s'est abstenue de condamner, et une méfiance grandissante à l'égard de certaines entreprises chinoises, cet avocat spécialiste du pays asiatique met en garde contre une forme "d'hystérie" de l'Occident.

"On ne peut pas le nier, la Chine est la deuxième puissance économique mondiale et a développé des liens très importants, notamment avec la Belgique", explique le président de la BCECC. "La coopération au niveau universitaire et scientifique est également en pleine expansion. Pourtant, je constate depuis quelque temps que les pays européens et les États-Unis ont tendance à accuser la Chine de tous les maux."

L'avocat évoque notamment les accusations d'espionnage qu'a fait peser la présidence Trump sur plusieurs entreprises chinoises de la technologie comme Huawei. À la suite de l'entrée en vigueur en 2017 de la loi chinoise sur le renseignement, imposant une coopération au renseignement national à toutes les entreprises du pays, les États-Unis, suivis notamment par le Royaume-Uni, ont placé le géant de la tech sur liste noire. Les entreprises américaines ne peuvent plus lui vendre des technologies sensibles, comme les microprocesseurs. Depuis, la Commission européenne a également estimé que les équipementiers chinois de la 5G pouvaient présenter un risque pour la sécurité. Dernièrement, la Défense belge s'est retrouvée au coeur d'une polémique concernant l'achat, démenti depuis, de matériel Huawei.

Une situation déplorée par Bernard Dewit, qui s'interroge sur l'interprétation donnée par les pays occidentaux à cette loi chinoise. "La Chine s'est dotée d'un arsenal juridique sur son renseignement, tout comme des tas d'autres pays tels que les États-Unis", remarque-t-il. "Ce que je constate c'est qu'il n'y a pas de principe d'extraterritorialité de cette loi. Ce qui veut donc dire que si vous êtes une filiale européenne vous n'êtes pas tenue de la respecter."

Une interprétation qu'il juge en adéquation avec l'ambition de la Chine de se montrer comme un partenaire économique fiable. "Je ne dirai jamais qu'il y a un risque zéro, je ne suis pas un expert en technologies", nuance-t-il toutefois. "Mais faire de toutes les entreprises chinoises des suspectes serait une erreur. C'est d'ailleurs paradoxal car vous avez d'un côté les régions qui se battent pour attirer des investisseurs chinois (comme à Liège avec l'arrivée prochaine du géant de l'e-commerce Alibaba, NDLR) et de l'autre côté les services fédéraux qui font du screening et rejettent certaines entreprises."

Interrogé sur le niveau de l'État de droit et des droits humains dans le pays le plus peuplé de la planète, ainsi que sur le sort réservé à la minorité musulmane des Ouïghours, l'avocat souligne l'importance du dialogue. "C'est par nos contacts que l'on peut faire évoluer les mentalités", insiste Bernard Dewit. "Il faut cesser de concevoir la Chine comme un État monolithique où tous les gens pensent de la même façon, c'est beaucoup plus subtil que cela."

Si les relations belgo-chinoises au sein du monde des affaires ne semblent pas s'être dégradées ces dernières années, le président de la chambre de commerce reconnaît toutefois un "raidissement de l'opinion publique occidentale", dont les conséquences sur les échanges économiques sont encore incertaines.

Dans un contexte géopolitique marqué par l'invasion de la Russie, que la Chine s'est abstenue de condamner, et une méfiance grandissante à l'égard de certaines entreprises chinoises, cet avocat spécialiste du pays asiatique met en garde contre une forme "d'hystérie" de l'Occident."On ne peut pas le nier, la Chine est la deuxième puissance économique mondiale et a développé des liens très importants, notamment avec la Belgique", explique le président de la BCECC. "La coopération au niveau universitaire et scientifique est également en pleine expansion. Pourtant, je constate depuis quelque temps que les pays européens et les États-Unis ont tendance à accuser la Chine de tous les maux." L'avocat évoque notamment les accusations d'espionnage qu'a fait peser la présidence Trump sur plusieurs entreprises chinoises de la technologie comme Huawei. À la suite de l'entrée en vigueur en 2017 de la loi chinoise sur le renseignement, imposant une coopération au renseignement national à toutes les entreprises du pays, les États-Unis, suivis notamment par le Royaume-Uni, ont placé le géant de la tech sur liste noire. Les entreprises américaines ne peuvent plus lui vendre des technologies sensibles, comme les microprocesseurs. Depuis, la Commission européenne a également estimé que les équipementiers chinois de la 5G pouvaient présenter un risque pour la sécurité. Dernièrement, la Défense belge s'est retrouvée au coeur d'une polémique concernant l'achat, démenti depuis, de matériel Huawei. Une situation déplorée par Bernard Dewit, qui s'interroge sur l'interprétation donnée par les pays occidentaux à cette loi chinoise. "La Chine s'est dotée d'un arsenal juridique sur son renseignement, tout comme des tas d'autres pays tels que les États-Unis", remarque-t-il. "Ce que je constate c'est qu'il n'y a pas de principe d'extraterritorialité de cette loi. Ce qui veut donc dire que si vous êtes une filiale européenne vous n'êtes pas tenue de la respecter." Une interprétation qu'il juge en adéquation avec l'ambition de la Chine de se montrer comme un partenaire économique fiable. "Je ne dirai jamais qu'il y a un risque zéro, je ne suis pas un expert en technologies", nuance-t-il toutefois. "Mais faire de toutes les entreprises chinoises des suspectes serait une erreur. C'est d'ailleurs paradoxal car vous avez d'un côté les régions qui se battent pour attirer des investisseurs chinois (comme à Liège avec l'arrivée prochaine du géant de l'e-commerce Alibaba, NDLR) et de l'autre côté les services fédéraux qui font du screening et rejettent certaines entreprises." Interrogé sur le niveau de l'État de droit et des droits humains dans le pays le plus peuplé de la planète, ainsi que sur le sort réservé à la minorité musulmane des Ouïghours, l'avocat souligne l'importance du dialogue. "C'est par nos contacts que l'on peut faire évoluer les mentalités", insiste Bernard Dewit. "Il faut cesser de concevoir la Chine comme un État monolithique où tous les gens pensent de la même façon, c'est beaucoup plus subtil que cela." Si les relations belgo-chinoises au sein du monde des affaires ne semblent pas s'être dégradées ces dernières années, le président de la chambre de commerce reconnaît toutefois un "raidissement de l'opinion publique occidentale", dont les conséquences sur les échanges économiques sont encore incertaines.