Willy Michiels n'avait pas fait d'études mais savait à chaque fois identifier les bons créneaux. Il commença par installer dans les cafés des juke-box, puis des machines à sous nettement plus rentables. Madré, il finançait via sa propre société de crédit les cafetiers débutants, de sorte qu'en cas de faillite, l'immobilier lui revenait. Un temps bourgmestre de la commune de Haa...

Willy Michiels n'avait pas fait d'études mais savait à chaque fois identifier les bons créneaux. Il commença par installer dans les cafés des juke-box, puis des machines à sous nettement plus rentables. Madré, il finançait via sa propre société de crédit les cafetiers débutants, de sorte qu'en cas de faillite, l'immobilier lui revenait. Un temps bourgmestre de la commune de Haaltert, il ne poursuivit pas dans cette voie à cause d'un vieux dossier de fraude fiscale mais le stade de football local porte toujours son nom. Flamboyant, il adorait les bateaux, calèches et voitures de luxe, s'offrant notamment pour son 24e anniversaire une Mercedes-Maybach G650 Landaulet, au terme de la plus haute enchère (1,2 million d'euros) jamais lancée dans notre pays pour ce genre de véhicule. C'était aussi le fondateur de Napoleon Games, société cédée en 2021 au groupe Unibet qui exploite, notamment, le casino de Knokke. Une partie du patrimoine immobilier de la famille se trouve logé dans FICO (Flanders Investment Company), entre autres propriétaire à Bruxelles de l'immeuble Alhambra, construit sur l'emplacement de l'ancien théâtre du même nom. Siègent dans cette société deux soeurs dont l'entente est si cordiale que l'une ne s'y montre pas lorsque l'autre s'y trouve et vice-versa. A l'origine du problème: la préférence marquée par le patriarche pour Mieke, son aînée, après le décès de Lieve, la puinée, au détriment de Veerle la cadette. L'immixtion, réelle ou supposée, des belles-familles n'arrange évidemment pas les choses. D'autant qu'il y avait, inscrits dans les livres de 2020, deux énormes comptes courants, l'un de 37 millions d'euros au nom de Willy Michiels, désormais en indivision, l'autre de 50 millions d'euros au nom de Veerle que l'entreprise est en train de rembourser en vendant une partie de son immobilier, toujours comptabilisé à plus de 130 millions d'euros fin 2021.