Sans doute personne n'aurait pu imaginer, il y a seulement deux mois, la situation dans laquelle une bonne partie de l'Europe vit aujourd'hui. Certaines de nos libertés les plus fondamentales ont disparu, sans débat politique, sans même une loi, sur la base d'un simple arrêté ministériel. Fini le droit de circuler librement pour une population confinée chez elle. Fini le droit de choisir son travail et les modalités de celui-ci, spécialement pour ceux, restaurateurs et autres, qui ne peuvent pratiquement plus travailler du tout. Fini le droit de quitter son pays ou même d'habiter sa résidence secondaire. Fini le droit de se réunir et la liberté d'assister à un culte. Et ce n'est là que le début d'une longue liste.
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Sans doute personne n'aurait pu imaginer, il y a seulement deux mois, la situation dans laquelle une bonne partie de l'Europe vit aujourd'hui. Certaines de nos libertés les plus fondamentales ont disparu, sans débat politique, sans même une loi, sur la base d'un simple arrêté ministériel. Fini le droit de circuler librement pour une population confinée chez elle. Fini le droit de choisir son travail et les modalités de celui-ci, spécialement pour ceux, restaurateurs et autres, qui ne peuvent pratiquement plus travailler du tout. Fini le droit de quitter son pays ou même d'habiter sa résidence secondaire. Fini le droit de se réunir et la liberté d'assister à un culte. Et ce n'est là que le début d'une longue liste. En temps normal, la moindre atteinte à des libertés aussi fondamentales ferait l'objet de critiques virulentes, d'intenses débats politiques, de recours judiciaires et de manifestations multiples. Aujourd'hui, pourtant, si beaucoup de gens enfreignent, souvent à la marge, leurs obligations de confinement ou les interprètent de manière très allégée, personne n'ose s'exprimer clairement contre elles. Comme au début d'une guerre, il est politiquement incorrect de s'opposer à ceux qui dirigent et qui incarnent la " Nation ". Juridiquement, il existe des dérogations aux divers textes protégeant les droits de l'homme pour des hypothèses d'urgence, notamment sanitaire. Et des textes non contraignants, énoncés, par exemple, dans les Principes de Syracuse, expriment les conditions dans lesquelles ces dérogations peuvent être activées par les gouvernements. Peu de juristes contestent que ces conditions soient bien respectées en l'espèce. Les mesures proposées ont en outre le soutien massif de la plupart des experts et de la population. Peut-être en est-il ainsi, pour une part, parce qu'elles ont été annoncées, partout, pour presque trois semaines alors que chacun sait très bien qu'elles dureront beaucoup plus longtemps. Au fil du temps, on n'entend que des appels à rendre les mesures de contrainte encore plus dures qu'elles l'étaient à l'origine, en réduisant les exceptions. Certains experts vont même jusqu'à vouloir interdire toute activité économique. Plus les mesures s'avèrent inefficaces, comme en Italie, plus on demande de les renforcer et de sanctionner durement ceux, de plus en plus nombreux, qui ne s'y conforment pas tout à fait, comme ces Italiens qui se permettent un jogging de temps en temps et que certaines de leurs autorités voudraient mettre en prison. Les gens paraissent admettre que l'Etat devienne autoritaire parce qu'il y a une bonne raison à cela : la protection de la santé de tous. Personne ne pourra jamais vérifier si le choix des mesures était suffisamment efficace pour justifier des mesures aussi extrêmes que celles qui sont imposées à toute la population. Et lorsque cette crise sanitaire sera terminée, les gouvernants en place pourront se présenter en sauveurs de leur peuple. Et sans doute celui-ci leur donnera-t-il raison et leur permettra-t-il d'en tirer un profit politique essentiel lors des élections suivantes. C'est sans doute à ce moment que se jouera la partie la plus importante. A chaque crise, les Etats sortent plus forts, s'arrogent de nouveaux pouvoirs, établissent de nouvelles taxes et imposent à leurs habitants de nouvelles charges, non plus temporaires, mais permanentes. D'aucuns sont déjà en embuscade et attendent la disparition du virus pour tenter d'imposer leur agenda, noir, rouge ou vert, en commençant dès aujourd'hui le procès du capitalisme, jugé responsable des ravages causés par ce virus né en République populaire de Chine. On commence déjà à accuser un système prétendument " libéral " d'être responsable de la pénurie de masques et de désinfectant ; un système qui s'approprie la moitié des richesses et qui réglemente tout n'est pas " libéral ", et les pénuries sont causées par les restrictions au libre-échange imposées par des Etats. Le pire danger pour nos libertés se situera dans quelques semaines, lorsque certains voudront imposer un régime beaucoup moins respectueux des libertés en croyant qu'il sera facile de faire supporter quelques contraintes supplémentaires à un peuple qui aura accepté, l'espace de quelques semaines, de se voir dicter sa conduite dans presque chaque détail de sa vie quotidienne.