Le président de l'institution, Mario Draghi, a souligné "un élan plus important dans l'économie de la zone euro, qui devrait se poursuivre à un rythme accéléré par rapport à ce qui était prévu jusqu'à présent".

"Nous estimons que les risques sur les perspectives de croissance sont désormais globalement équilibrés", a déclaré à la presse M. Draghi, une formule très codifiée qui marque un infléchissement par rapport aux "risques de dégradation" évoqués ces derniers mois, et un signal supplémentaire vers un possible virage de la politique monétaire.

La BCE a profité de sa réunion de politique monétaire, qui s'est cette fois déroulée à Tallinn en Estonie, pour mettre à jour ses prévisions macroéconomiques.

Pour 2017, une augmentation de 1,9% du produit intérieur brut de la zone euro est désormais attendue, contre 1,8% jusqu'à maintenant. Les prévisions de croissance ont également été relevées, à chaque fois de 0,1 point, à 1,8% en 2018 et à 1,7% pour 2019.

En parallèle, la BCE a en revanche revu à la baisse ses prévisions concernant l'inflation en zone euro, toujours freinée par le bas prix du pétrole.

Désormais, le taux d'inflation est attendu à 1,5% en 2017 (contre 1,7% jusqu'alors), 1,3% en 2018 et 1,6% en 2019.

"L'inflation sous-jacente (hors énergie et prix de l'alimentation, ndlr) ne devrait accélérer que progressivement à moyen-terme, soutenue par nos mesures de politique monétaire et la poursuite de la reprise économique", a expliqué Mario Draghi.

Premier signal en vue d'une fin de l'argent bon marché

Par ailleurs, la BCE a décidé d'envoyer un signal prudent laissant présager un retournement de sa politique rendant l'argent très bon marché, ce qu'elle justifie par le caractère durable de la reprise économique en zone euro.

Le conseil des gouverneurs, l'instance dirigeante de la BCE composée de six directeurs et des 19 présidents des banques centrales de la zone euro, qui s'est réuni exceptionnellement à Tallinn en Estonie, a décidé de maintenir les taux directeurs en zone euro à leur plus bas historique -- avec le principal taux à zéro et celui sur les dépôts à -0,40% -- et de poursuivre le programme d'achats de dette publique et privée au rythme de 60 milliards par mois jusqu'au moins fin 2017, a annoncé un porte-parole.

Si la BCE a réitéré comme attendu son engagement à maintenir les taux à ce niveau bas aussi longtemps que nécessaire, elle a en revanche franchi un petit pas en n'envisageant plus de les "baisser davantage", un passage encore présent dans ses précédents communiqués de presse.

La BCE maintient en revanche son intention de relever les taux d'intérêt "bien après" la fin de son programme de rachats de dette publique et privée, dénommé "QE" (Quantitative easing), pour l'heure prévu pour durer jusqu'en 2018.

Les gardiens de l'euro ont par ailleurs conservé la possibilité de modifier le rythme ou la durée des rachats mensuels d'actifs, si la situation était amenée à se détériorer.

Risques équilibrés

La BCE n'a pas pris non plus le risque de suggérer une fin prématurée du "QE", ce qui aurait pour effet de faire remonter les taux à long terme sur les marchés et pèserait sur la dette de certains Etats fragiles de la zone euro, l'Italie en premier.

L'attention est désormais focalisée sur le président de l'institution, Mario Draghi, qui s'exprimera à partir de 12H30 GMT dans le cadre d'une conférence de presse.

Les économistes s'attendent à ce que la BCE qualifie désormais d'"équilibrés" les risques pesant sur la reprise, une première après les avoir perçus jusqu'à présent comme orientés "à la baisse".

Un changement de perspective qui serait justifié à l'aune d'une croissance de 0,5% du PIB de la zone euro au premier trimestre, quand le deuxième trimestre s'annonce aussi robuste, et compte tenu du repli du risque politique après l'élection présidentielle française.

Comme il l'a récemment dit devant le Parlement européen, Mario Draghi devrait néanmoins réaffirmer la détermination de la BCE à poursuivre sa politique généreuse, et ce malgré les appels allemands, sur fond de campagne électorale, à mettre un terme à cette période de taux bas rognant les économies des petits épargnants.

- Nouvelles projections économiques -

En vertu de quoi le président de la BCE va se contenter pour le moment d'indications verbales suggérant une diminution progressive, décidée plus tard dans l'année, des rachats de dette sur le marché, conçus comme un moyen de création monétaire pour soutenir la croissance et les prix.

Le problème auquel reste confronté l'institution est que "la reprise cyclique n'a pas amené de pression inflationniste", explique Carsten Brzeski, chez ING Bank.

L'inflation en glissement annuel avait atteint 1,9% en avril, mais s'est tassée à 1,4% dès mai. Mesurée sans les prix de l'énergie et des denrées alimentaires, elle s'est même limitée à 0,9%.

Cela reste "loin de l'objectif de la BCE d'amener durablement l'inflation en direction des 2%", estime Carsten Klude, chez M.M.Warburg.

La BCE publie ce jeudi de nouvelles prévisions macro-économiques pour la zone euro, une donnée essentielle avant de décider toute orientation de la politique monétaire.

Selon la banque Natixis, la nouvelle prévision de croissance du PIB de la zone euro pourrait être revue à la hausse pour 2017, passant de 1,8 à 1,9%, mais celle de l'inflation, à 1,7% actuellement, serait réduite de 0,1 point.

Le président de l'institution, Mario Draghi, a souligné "un élan plus important dans l'économie de la zone euro, qui devrait se poursuivre à un rythme accéléré par rapport à ce qui était prévu jusqu'à présent"."Nous estimons que les risques sur les perspectives de croissance sont désormais globalement équilibrés", a déclaré à la presse M. Draghi, une formule très codifiée qui marque un infléchissement par rapport aux "risques de dégradation" évoqués ces derniers mois, et un signal supplémentaire vers un possible virage de la politique monétaire.La BCE a profité de sa réunion de politique monétaire, qui s'est cette fois déroulée à Tallinn en Estonie, pour mettre à jour ses prévisions macroéconomiques.Pour 2017, une augmentation de 1,9% du produit intérieur brut de la zone euro est désormais attendue, contre 1,8% jusqu'à maintenant. Les prévisions de croissance ont également été relevées, à chaque fois de 0,1 point, à 1,8% en 2018 et à 1,7% pour 2019.En parallèle, la BCE a en revanche revu à la baisse ses prévisions concernant l'inflation en zone euro, toujours freinée par le bas prix du pétrole.Désormais, le taux d'inflation est attendu à 1,5% en 2017 (contre 1,7% jusqu'alors), 1,3% en 2018 et 1,6% en 2019."L'inflation sous-jacente (hors énergie et prix de l'alimentation, ndlr) ne devrait accélérer que progressivement à moyen-terme, soutenue par nos mesures de politique monétaire et la poursuite de la reprise économique", a expliqué Mario Draghi.Par ailleurs, la BCE a décidé d'envoyer un signal prudent laissant présager un retournement de sa politique rendant l'argent très bon marché, ce qu'elle justifie par le caractère durable de la reprise économique en zone euro.Le conseil des gouverneurs, l'instance dirigeante de la BCE composée de six directeurs et des 19 présidents des banques centrales de la zone euro, qui s'est réuni exceptionnellement à Tallinn en Estonie, a décidé de maintenir les taux directeurs en zone euro à leur plus bas historique -- avec le principal taux à zéro et celui sur les dépôts à -0,40% -- et de poursuivre le programme d'achats de dette publique et privée au rythme de 60 milliards par mois jusqu'au moins fin 2017, a annoncé un porte-parole.Si la BCE a réitéré comme attendu son engagement à maintenir les taux à ce niveau bas aussi longtemps que nécessaire, elle a en revanche franchi un petit pas en n'envisageant plus de les "baisser davantage", un passage encore présent dans ses précédents communiqués de presse.La BCE maintient en revanche son intention de relever les taux d'intérêt "bien après" la fin de son programme de rachats de dette publique et privée, dénommé "QE" (Quantitative easing), pour l'heure prévu pour durer jusqu'en 2018.Les gardiens de l'euro ont par ailleurs conservé la possibilité de modifier le rythme ou la durée des rachats mensuels d'actifs, si la situation était amenée à se détériorer.La BCE n'a pas pris non plus le risque de suggérer une fin prématurée du "QE", ce qui aurait pour effet de faire remonter les taux à long terme sur les marchés et pèserait sur la dette de certains Etats fragiles de la zone euro, l'Italie en premier.L'attention est désormais focalisée sur le président de l'institution, Mario Draghi, qui s'exprimera à partir de 12H30 GMT dans le cadre d'une conférence de presse. Les économistes s'attendent à ce que la BCE qualifie désormais d'"équilibrés" les risques pesant sur la reprise, une première après les avoir perçus jusqu'à présent comme orientés "à la baisse".Un changement de perspective qui serait justifié à l'aune d'une croissance de 0,5% du PIB de la zone euro au premier trimestre, quand le deuxième trimestre s'annonce aussi robuste, et compte tenu du repli du risque politique après l'élection présidentielle française.Comme il l'a récemment dit devant le Parlement européen, Mario Draghi devrait néanmoins réaffirmer la détermination de la BCE à poursuivre sa politique généreuse, et ce malgré les appels allemands, sur fond de campagne électorale, à mettre un terme à cette période de taux bas rognant les économies des petits épargnants.- Nouvelles projections économiques -En vertu de quoi le président de la BCE va se contenter pour le moment d'indications verbales suggérant une diminution progressive, décidée plus tard dans l'année, des rachats de dette sur le marché, conçus comme un moyen de création monétaire pour soutenir la croissance et les prix. Le problème auquel reste confronté l'institution est que "la reprise cyclique n'a pas amené de pression inflationniste", explique Carsten Brzeski, chez ING Bank. L'inflation en glissement annuel avait atteint 1,9% en avril, mais s'est tassée à 1,4% dès mai. Mesurée sans les prix de l'énergie et des denrées alimentaires, elle s'est même limitée à 0,9%. Cela reste "loin de l'objectif de la BCE d'amener durablement l'inflation en direction des 2%", estime Carsten Klude, chez M.M.Warburg. La BCE publie ce jeudi de nouvelles prévisions macro-économiques pour la zone euro, une donnée essentielle avant de décider toute orientation de la politique monétaire.Selon la banque Natixis, la nouvelle prévision de croissance du PIB de la zone euro pourrait être revue à la hausse pour 2017, passant de 1,8 à 1,9%, mais celle de l'inflation, à 1,7% actuellement, serait réduite de 0,1 point.