"Une résolution du conflit sino- américain devrait permettre un redressement des dépenses d'investissement, tandis que la politique de détente menée par la Réserve fédérale commence à impacter l'activité économique, notamment sur le marché de l'immobilier résidentiel ", qui est très important pour l'économie américaine, estime Keith Wade.

Vigueur américaine

" Nos attentes pour la croissance américaine devraient être prochainement relevées, pour se situer en ligne avec son potentiel de croissance à long terme (autour de 1,8%), ajoute l'économiste. Nous n'avons pas vu se créer les déséquilibres caractéristiques que nous observons habituellement lorsqu'une économie approche de la récession. " En outre, le marché de l'emploi reste sain avec une hausse du taux de participation en provenance des anciens prisonniers et des personnes de plus de 65 ans, qui a permis jusqu'ici une modération de l'inflation des salaires.

Dans le même temps, la saison des résultats pour le troisième trimestre se déroule plus favorablement que prévu pour les entreprises américaines, avec certains secteurs qui continuent de démontrer une vigueur de leur croissance. C'est ainsi le cas des fournisseurs de logiciels, qui bénéficient du fait qu'il est aujourd'hui beaucoup plus difficile de diminuer les dépenses dans un environnement marqué par une digitalisation croissante dans toutes les activités économiques. " Et dans le même temps, les dépenses de consommation se sont bien maintenues, et ont permis de compenser en grande partie le ralentissement dans le secteur manufacturier. "

Populisme

L'apaisement des tensions commerciales devrait également permettre à d'autres marchés de reprendre quelques couleurs. " La dette des pays émergents en devises locales est une des zones du marché que nous apprécions le plus à l'heure actuelle, après avoir été pénalisée par la force du dollar et par des politiques monétaires restrictives appliquées par leurs banques centrales ", précise Keith Wade.

D'un point de vue plus fondamental, l'économiste en chef de Schroder constate que l'analyse économique doit aujourd'hui prendre en compte la montée du populisme, ce qui entraîne de nombreux défis. " Pendant longtemps, nous avons pris comme acquis le libre-échange et la libre circulation des capitaux dans nos prévisions. L'environnement actuel est beaucoup plus difficile à appréhender, avec une hausse des risques politiques qui va rendre les investisseurs plus prudents. "

Il s'attend à ce que la thématique des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine revienne de manière ponctuelle, avec des implications qui pourraient devenir plus pénalisantes sur certains secteurs, notamment dans le domaine de la technologie. " En outre, le retrait des Etats-Unis de nombreuses organisations internationales et la remise en cause de nombreux accords vont rendre le monde beaucoup plus risqué si un événement très négatif venait à se produire. "

Apaisement

L'apaisement géopolitique devrait également profiter aux actions japonaises et européennes. " A court terme, les prochains chiffres en provenance du Japon devraient être affectés par une hausse de la fiscalité sur les dépenses de consommation, assure l'économiste. Mais à plus long terme, c'est la détente commerciale qui devrait prévaloir dans une économie aussi fortement tournée vers les exportations. "

Du côté de l'Europe, les cours boursiers ont profité de la perspective d'un accord avec le Royaume-Uni sur le Brexit, et du comportement du gouvernement italien qui est aujourd'hui plus coopératif avec la Commission européenne. " L'économie allemande reste faible, mais certains indicateurs (ventes de voitures) pointent aujourd'hui vers une tendance plus favorable pour les prochains mois, ce qui pourrait nous permettre de revoir prochainement à la hausse nos attentes pour ce pays ", conclut Keith Wade.