Un des éléments du projet du nouveau président français Emmanuel Macron est son programme de 50 milliards destiné à financer un plan sur cinq ans ayant pour objectif, selon le programme du mouvement En marche ! , d'assurer une meilleure formation, la transition écologique, la révolution numérique, la modernisation des services publics et la rénovation urbaine.
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Un des éléments du projet du nouveau président français Emmanuel Macron est son programme de 50 milliards destiné à financer un plan sur cinq ans ayant pour objectif, selon le programme du mouvement En marche ! , d'assurer une meilleure formation, la transition écologique, la révolution numérique, la modernisation des services publics et la rénovation urbaine. Investir des milliards pour soutenir l'économie ? Ce n'est pas la première fois. En 2009, Nicolas Sarkozy avait lancé le programme d'investissement d'avenir, initiative poursuivie par... François Hollande. Ce plan de 47 milliards au total a encouragé l'innovation, en aidant notamment les projets des entreprises et en finançant la création d'institutions et de laboratoires dits " d'excellence ". Cette initiative était-elle une bonne idée ? " Globalement, elle a produit des effets positifs ", répond notre ancien grand argentier et ancien président de la Banque européenne d'investissement Philippe Maystadt, lequel a présidé un comité d'évaluation qui a rédigé un rapport en mars 2016. Rapport remis notamment à un certain Emmanuel Macron, alors ministre de l'Economie. Le positif, c'est la pertinence de la plupart des axes qui ont été définis, le caractère bipartisan du projet (la commission qui a fixé ces axes était présidée par Alain Juppé et Michel Rocard) et le fait de faire appel à de jurys internationaux impartiaux pour valider les projets. " Certaines grandes écoles n'ont pas été retenues ", note Philippe Maystadt. Positif aussi " l'effet d'entraînement incontestable " de ce projet, dit-il encore. Mais des améliorations restent possibles, ajoute-t-il. Les gouvernements ont ainsi parfois eu tendance à puiser dans ce plan pour financer ce qui relevait de crédits ordinaires. Un phénomène de substitution qui représente environ 10 % du montant total du plan. Philippe Maystadt pointe aussi la multiplication inutile d'organismes pour gérer cet argent. Il critique aussi le saupoudrage d'une partie de cette manne à des projets ou associations peu pertinents. Alors, ce type d'initiative pourrait-il voir le jour chez nous ? " C'est difficilement envisageable, répond Philippe Maystadt. Une approche aussi sélective, ne choisissant que quelques grandes écoles ou quelques universités, ne serait politiquement pas possible, dit-il. Ce qui pourrait l'être, en revanche, c'est de mettre à disposition de chaque université une enveloppe pour des projets innovants, mais qui devraient recevoir l'aval d'un jury international. "