Le 29 mars 2017, le Royaume-Uni a invoqué l'article 50 du traité de Lisbonne afin de sortir de l'Union européenne après deux ans. Le 29 mars 2019, le Royaume-Uni sortira donc de l'Union. Pour l'éviter, la seule possibilité serait que la Première ministre Theresa May envoie d'ici-là une lettre à Donald Tusk, président du Conseil européen, en demandant d'annuler la procédure. Mais Mme May ne peut pas envoyer une telle lettre. En effet, le résultat du référendum de 2016 est devenu contraignant pour le gouvernement britannique même si, au départ, il n'était que consultatif. Bétonné dans la loi, il doit à présent être suivi. Seul un nouveau référendum pourrait changer la donne.
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Le 29 mars 2017, le Royaume-Uni a invoqué l'article 50 du traité de Lisbonne afin de sortir de l'Union européenne après deux ans. Le 29 mars 2019, le Royaume-Uni sortira donc de l'Union. Pour l'éviter, la seule possibilité serait que la Première ministre Theresa May envoie d'ici-là une lettre à Donald Tusk, président du Conseil européen, en demandant d'annuler la procédure. Mais Mme May ne peut pas envoyer une telle lettre. En effet, le résultat du référendum de 2016 est devenu contraignant pour le gouvernement britannique même si, au départ, il n'était que consultatif. Bétonné dans la loi, il doit à présent être suivi. Seul un nouveau référendum pourrait changer la donne. Or, non seulement, il n'est techniquement pas possible de l'organiser d'ici l'échéance mais, surtout, aucun parti politique britannique n'a envie de porter une telle responsabilité. Au contraire, le clan des partisans d'un Brexit dur ne cesse de se renforcer au sein des conservateurs, alors que même l'opposition travailliste s'est prononcée pour une sortie de l'Union, mais avec la volonté de limiter la casse pour les bas revenus. Certes, la chute du gouvernement britannique laisserait une maigre possibilité de stopper le processus (et encore...), mais on est là dans un scénario extrême. En avril 2019, le Royaume-Uni ne fera donc plus partie de l'Union. Cela n'a pas que des conséquences politiques. En dehors de l'union douanière et du marché commun, plus aucun commerce de biens ou de services ne sera possible sans contrôle douanier. Imaginez les files de camions au port de Zeebrugge, l'absence de liaison financière ou de libre circulation des personnes. Pour ne pas en arriver là, la première étape consiste à trouver un accord sur les conditions dans lesquelles le Royaume-Uni se retirera de l'Union. Concernant cette étape, Michel Barnier, le chef des négociateurs européens dans ce dossier, s'est récemment montré optimiste en parlant de la signature d'un accord dans un délai de six à huit semaines. Mais ne vous y trompez pas, il ne s'agit pas d'un accord sur les nouvelles relations entre les deux entités. C'est uniquement un document technique précisant les droits et les devoirs de chacun après le divorce. Si cet accord est avalisé par le Parlement britannique ET par le Parlement européen et le Conseil, rien ne changera le 29 mars 2019 : une période de transition (de l'ordre de deux ans) débutera, au cours de laquelle tous les traités et réglementations resteront en vigueur, même si le Royaume-Uni sera de facto hors de l'Union. Dans le cas contraire, ce sera le chaos complet dès le 30 mars prochain. Concrètement donc, si tout se passe comme prévu (cela n'a pas vraiment été le cas jusqu'à présent, mais soit...), les entreprises ont encore un peu de temps, car ce n'est que durant la période de transition que sera négocié le nouveau partenariat régissant les relations commerciales entre les deux entités, comme c'est le cas avec la Norvège, la Suisse ou le Canada. Pour conclure, même si, à première vue, on peut imaginer que le Brexit n'est qu'un fait politique sans beaucoup d'importance, il faut le considérer au contraire comme un événement majeur dans l'histoire européenne ayant d'innombrables conséquences économiques. A court terme, pour éviter le chaos, il faut qu'un accord de divorce (Withdrawal Act) soit signé et avalisé. Cela donnera du temps à la négociation. A plus long terme (après 2020), les relations commerciales avec le Royaume-Uni seront profondément modifiées, ce qui impactera les entreprises actives de près ou de loin dans le commerce avec ce pays.