Les transporteurs aériens se seraient bien passés des difficultés liées à la sortie de l'UE, au moment où ils luttent pour leur survie en raison de l'effondrement du trafic aérien.

Certes le Brexit a débouché sur un accord commercial et les vols entre le Royaume-Uni et l'UE se poursuivent sans entrave.

Mais tout n'est pas si simple pour les vols assurés à l'intérieur de l'UE.

Les droits de vols ont été prolongés au-delà du 1er janvier, en attendant qu'un nouvel accord spécifique soit conclu dans les 12 mois.

"Il n'y a pas de menace immédiate sur les vols" mais "cette extension ne s'applique pas sur les règlementations en matière d'actionnaires", prévient Daniel Roeska, analyste chez Bernstein dans une note récente.

Chaque transporteur aérien qui propose des services en Europe doit être contrôlé à au moins 50% par des actionnaires de l'UE.

Cette disposition a entraîné un branle-bas de combat chez plusieurs compagnies, surtout à bas coût, qui proposent des vols européens par exemple depuis la France ou l'Allemagne vers les destinations ensoleillées espagnoles ou grecques.

"Il y a eu suffisamment de temps pour se préparer mais cela représente davantage de coûts et de complexité", explique à l'AFP John Strickland, analyste indépendant spécialiste du secteur aérien.

La britannique EasyJet, l'irlandaise Ryanair ou même la hongroise Wizz Air n'ont eu d'autres choix que de priver de droits de vote leurs actionnaires non-européens.

Ces transporteurs ont un point en commun à savoir qu'ils ont un actionnariat britannique et non-Européen très large et sont très implantés au Royaume-Uni.

Les détenteurs d'actions non membres de l'UE "n'auront pas le droit d'assister, de s'exprimer ou de voter lors d'une assemblée générale du groupe", selon Ryanair.

EasyJet adopte elle la méthode du "dernier arrivé, premier dehors" quand il s'agit des droits de vote. Au 1er janvier, les Européens ne détenaient que 47,35% du capital.

IAG, maison mère de British Airways, qui avait décidé dès 2019 de limiter à 47,5% la part des actionnaires non-européens, vient de mettre en place des mesures pour sa filiale irlandaise Aer Lingus et les compagnies qu'il détient en Espagne.

Le groupe a même changé dans l'urgence la composition de son conseil d'administration pour avoir une majorité d'administrateurs indépendants issus de l'UE.

Aucune compagnie n'a décidé encore de forcer les actionnaires britanniques à céder leurs parts à des européens.

Mais EasyJet prévient qu'elle pourrait y être contrainte si jamais la part des actionnaires non-européens continue d'être trop élevée.

Interrogées par l'AFP, les compagnies aériennes n'ont pas souhaité s'exprimer au-delà des communiqués déjà publiées sur ce sujet sensible qui touche aux actionnaires, dont le rôle est essentiel dans leur financement.

Or la pandémie a fait s'effondrer les cours de Bourse et mis sous pression les dividendes, autant de coups durs pour les investisseurs.

Les compagnies aériennes ont pourtant un besoin urgent d'argent frais, qui les pousse à lever les fonds, soit en augmentant leur capital soit en empruntant.

Les analystes excluent pour l'instant un impact négatif sur la compétitivité des compagnies soumises à ces règles post-Brexit.

- Bientôt un accord ? -

"Les principales compagnies aériennes, quelle que soit leur nationalité, contrôlent étroitement leurs coûts et opèrent sur une base pan-européenne", rappelle M. Strickland.

En outre, le secteur a eu le temps de prendre des mesures ces dernières années pour se préparer au Brexit après le référendum de 2016.

La britannique EasyJet a obtenu son certificat de transporteur aérien en Autriche en 2018, tandis que Ryanair, basé en Irlande, en a décroché un au Royaume-Uni début 2019.

Mais l'année qui s'ouvre sera décisive.

"Les compagnies aériennes avec un fort actionnariat britannique devront attendre un accord favorable sur les droits aériens entre le Royaume-Uni et l'UE ou trouver les moyens pour changer l'actionnariat", résume M. Roeska.

De son côté, M. Strickland rappelle que de telles contraintes n'existent quasiment pas pour d'autres secteurs.

Selon lui, "garantir la sécurité et la concurrence devrait être la priorité, pas la limitation de l'actionnariat".

Les transporteurs aériens se seraient bien passés des difficultés liées à la sortie de l'UE, au moment où ils luttent pour leur survie en raison de l'effondrement du trafic aérien.Certes le Brexit a débouché sur un accord commercial et les vols entre le Royaume-Uni et l'UE se poursuivent sans entrave.Mais tout n'est pas si simple pour les vols assurés à l'intérieur de l'UE.Les droits de vols ont été prolongés au-delà du 1er janvier, en attendant qu'un nouvel accord spécifique soit conclu dans les 12 mois."Il n'y a pas de menace immédiate sur les vols" mais "cette extension ne s'applique pas sur les règlementations en matière d'actionnaires", prévient Daniel Roeska, analyste chez Bernstein dans une note récente.Chaque transporteur aérien qui propose des services en Europe doit être contrôlé à au moins 50% par des actionnaires de l'UE.Cette disposition a entraîné un branle-bas de combat chez plusieurs compagnies, surtout à bas coût, qui proposent des vols européens par exemple depuis la France ou l'Allemagne vers les destinations ensoleillées espagnoles ou grecques."Il y a eu suffisamment de temps pour se préparer mais cela représente davantage de coûts et de complexité", explique à l'AFP John Strickland, analyste indépendant spécialiste du secteur aérien.La britannique EasyJet, l'irlandaise Ryanair ou même la hongroise Wizz Air n'ont eu d'autres choix que de priver de droits de vote leurs actionnaires non-européens.Ces transporteurs ont un point en commun à savoir qu'ils ont un actionnariat britannique et non-Européen très large et sont très implantés au Royaume-Uni.Les détenteurs d'actions non membres de l'UE "n'auront pas le droit d'assister, de s'exprimer ou de voter lors d'une assemblée générale du groupe", selon Ryanair.EasyJet adopte elle la méthode du "dernier arrivé, premier dehors" quand il s'agit des droits de vote. Au 1er janvier, les Européens ne détenaient que 47,35% du capital.IAG, maison mère de British Airways, qui avait décidé dès 2019 de limiter à 47,5% la part des actionnaires non-européens, vient de mettre en place des mesures pour sa filiale irlandaise Aer Lingus et les compagnies qu'il détient en Espagne.Le groupe a même changé dans l'urgence la composition de son conseil d'administration pour avoir une majorité d'administrateurs indépendants issus de l'UE.Aucune compagnie n'a décidé encore de forcer les actionnaires britanniques à céder leurs parts à des européens.Mais EasyJet prévient qu'elle pourrait y être contrainte si jamais la part des actionnaires non-européens continue d'être trop élevée.Interrogées par l'AFP, les compagnies aériennes n'ont pas souhaité s'exprimer au-delà des communiqués déjà publiées sur ce sujet sensible qui touche aux actionnaires, dont le rôle est essentiel dans leur financement.Or la pandémie a fait s'effondrer les cours de Bourse et mis sous pression les dividendes, autant de coups durs pour les investisseurs.Les compagnies aériennes ont pourtant un besoin urgent d'argent frais, qui les pousse à lever les fonds, soit en augmentant leur capital soit en empruntant.Les analystes excluent pour l'instant un impact négatif sur la compétitivité des compagnies soumises à ces règles post-Brexit.- Bientôt un accord ? -"Les principales compagnies aériennes, quelle que soit leur nationalité, contrôlent étroitement leurs coûts et opèrent sur une base pan-européenne", rappelle M. Strickland.En outre, le secteur a eu le temps de prendre des mesures ces dernières années pour se préparer au Brexit après le référendum de 2016.La britannique EasyJet a obtenu son certificat de transporteur aérien en Autriche en 2018, tandis que Ryanair, basé en Irlande, en a décroché un au Royaume-Uni début 2019.Mais l'année qui s'ouvre sera décisive."Les compagnies aériennes avec un fort actionnariat britannique devront attendre un accord favorable sur les droits aériens entre le Royaume-Uni et l'UE ou trouver les moyens pour changer l'actionnariat", résume M. Roeska.De son côté, M. Strickland rappelle que de telles contraintes n'existent quasiment pas pour d'autres secteurs.Selon lui, "garantir la sécurité et la concurrence devrait être la priorité, pas la limitation de l'actionnariat".