Le mot peur est celui que nous ne prononçons pas, mais qui est en quelque sorte dans tous les esprits. Mon confrère Marc Fiorentino, l'auteur de la lettre d'information Morning Zapping, l'a bien compris. En France, en Belgique et ailleurs, on a peur. De quoi ? De l'hiver, de la pénurie, des notes d'électricité, de la récession que les gens normaux appellent la crise, de l'inflation bien entendu, de la Russie et de son référendum dans les régions occupées, de la hausse des taux d'intérêt, etc. La peur est partout.

Marc Fiorentino pose la bonne question : a-t-on raison d'avoir peur ? Oui et non. Oui, parce que toutes ces menaces présentes ou à venir ne sont pas agréables à vivre. Et non, parce que ce moment désagréable ne durera pas éternellement et qu'il y a déjà énormément de signaux positifs. Mais s'il y a peur, c'est aussi en raison de la crainte qu'il n'y ait plus de progrès. Le progrès, au fond, c'est quoi ? C'est juste la certitude qu'on vit mieux que ses parents et moins bien que ses enfants. En d'autres mots, le progrès, c'est dire qu'on est mieux aujourd'hui qu'hier et moins bien que demain. Or, justement, cette vision du progrès n'existe plus dans l'esprit de pas mal de nos concitoyens.

Pour nourrir ce sentiment, il faut ajouter ce que la fondation Jean Jaurès en France appelle la "fatigue informationnelle". De par la multiplication des canaux d'informations, nous sommes bombardés sans arrêt d'informations souvent anxiogènes. La Fondation Jean Jaurès a calculé que nous sommes confrontés en moyenne à 8.3 canaux d'information différents chaque jour. Comme le disent les auteurs de cette étude, nous vivons en tant qu'individus la même expérience que celle vécue par le réalisateur du documentaire Super Size Me. Ce réalisateur avait décidé de manger matin, midi et soir chez McDonald's pour mesurer l'effet que cela engendrait sur sa santé. Si vous remplacez McDonald's par les réseaux sociaux et les multiples canaux de diffusion des autres médias, vous aurez une sorte de dégout de l'information. Dans cette étude, 77% des Français sondés déclarent d'ailleurs qu'ils leur arrivent de limiter ou de cesser de consulter les informations.

Je suis, pour ma part, comme Marc Fiorentino. Il faut lutter contre la peur, la peur paralyse, elle est mauvaise conseillère. Ce qu'il faut, c'est être prudent et lucide, ce qui n'est pas exactement la même chose. Et si l'hiver risque d'être difficile, il faut garder à l'esprit la phrase d'Albert Camus : "c'est au coeur de l'hiver que j'ai découvert que j'avais en moi un invincible printemps". Dans les jours qui viennent, je tenterai de vous donner les contours de cet invincible printemps.

Le mot peur est celui que nous ne prononçons pas, mais qui est en quelque sorte dans tous les esprits. Mon confrère Marc Fiorentino, l'auteur de la lettre d'information Morning Zapping, l'a bien compris. En France, en Belgique et ailleurs, on a peur. De quoi ? De l'hiver, de la pénurie, des notes d'électricité, de la récession que les gens normaux appellent la crise, de l'inflation bien entendu, de la Russie et de son référendum dans les régions occupées, de la hausse des taux d'intérêt, etc. La peur est partout. Marc Fiorentino pose la bonne question : a-t-on raison d'avoir peur ? Oui et non. Oui, parce que toutes ces menaces présentes ou à venir ne sont pas agréables à vivre. Et non, parce que ce moment désagréable ne durera pas éternellement et qu'il y a déjà énormément de signaux positifs. Mais s'il y a peur, c'est aussi en raison de la crainte qu'il n'y ait plus de progrès. Le progrès, au fond, c'est quoi ? C'est juste la certitude qu'on vit mieux que ses parents et moins bien que ses enfants. En d'autres mots, le progrès, c'est dire qu'on est mieux aujourd'hui qu'hier et moins bien que demain. Or, justement, cette vision du progrès n'existe plus dans l'esprit de pas mal de nos concitoyens. Pour nourrir ce sentiment, il faut ajouter ce que la fondation Jean Jaurès en France appelle la "fatigue informationnelle". De par la multiplication des canaux d'informations, nous sommes bombardés sans arrêt d'informations souvent anxiogènes. La Fondation Jean Jaurès a calculé que nous sommes confrontés en moyenne à 8.3 canaux d'information différents chaque jour. Comme le disent les auteurs de cette étude, nous vivons en tant qu'individus la même expérience que celle vécue par le réalisateur du documentaire Super Size Me. Ce réalisateur avait décidé de manger matin, midi et soir chez McDonald's pour mesurer l'effet que cela engendrait sur sa santé. Si vous remplacez McDonald's par les réseaux sociaux et les multiples canaux de diffusion des autres médias, vous aurez une sorte de dégout de l'information. Dans cette étude, 77% des Français sondés déclarent d'ailleurs qu'ils leur arrivent de limiter ou de cesser de consulter les informations. Je suis, pour ma part, comme Marc Fiorentino. Il faut lutter contre la peur, la peur paralyse, elle est mauvaise conseillère. Ce qu'il faut, c'est être prudent et lucide, ce qui n'est pas exactement la même chose. Et si l'hiver risque d'être difficile, il faut garder à l'esprit la phrase d'Albert Camus : "c'est au coeur de l'hiver que j'ai découvert que j'avais en moi un invincible printemps". Dans les jours qui viennent, je tenterai de vous donner les contours de cet invincible printemps.