Fondé en 2002 sous le patronyme de Blue Note Festival, le Gent Jazz est assez typique de la mutation des dernières années, où les manifestations dédiées à ce genre musical ont peu à peu élargi leur spectre. Le festival voisine avec le Bijloke, ancien hôpital dont les murs extérieurs sont gravés des noms en français de diverses spécialités médicales... Preuve que la ville a dep...

Fondé en 2002 sous le patronyme de Blue Note Festival, le Gent Jazz est assez typique de la mutation des dernières années, où les manifestations dédiées à ce genre musical ont peu à peu élargi leur spectre. Le festival voisine avec le Bijloke, ancien hôpital dont les murs extérieurs sont gravés des noms en français de diverses spécialités médicales... Preuve que la ville a depuis longtemps métissé son histoire, tendance large dans cette édition 2022 qui comprend néanmoins quelques beaux noms de l'histoire du jazz. On citera d'abord les "authentiques", tels les Américains Archie Shepp & Jason Moran, Charles Lloyd, Dave Douglas & Joe Lovano Quintet, Christian McBride. Mais aussi les plus "modernes", comme l'Israélien Avishai Cohen en trio, le Franco- Libanais Ibrahim Maalouf ou encore la vocaliste sud- coréenne Youn Sun Nah. Le Gent Jazz a également invité l'un des chanteurs préférés de Flandre, mais la soirée du génial ronchon Van Morrison est déjà complète, tout comme celle de Sting. Et à l'heure de lire ces lignes, cela pourrait aussi être le cas des performances de la nouvelle scène flamande, avec Stikstof, Bram De Looze ou Black Flower, où le hip-hop s'imprègne de jazz, à moins que ce ne soit le contraire. On attire par ailleurs votre attention sur trois concerts particuliers. Le premier est signé Melody Gardot, l'une des voix les plus sensuelles du crooning jazz actuel. Le second par la Danoise Agnes Obel (photo), déroulant son album Myopia paru en 2020 sur le toujours prestigieux label Deutsche Grammophon. Preuve que ses ritournelles de profonde mélancolie naviguent sans peine entre le néoclassicisme hérité de Satie et une forme de pop contemporaine virale. Enfin, il y a l'Anglais(e) Kae (ex-Kate) Tempest, désormais non-binaire, produisant un impressionnant mélange de spoken word, de rap et de poésie.