Face au succès populaire de son référendum, la Commission européenne va proposer la fin du changement d'heure. Les Etats seraient alors libres de définir celle qu'ils veulent garder.

Du 4 juillet au 16 août dernier, la Commission européenne avait organisé une consultation en ligne sur le changement d'heure. Pas moins de 4,6 millions de personnes y ont participé. C'est un succès historique pour ce genre de consultations qui, d'habitude, dépassent très rarement les 500.000 réponses. Les résultats sont clairs et nets : 84 % voudraient la suppression du changement d'heur...

Du 4 juillet au 16 août dernier, la Commission européenne avait organisé une consultation en ligne sur le changement d'heure. Pas moins de 4,6 millions de personnes y ont participé. C'est un succès historique pour ce genre de consultations qui, d'habitude, dépassent très rarement les 500.000 réponses. Les résultats sont clairs et nets : 84 % voudraient la suppression du changement d'heure. Une très large majorité souhaite, en outre, demeurer en permanence à l'heure d'été. Si, à la télévision allemande, Jean-Claude Juncker a donc promis l'heure d'été éternelle, dans les faits, c'est plus compliqué que cela. Adopté en Belgique en 1977, le changement d'horaire a été imposé à tous les pays de l'UE par une directive de 1996. La Commission peut donc juste abolir ce changement. Mais le choix de l'heure appartient à chaque Etat. Il n'est dès lors pas irréaliste de penser que les Pays-Bas restent à l'heure d'hiver et que la Belgique choisisse celle d'été (ce que préfèrent les agriculteurs). Pour éviter un incompréhensible patchwork, la Commission européenne va mener des discussions avec les Etats membres. Sous-entendu : il ne faut pas s'attendre à une décision avant 2020 au plus tôt. L'abolition du changement d'heure fait l'objet d'un relatif consensus en Europe. Des études montrent clairement son caractère néfaste : augmentation des infarctus et des AVC dans les deux jours qui suivent l'événement, augmentation des accidents impliquant des piétons peu après le passage à l'heure d'hiver (+29 % en Belgique, +47 % en France), etc. Une récente étude menée dans 35 pays européens par des chercheurs de l'Université Charles de Prague favorise également l'heure d'été : elle fait baisser la consommation électrique de 0,5 à 2,5 %. Plus on descend dans le sud, plus cette baisse est conséquente. D'une manière générale, elle est d'ailleurs vecteur de meilleur santé économique, l'heure d'été correspond en effet mieux aux périodes d'activité.