Les fonds mixtes continuent d'être une des classes de fonds les plus appréciées des investisseurs, comme l'ont encore démontré récemment les chiffres publiés par la Belgian Asset Managers Association (Beama) pour l'année 2017 ( lire l'encadré " Les fonds retrouvent les sommets d'avant la crise "). Dans ce domaine, Axa Investment Managers fut un des pionniers sur le marché belge, avec son fonds Axa Optimal Income, basé sur une exposition majoritairement européenne avec une proportion d'actions comprise entre 25 et 75 % des actifs sous gestion. Cette formule a depuis été déclinée sur une stratégie globale (Axa Global Optimal Income) et une version plus défensive (Axa Defensive Optimal Income). Serge Pizem fait partie de l'équipe de gestion de ces trois produits (qui affichent tous entre trois et cinq étoiles chez Morningstar), et il était récemment de passage à Bruxelles.
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Les fonds mixtes continuent d'être une des classes de fonds les plus appréciées des investisseurs, comme l'ont encore démontré récemment les chiffres publiés par la Belgian Asset Managers Association (Beama) pour l'année 2017 ( lire l'encadré " Les fonds retrouvent les sommets d'avant la crise "). Dans ce domaine, Axa Investment Managers fut un des pionniers sur le marché belge, avec son fonds Axa Optimal Income, basé sur une exposition majoritairement européenne avec une proportion d'actions comprise entre 25 et 75 % des actifs sous gestion. Cette formule a depuis été déclinée sur une stratégie globale (Axa Global Optimal Income) et une version plus défensive (Axa Defensive Optimal Income). Serge Pizem fait partie de l'équipe de gestion de ces trois produits (qui affichent tous entre trois et cinq étoiles chez Morningstar), et il était récemment de passage à Bruxelles. TRENDS-TENDANCES. Quelle est la philosophie d'investissement de vos fonds mixtes ? SERGE PIZEM. Premièrement, nous pensons qu'il est possible d'ajouter de la valeur ajoutée dans un portefeuille mixte en anticipant le cycle économique, pour avoir une allocation d'actifs qui sera plus performante. Deuxièmement, les marchés ont tendance à ne pas être porteurs de rendement sur le court terme, et il faut pouvoir être réactif dans notre allocation pour pouvoir profiter de cet état de fait. Et troisièmement, il faut construire le portefeuille en regardant le risque à toutes les étapes. Vous êtes optimiste pour les marchés financiers en 2018 ? Au niveau de la croissance économique, j'estime que nous avons dépassé le point haut, mais celle-ci devrait néanmoins rester au-dessus de son potentiel théorique tant en Europe qu'aux Etats-Unis. Les valorisations ne sont pas spécialement stressées pour les marchés boursiers, mais la volatilité va nécessairement augmenter. Pour autant, nous pensons que les actions devraient encore dégager une performance positive en 2018, mais qu'il sera important d'avoir un stock-picking (technique consistant à sélectionner des valeurs en se focalisant sur les qualités propres des entreprises, en veillant à ne pas être en contradiction manifeste avec les tendances globales du marché, Ndlr) actif car les marchés vont sanctionner lourdement les sociétés qui louperont les attentes. Quels sont les risques actuels pour les marchés ? Je pense que nous sommes entrés dans une phase de tensions entre les Etats-Unis et la Chine qui pourrait durer 20 ans, car le leadership américain est désormais ouvertement contesté. En cas de guerre commerciale ouverte et majeure entre les deux blocs, ce sera un scénario perdant pour tous le monde, avec le spectre de la stagflation (croissance faible et inflation élevée) qui reviendra. Je ne suis pas certain que Donald Trump ait envie de nuire à l'économie américaine, mais force est aujourd'hui de constater que la plupart des modérés dans son entourage ont été licenciés et qu'il n'y aura peut-être pas de force de rappel. La situation pourrait dès lors facilement dégénérer. Un autre risque sera également constitué par la vitesse à laquelle les banques centrales vont être amenées à régulariser leur politique, et l'impact que cette normalisation aura sur les marchés. Quel est le positionnement qui en découle pour Global Optimal Income ? Notre portefeuille rassemble les meilleures idées issues de nos discussions avec nos différentes équipes et nous choisissons ce qui cadre le mieux avec notre vision macroéconomique. Nous utilisons notamment un modèle quantitatif qui va nous donner 150 signaux, destinés à nous donner une lecture la plus impartiale possible du contexte actuel, et de l'attractivité relative des différentes classes d'actifs. En outre, nous chercherons systématiquement à protéger notre portefeuille contre certains risques, comme le Brexit ou les élections américaines. A l'heure actuelle, nous sommes positionnés à 53 % sur les marchés d'actions, contre 29 % sur les marchés obligataires, et 14 % sur le monétaire. Quels sont les secteurs et les valeurs les plus représentatifs du portefeuille ? Sur les marchés boursiers, notre philosophie se base sur des grandes capitalisations, afin de pouvoir conserver des positions qui resteront liquides en toutes circonstances. Le potentiel minimum d'une société doit être d'au moins 15 % avant que nous l'ajoutions en portefeuille. Notre portefeuille est focalisé sur certaines thématiques bien précises, comme les services sur Internet (Tencent), la robotique (Yaskawa Electric), l'intelligence artificielle ou encore la cybersécurité (Check Point Software). Nous ne prétendons en outre pas être en mesure d'identifier le futur vainqueur sur chacune de ces thématiques, et nous nous exposerons sur un panier de sociétés afin d'être certain de ne pas le louper. Quel est le rôle du portefeuille obligataire dans cette stratégie ? Le portefeuille obligataire va essentiellement servir à amortir les pics de volatilité qui peuvent menacer la poche " actions ", qui doit en principe dégager la plus forte performance sur le long terme. Nous privilégions actuellement les émetteurs périphériques européens, la dette d'entreprise (15 % dont 5 % sur le haut rendement) et les marchés émergents. Vous avez également une forte position à la baisse sur le dollar... Nous pensons effectivement que la devise américaine devrait s'affaiblir face à l'euro, pour atteindre 1,28 dollar d'ici la fin de l'année. La croissance du déficit américain voulue par Donald Trump ne va pas vraiment être favorable à un renforcement de la devise américaine durant les prochains trimestres.