Apple vient de franchir la barre des 2.000 milliards de dollars de valorisation. La firme à la pomme vaut plus que le PIB d'un pays comme le Portugal, ou que les 40 sociétés cotées du CAC 40, l'indice de la Bourse de Paris. D'autres sociétés technologiques comme Amazon ou Microsoft sont aussi en embuscade avec des valorisations qui ont déjà dépassé les 1.600 milliards de dollars.

Que dit en creux l'ascension d'Apple ? Tant pis pour les 173.000 morts enregistrés aux Etats-Unis en raison du Covid-19, tant pis pour les millions de personnes condamnées au chômage, mais l'avenir s'écrit là, devant nous, et il est clair. Mes confrères du Monde l'avaient déjà remarqué, le fameux "monde d'après" ne sera pas dé-mondialisé, ne marquera pas le retour aux circuits courts, ni aux économies à taille humaine. Pour mes confrères parisiens, "Wall Street émet une prédiction radicalement inverse. Le monde de demain sera celui d'hier, en plus cartellisé, plus globalisé, plus technologique et plus virtuel".

J'ajouterai que le monde de demain sera aussi polarisé. Tant en Bourse que dans la société. La preuve ? Si les économistes nous ont parlé d'une reprise

  • en forme de V (baisse brutale de la production et reprise tout aussi brutale),
  • en forme de L (baisse brutale et puis stagnation du PIB dans les profondeurs),
  • en forme de W (baisse brutale, reprise modeste et nouvelle baisse à cause de la deuxième vague puis enfin reprise),
  • et je vous épargne l'autre lettre (U), pour me focaliser sur leur dernière trouvaille :
  • la reprise serait sous la forme d'un K.

Autrement dit, comme l'écrit le prix Nobel d'économie Paul Krugman dans le New York Times, la reprise sera polarisée. Les personnes peu qualifiées, donc peu rémunérées (HORECA par exemple) constituent la barre basse du K, tandis que les personnes plus qualifiées, mieux rémunérées (et qui peuvent télé-travailler) sont sur la partie haute du K. En clair, la reprise ne serait pas pour tout le monde et laissera pas mal de gens sur le carreau.

Et à ceux qui s'étonnent de voir la Bourse frôler les cimes, alors que l'économie réelle est en plein désarroi, je leur confirme que la Bourse est aussi polarisée. Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) + Netflix représentent désormais 25% de l'indice S&P 500, et près de 40% du Nasdaq 100. En d'autres mots, quand vous entendez que la Bourse monte, traduisez que seulement quelques valeurs technologiques tirent l'indice vers le haut. La hausse est donc en trompe l'oeil.

Je termine en rappelant qu'aux Etats-Unis, 85% de la capitalisation boursière est aux mains des 10% les plus riches. Et donc, oui, "Wall Street a une vision du futur tel que les plus fortunés se le représentent" selon Les Echos (France). Et qu'on les aime ou pas, les riches n'ont pas forcément tort lorsqu'ils misent sur les valeurs liées au télétravail et à l'accélération de la digitalisation de nos économies. L'exubérance de la Bourse n'est donc pas tout à fait irrationnelle. Reste à voir si on peut avoir raison tout seul. Etre riche dans un océan de pauvreté, l'histoire l'a montré, c'est la recette assurée d'une révolte sociale.

Apple vient de franchir la barre des 2.000 milliards de dollars de valorisation. La firme à la pomme vaut plus que le PIB d'un pays comme le Portugal, ou que les 40 sociétés cotées du CAC 40, l'indice de la Bourse de Paris. D'autres sociétés technologiques comme Amazon ou Microsoft sont aussi en embuscade avec des valorisations qui ont déjà dépassé les 1.600 milliards de dollars. Que dit en creux l'ascension d'Apple ? Tant pis pour les 173.000 morts enregistrés aux Etats-Unis en raison du Covid-19, tant pis pour les millions de personnes condamnées au chômage, mais l'avenir s'écrit là, devant nous, et il est clair. Mes confrères du Monde l'avaient déjà remarqué, le fameux "monde d'après" ne sera pas dé-mondialisé, ne marquera pas le retour aux circuits courts, ni aux économies à taille humaine. Pour mes confrères parisiens, "Wall Street émet une prédiction radicalement inverse. Le monde de demain sera celui d'hier, en plus cartellisé, plus globalisé, plus technologique et plus virtuel". J'ajouterai que le monde de demain sera aussi polarisé. Tant en Bourse que dans la société. La preuve ? Si les économistes nous ont parlé d'une reprise Autrement dit, comme l'écrit le prix Nobel d'économie Paul Krugman dans le New York Times, la reprise sera polarisée. Les personnes peu qualifiées, donc peu rémunérées (HORECA par exemple) constituent la barre basse du K, tandis que les personnes plus qualifiées, mieux rémunérées (et qui peuvent télé-travailler) sont sur la partie haute du K. En clair, la reprise ne serait pas pour tout le monde et laissera pas mal de gens sur le carreau. Et à ceux qui s'étonnent de voir la Bourse frôler les cimes, alors que l'économie réelle est en plein désarroi, je leur confirme que la Bourse est aussi polarisée. Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) + Netflix représentent désormais 25% de l'indice S&P 500, et près de 40% du Nasdaq 100. En d'autres mots, quand vous entendez que la Bourse monte, traduisez que seulement quelques valeurs technologiques tirent l'indice vers le haut. La hausse est donc en trompe l'oeil. Je termine en rappelant qu'aux Etats-Unis, 85% de la capitalisation boursière est aux mains des 10% les plus riches. Et donc, oui, "Wall Street a une vision du futur tel que les plus fortunés se le représentent" selon Les Echos (France). Et qu'on les aime ou pas, les riches n'ont pas forcément tort lorsqu'ils misent sur les valeurs liées au télétravail et à l'accélération de la digitalisation de nos économies. L'exubérance de la Bourse n'est donc pas tout à fait irrationnelle. Reste à voir si on peut avoir raison tout seul. Etre riche dans un océan de pauvreté, l'histoire l'a montré, c'est la recette assurée d'une révolte sociale.