J'avais déjà l'habitude de dire à mes interlocuteurs que l'économie est l'une des matières les plus passionnantes au monde car on ne s'ennuie jamais à suivre son actualité. La preuve encore cette semaine : vous avez d'un côté un pays entier, qui se plaint de la volatilité d'une monnaie, et de l'autre le plus grand courtier au monde qui a vu ses bénéfices chuter de 35% parce que son patron estime au contraire qu'il n'y a pas assez de volatilité en Bourse. Oui, je sais, l'économie, c'est aussi une histoire de dingues qui se contredisent à longueur de journée.

Parlons d'abord du Salvador, c'est le plus petit pays d'Amérique du Sud et le premier pays au monde à avoir adopté le bitcoin comme monnaie légale, à côté du dollar américain. Les économistes avaient des doutes sur cette vraie bonne idée, même la population semblait plutôt dubitative. Mais le gouvernement salvadorien a expliqué à sa population que grâce au bitcoin, elle allait économiser 400 millions de dollars en frais bancaires lorsque les Salvadoriens installés à l'étranger envoient de l'argent à leur famille. Il faut dire que l'argent des immigrés salvadoriens représente 22% du PIB du Salvador.

Pour des raisons inconnues encore, même le Wall Street Journal, la bible des investisseurs, n'a pas trouvé une explication convenable à ce jour au seul problème survenu: aussitôt que le bitcoin est devenue monnaie légale au Salvador, son cours a chuté de 17%... Loin de s'en inquiéter, le président du Salvador a parlé comme un trader et a expliqué à sa population qu'il fallait acheter dans "les creux". J'imagine la tête des Belges ou des Français s'ils avaient un président ou un premier ministre qui leur parlait de la sorte.

Ce qui est amusant, c'est que ce président salvadorien s'affiche devant son peuple avec une casquette vissée à l'envers sur la tête, exactement comme les adolescents. Les mauvaises langues diront qu'une autre chute du bitcoin lui remettra sa casquette à l'endroit, sans doute.

Mais en attendant, cette volatilité des cours qui fait peur au Salvador manque cruellement à Nicolas Breteau, patron de TP Icap, le plus grand courtier interprofessionnel au monde. En clair, c'est quelqu'un qui dirige une société, qui vit de la volatilité boursière ; autrement dit, des hausses (qui nous font plaisir) et des baisses (qui nous font peur). Mais lui, dans les deux cas, il passe au tiroir-caisse ! Et le souci de ce cher Nicolas, c'est que le bénéfice de sa société a chuté de 35%. La faute à qui ? A la Bourse ? Non. A pas de chance ? Non.

Selon lui, le fautif, c'est le télétravail ! Comme la plupart des traders du monde entier ont été en partie confinés chez eux, ils ont été plus prudents, ils ont pris moins de risques. Il y a donc eu moins de volatilité sur les marchés. Nicolas Breteau voit donc avec plaisir les grandes banques de ce monde qui (tour à tour) forcent leurs traders à revenir derrière leurs desks. Qui a dit encore que le monde d'avant, c'était fini ?

J'avais déjà l'habitude de dire à mes interlocuteurs que l'économie est l'une des matières les plus passionnantes au monde car on ne s'ennuie jamais à suivre son actualité. La preuve encore cette semaine : vous avez d'un côté un pays entier, qui se plaint de la volatilité d'une monnaie, et de l'autre le plus grand courtier au monde qui a vu ses bénéfices chuter de 35% parce que son patron estime au contraire qu'il n'y a pas assez de volatilité en Bourse. Oui, je sais, l'économie, c'est aussi une histoire de dingues qui se contredisent à longueur de journée.Parlons d'abord du Salvador, c'est le plus petit pays d'Amérique du Sud et le premier pays au monde à avoir adopté le bitcoin comme monnaie légale, à côté du dollar américain. Les économistes avaient des doutes sur cette vraie bonne idée, même la population semblait plutôt dubitative. Mais le gouvernement salvadorien a expliqué à sa population que grâce au bitcoin, elle allait économiser 400 millions de dollars en frais bancaires lorsque les Salvadoriens installés à l'étranger envoient de l'argent à leur famille. Il faut dire que l'argent des immigrés salvadoriens représente 22% du PIB du Salvador. Pour des raisons inconnues encore, même le Wall Street Journal, la bible des investisseurs, n'a pas trouvé une explication convenable à ce jour au seul problème survenu: aussitôt que le bitcoin est devenue monnaie légale au Salvador, son cours a chuté de 17%... Loin de s'en inquiéter, le président du Salvador a parlé comme un trader et a expliqué à sa population qu'il fallait acheter dans "les creux". J'imagine la tête des Belges ou des Français s'ils avaient un président ou un premier ministre qui leur parlait de la sorte. Ce qui est amusant, c'est que ce président salvadorien s'affiche devant son peuple avec une casquette vissée à l'envers sur la tête, exactement comme les adolescents. Les mauvaises langues diront qu'une autre chute du bitcoin lui remettra sa casquette à l'endroit, sans doute.Mais en attendant, cette volatilité des cours qui fait peur au Salvador manque cruellement à Nicolas Breteau, patron de TP Icap, le plus grand courtier interprofessionnel au monde. En clair, c'est quelqu'un qui dirige une société, qui vit de la volatilité boursière ; autrement dit, des hausses (qui nous font plaisir) et des baisses (qui nous font peur). Mais lui, dans les deux cas, il passe au tiroir-caisse ! Et le souci de ce cher Nicolas, c'est que le bénéfice de sa société a chuté de 35%. La faute à qui ? A la Bourse ? Non. A pas de chance ? Non.Selon lui, le fautif, c'est le télétravail ! Comme la plupart des traders du monde entier ont été en partie confinés chez eux, ils ont été plus prudents, ils ont pris moins de risques. Il y a donc eu moins de volatilité sur les marchés. Nicolas Breteau voit donc avec plaisir les grandes banques de ce monde qui (tour à tour) forcent leurs traders à revenir derrière leurs desks. Qui a dit encore que le monde d'avant, c'était fini ?