Alors que l'hiver arrive et que les températures baissent, une partie de la population européenne se retrouve dans l'incapacité de chauffer suffisamment son logement. C'est ce qui ressort d'une étude de la direction générale des statistiques de la Commission européenne, Eurostat. Et les chiffres montrent que les pays de l'Union souffrent encore d'une grande disparité.

Une inégalité Nord-Sud criante

Quand on regarde la carte de l'Union européenne éditée par Eurostat, on remarque directement le clivage entre les pays du nord et les pays du sud. Parmi les plus touchés, nous retrouvons la Bulgarie où un peu plus d'un quart de la population éprouve des difficultés à se chauffer. C'est 23% de la population en Lituanie, 21% à Chypre et 17% au Portugal et en Grèce.

Ils sont sept pays à dépasser la moyenne européenne. Et chose étonnante, l'Allemagne en fait partie. En effet, 9% des ménages allemands déclarent éprouver des difficultés à se chauffer, preuve que la précarité énergétique peut aussi toucher les populations des pays les plus riches d'Europe.

Dans le haut du tableau, nous retrouvons la Norvège, l'Autriche, la Finlande, les Pays-Bas ou encore la Suède qui enregistrent des taux en dessous des 3%. La Belgique est douzième au classement, puisque 4,1% des ménages ont des difficultés à se chauffer. La France fait moins bien avec un taux de 6,5%.

Une précarité sans doute aggravée par la crise sanitaire

Et quand on se balade dans les statistiques d'Eurostat relatives aux conditions de vie, il est possible d'en déterminer les causes. Ainsi, d'après un étude réalisée dans le but d'évaluer les conséquences de la pandémie, le revenu total de l'emploi au niveau de l'Union européenne a diminué de 4,8% en 2020, "les baisses les plus importantes étant dues aux absences, aux heures réduites et à un nombre accru de pertes d'emploi. [...] D'une manière générale, les pertes de revenus estimées pour les travailleurs avant indemnisation par les pouvoirs publics au niveau de l'UE, soit environ 5 % des revenus totaux, sont très inégalement réparties entre les pays." Et dans les pays les plus touchés, on retrouve une nouvelle fois Chypre ou encore la Grèce.

Plus globalement, une autre étude, datant de 2015, montre que les ménages consacrent plus de 30% de leurs dépenses au logement (gaz, électricité, eau ...), ce qui représente de loin la part la plus élevée. La Fondation Abbé Pierre s'est emparé du sujet en France en coordonnant la Journée contre la précarité énergétique, dont la première édition a eu lieu ce mercredi 10 novembre. Selon eux, 12 millions de personnes souffrent de précarité énergétique en France. En Belgique, d'après la Fondation Roi Baudouin, 1 ménage belge sur 5 était confronté à la précarité énergétique en 2018. Et avec l'augmentation du gaz et de l'électricité, ces chiffres pourraient encore augmenter en 2021.

Aurore Dessaigne

Alors que l'hiver arrive et que les températures baissent, une partie de la population européenne se retrouve dans l'incapacité de chauffer suffisamment son logement. C'est ce qui ressort d'une étude de la direction générale des statistiques de la Commission européenne, Eurostat. Et les chiffres montrent que les pays de l'Union souffrent encore d'une grande disparité.Quand on regarde la carte de l'Union européenne éditée par Eurostat, on remarque directement le clivage entre les pays du nord et les pays du sud. Parmi les plus touchés, nous retrouvons la Bulgarie où un peu plus d'un quart de la population éprouve des difficultés à se chauffer. C'est 23% de la population en Lituanie, 21% à Chypre et 17% au Portugal et en Grèce. Ils sont sept pays à dépasser la moyenne européenne. Et chose étonnante, l'Allemagne en fait partie. En effet, 9% des ménages allemands déclarent éprouver des difficultés à se chauffer, preuve que la précarité énergétique peut aussi toucher les populations des pays les plus riches d'Europe.Dans le haut du tableau, nous retrouvons la Norvège, l'Autriche, la Finlande, les Pays-Bas ou encore la Suède qui enregistrent des taux en dessous des 3%. La Belgique est douzième au classement, puisque 4,1% des ménages ont des difficultés à se chauffer. La France fait moins bien avec un taux de 6,5%.Et quand on se balade dans les statistiques d'Eurostat relatives aux conditions de vie, il est possible d'en déterminer les causes. Ainsi, d'après un étude réalisée dans le but d'évaluer les conséquences de la pandémie, le revenu total de l'emploi au niveau de l'Union européenne a diminué de 4,8% en 2020, "les baisses les plus importantes étant dues aux absences, aux heures réduites et à un nombre accru de pertes d'emploi. [...] D'une manière générale, les pertes de revenus estimées pour les travailleurs avant indemnisation par les pouvoirs publics au niveau de l'UE, soit environ 5 % des revenus totaux, sont très inégalement réparties entre les pays." Et dans les pays les plus touchés, on retrouve une nouvelle fois Chypre ou encore la Grèce.Plus globalement, une autre étude, datant de 2015, montre que les ménages consacrent plus de 30% de leurs dépenses au logement (gaz, électricité, eau ...), ce qui représente de loin la part la plus élevée. La Fondation Abbé Pierre s'est emparé du sujet en France en coordonnant la Journée contre la précarité énergétique, dont la première édition a eu lieu ce mercredi 10 novembre. Selon eux, 12 millions de personnes souffrent de précarité énergétique en France. En Belgique, d'après la Fondation Roi Baudouin, 1 ménage belge sur 5 était confronté à la précarité énergétique en 2018. Et avec l'augmentation du gaz et de l'électricité, ces chiffres pourraient encore augmenter en 2021.Aurore Dessaigne